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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:49

Editions Grasset - 2016- 224 pages

Début des années 90. Gabriel a une dizaine d'années et vit au Burundi avec ses parents et sa petite soeur. Son père, chef d'entreprise, est Français, sa mère est Rwandaise. Ils vivent à Bujumbura , dans un quartier plutôt priviligié, et mène une vie heureuse, entouré de ses copains: les jumeaux, Gino, Armand...avec qui il fait les quatre cent coups.

Peu à peu, l'instabilité politique du pays et les débuts de la guerre au Rwanda voisin viennent perturber cette vie somme toute paisible. Si Gabriel souhaite se tenir le plus éloigné possible de ces bouleversements, il est rattrapé par la violence de cette guerre.

On a beaucoup entendu parler de ce livre, ce premier roman, qui a été récompensé par le Prix Goncourt des lycéens, le Prix du roman Fnac et le Prix du Roman des étudiants France Culture-Télérama. Je craignais de ce fait d'être quelque peu déçue par une attente trop grande. Il n'en fut rien, j'ai beaucoup aimé. 

A travers le narrateur et les personnages du livre, le lecteur perçoit toute la complexité de ce pays, le Burundi, symbole de beaucoup de pays africains. Les parents de Gabriel d'abord, lui est Français, elle est Rwandaise, exilée au Burundi, qui ne s'entendent plus et se séparent. Puis, les voisins ou amis qui composent l'entourage de Gabriel, dans ce quartier d'expatriés où chacun est plutôt privilégié. Et le père de Gabriel et de sa soeur Ana tient à les éloigner autant que possible des questions politiques qui secouent le pays. On voit l'arrivée de la guerre civile, tant au Burundi qu'au Rwanda où le jeune garçon va régulièrement rendre visite à la famille de sa mère. La violence qui s'insinue jusqu'au génocide et ses horreurs.

Gabriel cherche à rester à distance de cette situation, refuse de prendre le parti de la violence. Car il ne se considère que comme un enfant, et qu'un enfant n'a pas à être mêlé à ces histoires. Hutus, Tutsis, la question ne s'était jamais posée auparavant, jusqu'à ce qu'elle lui soit imposée: on est l'un ou l'autre, on ne choisit pas, et l'un est moins bien que l'autre.

Jusqu'au jour où Gabriel ne peut plus rester neutre et  doit, si ce n'est prendre position, en tout cas, constater, subir, vivre avec cette guerre et ses conséquences. Le personnage de sa mère en est le symbole. 

Je comprends très bien que ce livre ait rencontré du succès auprès des lycéens, c'est un très bon premier roman, tout en sensibilité et en tendresse aussi.

Ma note:

 

 

 

Petit pays - Gaël Faye
Petit pays - Gaël Faye
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 12:56

Editions Actes Sud/Actes Noirs - 2016 pour l'édition originale et la traduction française- 368 pages

 

Carolina Estrada, vingt ans, jeune étudiante issue d'un milieu modeste, est retrouvée morte dans un bois. Elle était stagiaire dans un cabinet d'avocats, spécialisé dans le recouvrement auprès de débiteurs, principalement des familles n'étant plus à même de payer leur électricité...Dans le même temps, des chiens sont tués et empalés par un sadique, à proximité de jardins d'enfants.

L'inspecteur Milo Malart et sa co-équipière Rebeca  sont chargés de l'enquête. Ils rendent visite à la famille de la victime, mais aussi ceux avec qui Carolina a pu être en contact dans le cadre de son travail. Ils découvrent une population meurtrie, voire exsangue, que la crise a complètement laissé tomber. 

Tout comme l'avait été Le bourreau de Gaudi, son précédent roman que j'avais beaucoup aimé, Les muselés pourrait être qualifié de pamphlet social. Alors que l'auteur mettait l'accent sur l'expulsion des populations à l'occasion des JO de Barcelone, ou pour une question d'image positive dela ville, là c'est de la crise économique qu'il s'agit. Milo Malart part à la rencontre de ces hommes, ces femmes, ces familles qui ont été touchées de plein fouet par la crise et qui ont été complètement laissées sur le carreau si elles n'ont pas trouvé les moyens d'y faire face. Chômage, précarité, dépression, l'auteur dresse un tableau très pessimiste.

Il dénonce également, et sans concession aucune, le pouvoir politique, pour lui méprisant et corrompu, qui tente d'étouffer cette situation, ou pour le moins ne s'en occupe. Il en appelle ni plus ni moins à la révolte de cet ordre établi. Les victimes de la crise, qui ne s'en sortent plus, les muselés, qu'on ne voit plus, qu'on n'écoute plus, qui n'existent plusqui se muent en criminels voire en meurtriers (pas tous heureusement!) parce qu'il n'y a plus d'issue, ni plus rien à perdre quand on a déjà tout perdu. 

A travers le personnage de Malart, tiraillé entre son devoir d'arrêter les hors-la-loi et la compassion que lui inspire ces gens, l'auteur montre à quel point la société espagnole contemporaine, ou du moins barcelonaise, est en proie à bien des questionnements. La propre histoire de Milo, qui doit gérer son frère Hugo, atteint de schizophrénie comme son père, continue de le torturer, de même que sa propension à détruire ce qu'il tente de construire autour de lui.

Un roman une fois encore de grande qualité, bien plus qu'un roman policier, qui nous interroge sur la société dans laquelle nous vivons. 

Ma note: 

Les muselés - Aro Sainz de la Maza
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 13:14

Alma Editions - 2016 - 292 pages

Magdalena, Libuse et Eva, trois générations de femmes, toutes trois nées de père inconnu. De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 80, à travers le récit de ces trois femmes, c'est aussi l'histoire de ce pays, la République tchèque, que l'on suit. C'est d'abord l'avènement du communisme, avec les biens mis en commun, l'obligation d'adhérer au Parti. Puis l'arrivée des Russes lors du Printemps de Prague.

Pour chacune d'elles, leur statut de bâtardes les contraint à redoubler d'efforts pour exister et prendre leur destin en mains. Car de courage, ces femmes n'en manquent pas. Victimes de l'Histoire mais aussi de la lâcheté des hommes, de l'orgueil de ceratines femmes, elles font preuve entre elles d'une grande solidarité et d'une force incroyable. Et pourtant, le destin finit par les rattraper , elles se retrouvent piégées, par amour, par désir ou par la violence. Non par lâcheté mais par aveu d'impuissance, à un moment où l'énergie pour se battre se révèle vaine, elles se résignent. Mais le lien qui les unit reste quant à lui indéfectible. 

J'ai aimé tous ces personnages féminins, que la vie n'a pas épargné, mais aussi certaines figures masculines également touchantes. 

Lenka Hornakova-Civade signe ici un superbe premier roman, de très beaux portraits de femmes. Elle explique, dans la post-face, l'origine de ce livre, puisée dans ses propres racines tchèques, et cette sincérité se ressent tout au long de cette histoire.

Le livre a obtenu le Prix Renaudot des lycéens.

Ma note:

Giboulées de soleil - Lenka Hornakova - Civade
Giboulées de soleil - Lenka Hornakova - Civade
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 16:29

Editions Zoe - 2016- 140 pages

Une jeune femme, d'origine franco-coréenne, travaille dans une pension dans la station balnéaire de Sokcho, dans le nord de la Corée du sud. Un homme, pensionnaire, Français, auteur de bandes dessinées, vient y séjourner pour trouver l'inspiration. Ces deux êtres s'observent, se cherchent, se frôlent, le temps d'un hiver à Sokcho.

Ce court roman s'inscrit dans la catégorie des livres poétiques, lyriques, qui restituent une atmosphère où les cinq sens sont en éveil. Le lieu est important, c'est l'hiver, il fait froid. La nourriture, les odeurs occupent une place à part entière dans le récit.

Cette petite ville semble comme paralysée en cette saison, accentué par le fait que c'est à Séoul que les choses se passent, si on veut réussir. Quitte à en passer par la chirurgie esthétique, comme on irait chez le coiffeur, pour améliorer son apparence.

Au milieu de cette inertie, ces deux êtres se cherchent, s'attirent, comme en dehors du monde.

Je ne peux pas dire que ce livre soit dépourvu de qualités, on ressent de la délicatesse, de la poésie mais je reste souvent uniquement spectatrice de ce type de récit. 

Ma note:

 

Hiver à Sokcho - Elisa Shua Dusapin
Hiver à Sokcho - Elisa Shua Dusapin
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 14:03

Editions JC Lattès / Le Masque - 2016 pour l'édition originale et la traduction française - 288 pages

2010, en Ukraine. Valentina vit dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. Elle attend le retour de sa fille Katerina dont elle n'a plus de nouvelles depuis des mois, lorsqu'elle est partie avec une amie, étudiante comme elle, suivre un stage en Allemagne. Dans l'attente, Valentina s'attelle à relater l'histoire de vie dans un cahier.

Matthias Lessmann vit seul dans sa ferme depuis la mort de sa femme. Un jour, une jeune fille, poursuivie par deux hommes, vient trouver refuge chez lui. Au début réticent, il finit par lui apporter son aide. Elle lui explique qu'elle a fui un réseau de prostitution dans lequel elle a été enrôlée. Elle tient à retrouver son amie Marina, qui, elle, n'a pas réussi à s'échapper, et rentrer toutes deux dans leur village en Ukraine.

Enfin, en Ukraine, Leonid, membre de la police, est mis sur la piste de disparitions inexpliquées de jeunes étudiantes, parties pour des stages en Allemagne, et dont les familles n'ont plus de nouvelles.

On suit donc trois récits qui, on s'en doute, vont finir par se recouper. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la patte de Mechtild Borrmann que j'avais découverte avec Le violoniste pour lequel j'avais eu un coup de coeur. Là encore, l'instrigue s'inscrit dans un contexte historique précis, celui de la catastrophe de Tchernobyl. Cette partie s'est révélée vraiment intéressante à mes yeux car j'y ai appris beaucoup de choses. Certes, je savais qu'une catastrophe nucléaire avait eu lieu en 1986 dans cette ville d'Ukraine, mais pas plus. L'auteure montre bien la soudaineté de l'événement, les gens qu'il a fallu évacuer, qui ont tout laissé sur place, sans avoir le temps ni l'autorisation d'emporter quelques affaires avec eux. Comme s'ils avaient laissé leur vie. Puis, les villages contaminés ont été purement et simplement rasés, comme s'ils n'avaient jamais existé. A travers le personnage du père de Valentina, l'auteure aborde cette douleur qu'ont ressentie ces gens, non seulement liée à la catastrophe en elle-même mais surtout par le déracinement brutal qui s'en est suivi, et dont certains ne se sont jamais remis.

Elle met en lumière le manque d'information des autorités face à cette population qui n'a pas mesuré les conséquences de l'irradiation sur leurs corps, leurs vêtements, leurs objets...Et enfin, les répercussions sur la santé, les malformations chez les nouveaux-nés, les maladies développées, surtout chez les enfants.

J'ai eu grand plaisir à lire ce livre, le charme continue d'opérer pour moi avec Mechtild Borrmann.

Ma note

 

L'envers de l'espoir - Mechtild Borrmann
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 13:39

Editions Le Rouergue - 2016- 176 pages

Chevalier vit seul dans sa ferme. Il a bien quelques voisins, le père Meune avec qui il passe un peu de temps, et un couple avec deux enfants à qui il n'a jamais vraiment parlé. Il travaille à l'usine et aime pêcher avec ses amis, Ségur et Flavio.

Ce samedi-soir, il se retrouve sur le chemin d'une voiture accidentée. Il se porte au secours de ses occupants, un homme et deux femmes, qu'il n'a jamais vu, et qu'il parvient à sortir vivant de la carcasse. Cet événement va chambouler la vie tranquille et sans relief de Chevalier.

Ce livre est un peu hybride, il est à la fois réaliste et intemporel. Ancré dans la réalité car on comprend que l'intrigue se situe en milieu rural, que le personnage est un jeune homme (la petite quarantaine??), qu'il vit seul, qu'il travaille dans une usine, qu'il a une mère avec laquelle il entretient peu de relations, des soeurs qui ont toutes quitté le village. 

A côté de cela gravitent des personnages, si n'est mystérieux, en tout cas intrigants: les voisins, qui ne sont pas nommés autrement que par leur condition de voisins, dont on sait peu de choses; une jeune femme rescapée de l'accident de la route, dont on apprend finalement très peu d'éléments, qui fait presque figure d'OVNI...Le village lui-même n'a pas de nom propre.

C'est cette dualité qui est intéressante dans le livre car elle traduit ce qui pour moi constitue le fond du propos: les relations sociales, avec des gens que l'on voit ou côtoie tous les jours mais qu'on ne connait pas. Chacun vit dans son individualité, pas au sens péjoratif du terme, mais plutôt enfermé dans sa routine. Il y a du repli sur soi chez ces gens, assez caractéristique de notre monde rural contemporain (même si le milieu urbain n'y échappe pas, mais il se manifeste sous une autre forme). Les rares amis que Chevalier possède, ceux qu'il pense connaitre par coeur, sont amenés à le surprendre, à le bousculer même, et à lui faire prendre conscience que se voir ne signifie pas nécessairement échange et connaissance de l'autre. 

De même, le personnage de la tenancière du bar du village, veuve, que sait-il vraiment d'elle, hormis ce qu'on en dit dans les rumeurs? Et Claudie, l'infirmière, l'amour de jeunesse de Chevalier, lui a-t-il jamais fait part de ses sentiments? Car dans ces milieux, on ne se livre pas, on ne se parle pas, pas pour rien dire en tout cas, et exprimer ses sentiments, eh bien, c'est une perte de temps. 

Voilà un beau premier roman, tout en finesse, qui met l'accent cependant sur les codes d'un monde parfois bien rude, où les hommes ne savent plus communiquer entre eux.

Ma note: 

Le monde entier - François Bugeon
Le monde entier - François Bugeon
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 17:37

Editions Sonatine - 2016- 320 pages

Lydia Lee, seize ans, a disparu. Le corps de l'adolescente est retrouvé quelques jours plus tard, au fond d'un lac. S'agit-il d'un accident? D'un meurtre? D'un suicide? Le recit va dès lors s'attacher à l'histoire de cette famille, dans laquelle pourraient se cacher des explications.

Ce livre propose ici une radioscopie de cette famille, en apparence banale et sans histoires. L'enquête policière autour de la mort de l'adolescente n'est finalement que secondaire, presque accessoire. Ce qui intéresse l'auteure, ce sont les rouages qui composent cette famille, d'origine chinoise, depuis l'enfance des parents, leur rencontre et la fondation de la famille.

La structure du récit comporte plusieurs retours vers le passé, pour revenir ensuite au présent, de façon très fluide et habile.

Chacun des membres de la famille est analysé, sur ce qu'il est, ce qu'il vit, la place qu'il occupe dans la famille, ce à quoi il aspire. Pour s'apercevoir que cette famille, en apparence "normale" vit en fait en équilibre instable, dans un  climat de frustration et de peur. Bref, il y a un malaise.

Tout d'abord, le couple parental: James Lee, immigré d'origine chinoise, qui a toujours souffert de la différence et des moqueries. Pour lui, se fondre dans la masse, gommer les différences, voilà la garantie d'une intégration dans la société. 

A ses côtés, Marylin, élevée seule par sa mère, vouée à endosser le rôle de la parfaite épouse, bonne cuisinière et irréprochable mère au foyer. Alors que Marylin aurait rêvé d'être médecin, avait entrepris les études pour le devenir. Etudes qu'elle a dû interrompre à sa première grossesse, réduisant à néant ses ambitions. 

L'un et l'autre mettent tous leurs espoirs sur leur fille aînée, Lydia, son père lui préconisant d'être populaire, dans la norme et là où on l'attend; sa mère, elle, l'enjoint à se distinguer, sortir du lot, à se surpasser pour devenir la femme médecin qu'elle n'a pu être.

Cette préférence envers cette enfant qui accepte tout pour être aimée de ses parents a forcément des conséquences sur le reste de la fratrie. Nathan, constamment challengé par son père, qui peine à exister et cherche sans relâche l'attention et l'amour de ses parents. Et Hannah, la petite dernière, complètement transparente aux yeux de tous.

Cette histoire est celle des non-dits, des regrets, des frustrations, d'êtres qui vivent ensemble mais ne se voient pas, ne s'écoutent pas...ne se connaissent pas au fond. Et qui s'aiment mal.

Je vous conseille ce livre qui touche là où ça fait mal, au plus profond de nous-mêmes, sur ce que l'on projette de faire de sa vie, sur la vie que l'on mène finalement. Et j'ajoute que c'est un premier roman. Bravo!

Ma note:

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit - Celeste Ng
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 10:14

Editions Lemieux - 2016- 160 pages

Gabrielle Clair est ministre du Travail. Quadra ambitieuse, elle entend s'imposer chaque jour dans ce monde politique peuplé de machos et ponctué de remarques sexistes. Et cette carrière lui permet aussi de tenir sa revanche sur une vie qui a basculé pour elle un après-midi, à douze ans, lorsqu'elle a été violée par un garçon de son collège.

Autant le dire d'emblée, je n'ai pas du tout apprécié ce livre. Tout au long de ma lecture, je me suis demandée pourquoi avoir choisi la vulgarité et la description dans les moindres détails de scènes atroces pour exprimer la violence, alors que l'ellipse est souvent bien plus percutante pour faire passer ce type de message. 

Le choix des sujets abordés (les conséquences d'une agression, le sexisme, le fait d'être femme en politique...) n'est pas tant le problème car ils sont intéressants, mais ils pâtissent vraiment de la façon dont les a abordés l'auteure. Le langage cru, les descriptions à la limite de l'insoutenable, l'écriture contribuent au manque cruel d'analyse, de profondeur, de finesse et de subtilité dans le traitement de sujets qui l'auraient pourtant bien mérité. Et cela dessert complètement le propos.

Car cela rend la lecture laborieuse, et finalement qu'en reste-t-il? Pas grand chose, l'impression de bâclé, et de l'indifférence et je me demande même si ce n'est pas pire.

Bref, ce livre me laisse une impression très désagréable mais aussi d'incompréhension.

Ma note:

 

Garde-corps - Virginie Martin
Garde-corps - Virginie Martin
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 13:20

Editions Gallimard - 2016 - 227 pages

Après avoir été mère au foyer pour s'occuper de ses deux enfants, Mila et Adam, Myriam souhaite reprendre son métier d'avocat. Paul, son mari, d'abord réticent, l'encourage finalement dans cette idée. Ils décident d'engager une nounou à domicile et leur choix se porte sur Louise, une femme discrète et qui se révèle être une nourrice parfaite. Toujours disponible et dévouée, le couple fait de plus en plus appel à elle, si bien que Louise prend place dans la famille. Jusqu'au drame...

...qui est annoncé dès les premières pages. Le bébé est mort. Le récit s'attache à retracer le parcours somme toute banal de ce jeune couple, ayant trouvé la perle en la personne de Louise, et qui n'a pas vu, ou pas voulu voir, la tournure malsaine que pouvait prendre une telle situation. La liberté qui leur était offerte par la présence presque sans faille de la nounou avait un prix.

Ce personnage de Louise, dont on ne presque sait rien, auquel Paul et Myriam ne s'intéresse pas ou peu, comme pour mettre un voile sur une situation d'isolement et de misère qu'ils ne veulent pas voir. Ce n'est pas leur problème, eux sont employeurs, pas besoin d'aller chercher plus loin. Elle fournit un travail, eux la rétribuent, point barre.

Le lecteur lui en apprend un peu plus sur cette nounou, soumise depuis toujours, par son mari violent et autoritaire, mais aussi cruelle avec sa fille Stéphanie, qu'elle a toujours traitée différemment des enfants dont elle avait la responsabilité. Et surtout seule, perdue, qui vit dans un taudis qu'elle tente de maintenir propre, que lui loue un marchand de sommeil. Et le lecteur, lui encore, connaît le dénouement de l'histoire.

Le style de Leïla Slimani est très sec, tranchant et meme clinique parfois. Je n'ai pu m'empêcher de ressentir un sentiment de malaise au cours de la lecture, dont je n'arrive pas à dire s'il est nécessaire ou non. L'auteure parvient à faire de cette histoire qui pourrait etre celle de beaucoup de foyers d'aujourd'hui (du moins dans sa situation de départ) un livre d'une grande maîtrise.

Ma note: 

Chanson douce - Leïla Slimani
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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 12:02

Editions Stock -2012 pour l'édition originale- 2013 pour la traduction française- 449 pages

1918, Australie. De retour des tranchées, Tom, jeune homme sans famille, rencontre Isabel, une jeune fille bourgeoise qui l'attire par sa simplicité et sa joie de vivre. Après leur mariage, ils partent tous deux s'installer sur une île reculée et sauvage , où Tom vient d'accepter un poste de gardien de phare. 

Le jeune couple coule des jours heureux mais ce bonheur s'assombrit peu à peu à la suite des fausses couches d'Isabel. Le mal d'enfant devient pesant. Alors qu'Isabel tente de se remettre d'une nouvelle fausse couche survenue quelques jours plus tôt, une embarcation vient s'échouer , avec à son bord un homme mort, et un bébé de quelques mois à peine, qui parait en bonne santé. Et si cet enfant était celui que le couple n'attendait plus? Tom et Isabel décident de recueillir cette petite fille et de la présenter comme la leur.

 

Le thème de la maternité occupe une place centrale dans ce livre, sur ce qu'est être mère: d'avoir donné la vie à un enfant suffit-il à être une mère plus légitime que celle qui élève un enfant, sans lien biologique (pareil pour un père)? La question n'est pas aisée à trancher...

Un des thèmes sous-jacent réside aussi dans la douleur et le désespoir que peuvent provoquer le mal d'enfant, l'impossibilité de procréer. Cet état est d'autant plus accentué par la situation d'isolement dans laquelle se trouve le couple, sur cette île à la fois magnifique mais terriblement difficile.

Bien sûr, le récit va subir des rebondissements, répondant ainsi aux codes les plus classiques du roman, voire du mélo, mais la dernière partie le sauve de cet écueil. Un bon moment de lecture.

 

 

 

 

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Index des auteurs

Lectures communes

Challenges

Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...