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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 09:40

Le Livre de Poche 2016- Edition originale parue en 2015- 407 pages

Ce roman se décompose en trois parties: la première relate l'enfance de Tom, né en Inde d'un père anglais et d'une mère indienne, qu'il adore. Ils sont contraints de quitter ce pays et de s'installer en Angleterre, au grand dam de Tom, qui n'a alors que huit ans. Une fois sur place, ils se lient d'amitié avec deux autres familles indiennes et Tom tombe amoureux d'une des filles.

On retrouve Tom dans la seconde partie, engagé dans les Royal Marines. Il est blessé lors d'une attaque, déclaré mort, mais ressuscite miraculeusement, ce qui lui vaut le surnom de Trompe la Mort. Helen, une jeune journaliste anglaise, tourne un documentaire sur Tom et cet extraordinaire événement, film qui remporte un grand succès. De retour en Angleterre, Tom jouit d'une grande popularité. Il vit ensuite une histoire d'amour avec Helen.

Dans la troisième partie, quelques années plus tard, Tom est missionné par un milliardaire anglais pour retrouver son fils, parti en Inde et dont il a perdu la trace.

Ca partait très très bien. J'ai dévoré la première partie, c'était passionnant. L'aspect culturel du peuple indien, et de la communauté en Angleterre m'ont tout de suite plu.

Puis, dans la seconde partie, j'ai commencé à trouver des longueurs, le récit avait fait un bond de quelques années, sans transition. Enfin, dans la dernière, mon intérêt s'est franchement émoussé. Je pensais que ce retour en Inde allait rappeler ce dont il était question dans la première partie, mais non, pas vraiment en fait. Le rapport entre son enfance et son retour en Inde est finalement à peine évoqué, ou en tout cas n'aboutit à rien d'un point de vue du récit.

Car c'est ce qui manque pour moi cruellement dans ce livre, c'est du lien entre les trois parties. Je n'ai pas compris ce choix. Dans chacune, notamment la première, on rencontre des personnages importants dans la vie de Tom, dont on n'entend plus du tout parler après. C'est vraiment dommage car cette absence de ligne directrice, de transitions, donne le sentiment de toujours rester en surface (sauf la première partie que je trouve très réussie). Déçue, donc...

Ma note: 

 

Trompe la Mort - Jean-Michel Guenassia
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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 13:22

Editions Robert Laffont- 2017- 311 pages

Montange, petit village dans les Ardennes belges. Bénédicte, quinze ans, n'a pas pris son bus ce mùatin de mars 2005 pour se rendre au collège. Le soir, elle n'est pas non plus rentrée chez sa mère, Marie-Louise. Pendant quatre jours, tout le village va se mobiliser pour essayer de savoir ce qui a bien pu arriver à l'adolescente disparue.

Armel Job signe ici un roman à suspens psychologique plutôt bien ficelé. Avec pour point de départ la disparition d'une adolescente, c'est une kyrielle d'âmes et de relations humaines qui est passée au peigne fin: les parents de Bénédicte, Mehdi et Marie-Louise, divorcés, qui voient ressurgir des blessures non cicatrisées; Julien, le chauffeur de bus, et sa femme Liesbeth meurtris par la mort de leur petite Annelise, amie de Bénédicte, une dizaine d'années plus tôt; Walter et Julie, la soixantaine, un couple qui se déchire en silence...

Durant quatre jours, les vieilles rancoeurs se réveillent, les préjugés refont surface, chacun échafaude ses scenarios sur cette disparition, entrainant ainsi une série de malentendus et de suspicions. Et ce qui transparait très nettement dans cette histoire, qui se situe dans les Ardennes belges (le choix du lieu est loin d'être un hasard), c'est le traumatisme subi par l'affaire Dutroux encore très présente dans les esprits (l'action se déroule en 2005, un an après l'arrestation du pédophile).

Ce roman questionne sur les relations humaines, que ce soit le couple, la famille, la société en général, sur les rancoeurs, les frustrations qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Sur les peurs aussi, individuelles et collectives, sur les petites lâchetés quotidiennes. Bref, tous ces protagonistes, ce pourraient être vous, moi.

Ce livre m'a rappelé Tu ne jugeras point, le premier roman que j'ai lu de cet auteur, qui m'avait aussi beaucoup plu.

Ma note:

En son absence - Armel Job
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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 14:44

Le livre de poche - 2016 - 545 pages (édition originale Editions Heloïse d'Ormesson - 2015)

En prenant pour toile de fond le Paris de la fin du XIXème siècle, et plus particulièrement l'épisode historique de l'incendie du Bazar de la Charité qui a fait plusieurs dizaines de victimes, Gaëlle Nohant dresse un portrait de la société parisienne à la veille du XXème siècle assez délectable.

Les personnages appartiennent majoritairement à l'aristocratie ou la haute bourgeoisie. La comtesse Violaine de Raezal, veuve et rejetée par ses deux beaux-enfants Léonce et Armand , aussi égoïstes et détestables l'un que l'autre. Constance d'Estingel, en rebellion avec ses parents mais très conditionnée par son éducation chez les Dominicaines et une mère supérieure qui la voue au noviciat. Elle lui fait renoncer à son prétendant, Laszlo de Nérac, un jeune homme de très bonne famille, qui entend se consacrer à l'écriture pour faire passer ses idées, en faveur de la Commune notamment, à contre-courant des opinions de son rang. 

Constance et Violaine rejoignent la duchesse d'Alençon, une femme respectée et reconnue pour sa bonté et son indépendance, qui les prend sous son aile. Conduites par Joseph, le coher de la duchesse à laquelle il est pleinement dévoué, toutes trois visitent et assistent les pauvres, prérogatives des femmes aristocrates. Elles intègrent ensuite le comptoir de la duchesse au Bazar de la Charité, comme une consécration. Ce 4 mai 1897 est un grand jour: le nonce doit venir bénir le Bazar. Toute la haute société accourt à cet événement, en plein mileiu duquel l'incendie se déclare.

Autour d'elles gravite une galerie de personnages dont la vie est ébranlée par l'incendie. Chacun voit sa vie bouleversée: deuil, destitution, rivalités, amours nouvelles ou atypiques...

L'auteure dépeint une société de l'apparât, où le respect des conventions est le maitre mot. C'est romanesque, avec des rebondissements, la fresque par excellence. Alors certes, les personnages sont un peu binaires: on sait que le gentil sera gentil du début à la fin de l'histoire, et que le méchant sera toujours méchant, mais ils restent toutefois intéressants. Je regrette que le personnage de la marquise de Fontenilles n'ait pas été plus exploité d'aillleurs...

Alors qu'importe ce bémol, moi je me suis régalée à lire ce livre, à me laisser embarquer. L'écriture colle parfaitement à l'histoire, élégante et parfois pompeuse, j'ai été séduite.

Voilà exactement le livre dont j'avais besoin. Si vous aimez les fresques, le romanesque, alors foncez!

Ma note:

 

La part des flammes - Gaëlle Nohant
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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 17:35

Editions Stock - 2017- 138 pages

Bartolomeo est plutôt ce qu'on appelle une force de la nature. Il vit depuis  trente ans avec sa femme Sali, avec qui il a deux enfants. Et un jour, il est victime d'un AVC. Il est alité et soigné par sa femme, et une infirmière.

Marine Westphal est elle-même infirmière, et on ressent tout au long de la lecture de ce livre qu'elle connait très bien ce dont elle parle. L'écriture y est douce et délicate, comme les soins qui sont prodigués au malade. Il me semble que le tableau dépeint d'une famille qui subit ce type de malheur y est juste.

Elle retranscrit très bien ce moment où, en quelques secondes, tout une vie bascule. Celle de la victime de l'AVC d'abord, et celle de tous ces proches.  Pour Sali : l'attente, l'oubli de soi, la vie est rythmée par la veille du malade, pour une durée indéterminée, l'mpuissance face à cette situation.  J'ai été touchée par ce personnage.

Pour la fille aînée, Maïa, c'est une colère sourde, un sentiment d'injustice, pourquoi eux? La seule réponse qu'elle trouve c'est d'éluder, de faire l'autruche, de laisser son frère gérer.

On ne peut rester insensible à cette histoire, parce que forcément on s'identifie, que Bartolomeo et Sali, ce pourrait être mes propres parents. Tout est ici d'une grande justesse, mais j'ai été un peu plombée par ce roman, malgré ses grandes qualités. Ce n'est pas vraiment ce que j'ai envie de lire, pas à ce moment-là en tout cas.

Ma note:

 

La téméraire - Marine Westphal
La téméraire - Marine Westphal
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 14:30

Éditions Fayard - 2017- 208 pages

Aure Atika, actrice et réalisatrice, raconte sa mère, Odette, surnommée Ode, une femme bohème, fantasque, anti-confirmiste, qui evolue dans le milieu artistique. L'auteure raconte cette enfance et cette adolescence, aux côtés - quoique pas toujours...- de sa mère imprévisible.

Au- delà de la démarche de passer outre la notoriété de son auteure, l'énjeu dans ce genre de recit est de réussir à intéresser le lecteur à sa propre histoire. Je me souviens à ce titre du livre de Marc Lavoine, L'homme qui ment, qui n'avait pas réussi à m'accrocher. Ici, j'y ai trouvé davantage d'intérêt. Alors soyons clairs: l'écriture est simple (mais pas simpliste), les transitions entre les chapitres inexistantes, on lit une succession d'événements et d'anecdotes . Mais peu importe, au fond, cela ne gêne en rien la compréhension et ce parti pris se révèle assez cohérent, parce que la memoire fonctionne aussi comme cela.

Et pour aller même plus loin, j'ai été plus touchée par le "personnage" d'Aure que celui de sa mère. Elle rapporte comment enfant, sa mère représentait tout pour elle, un mélange d'admiration, d'amusement et surtout beaucoup d'amour. Et puis, de façon très transparente, l'auteure explique comment toutes les frasques et l'instabilité de sa mère ont commencé à peser dans sa vie d'adolescente, mais avec, une fois encore, toujours beaucoup d'amour ,de tendresse et de bienveillance.

J'ai été sensible à ce témoignage, la sincérité qui se dégage de ce récit, sur ce qu'il révèle de sentiments et du rapport mère -fille également.

Ma note: 

Mon ciel et ma terre - Aure Atika
Mon ciel et ma terre - Aure Atika
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 16:55

Editions Albin Michel - 423 pages - 2017

1943. Alice a cinq ans et vit avec sa nourrice dans le Béarn. Sa mère l'y a laissé le temps de la guerre. A la fin de celle-ci, la mère d'Alice la récupère. Elles s'installent à Paris où Diane habite, avec Monsieur Marcel qui possède un atelier de confection. Les contacts et les échanges entre Alice et sa mère, très affaiblie, sont laborieux. Alice trouve du réconfort et la joie de vivre auprès de son voison, Jean-Joseph avec qui elle se lie d'amitié. 

Un jour, sa mère est hospitalisée, atteinte de la tuberculose. Alice est alors envoyée chez son père, une riche homme d'affaires new-yorkais, dont elle ignorait jusqu'alors l'existence.

Ce premier roman répond à tous les codes du récit qui se déroule au court de la Seconde Guerre mondiale. Tout y passe: le résistant caché dans la ferme, les femmes tondues, le retour des déportés à l'hôtel Lutetia...qui ne sont réduits qu'au statut d'anecdotes, donnant un effet "liste". De façon générale, j'ai trouvé que ce roman manquait d'originalité, tout est assez prévisible. 

Le récit n'est porté que par le point de vue d'Alice. Elle a 9-10 ans lorsqu'elle rejoint New-York. Et la difficulté lorsqu'une histoire est racontée à hauteur d'enfant, c'est la crédibilité entre les pensées du personnage et son âge. Et là, la crédibilité n'y était pas. Les pensées, les actes d'Alice ne cadrent pas, la plupart du temps, avec ceux d'une enfant de dix ans (ou moins!), quand bien même l'époque était différente de la nôtre. Et ça, ça m'a beaucoup gênée. Quelques éléments viennent parfois contrebalancer mais l'équilibre ne se produit pas pour autant. DE plus, les personnages sont assez monochromes. 

Toutefois, je suis allée au bout car il est facile à lire. En fait, je le conseillerai en lecture ado, pour appréhender cette période historique. 

Ma note:

Elle voulait juste marcher tout droit - Sarah Barukh
Elle voulait juste marcher tout droit - Sarah Barukh
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:30

Editions Le Nouvel Attila - 2017- 200 pages

1986. Maryam a cinq ans lorsqu'elle quitte Téhéran avec sa mère, pour rejoindre Paris où son père s'est exilé quelques mois plus tôt. 

Depuis la révolution iranienne sept ans plus tôt, les parents de Maryam ont choisi de résister auprès des communistes. Mais il est devenu de plus en plus difficile de vivre dans un pays privé de libertés.

Maryam raconte la difficulté de l'exil, la découverte d'une nouvelle culture -l'épisode des croissants est à ce titre particulièrement poignant-, d'un nouveau pays, d'une nouvelle langue. Sans oublier ce pays natal, l'Iran, dont elle garde de nombreux souvenirs, pas tous heureux d'ailleurs. Comment trouver un équilibre, se construire  avec cette double culture?

Si l'on doutait un jour du pouvoir de la littérature pour comprendre le monde, il suffit de lire ce livre pour affirmer qu'il est immense. En effet, le récit proposé ici remplace bien des débats et "échanges" sur la question de l'exil et de l'immigration. Car cet acte, celui de quitter leur pays, est loin d'avoir été une chose facile. Communistes, c'est d'abord le père, puis la mère et la fille, qui laissent cette terre tant aimée mais qui subissent trop de restrictions de liberté.

L'auteure explique, à travers des exemples de la vie quotidienne, les effets du déracinement: sa mère qui, à Paris, n'attend qu'une chose, le jour où elle pourra retourner dans son pays, l'Iran, son sentiment de ne pas se sentir légitime dans un pays dont elle ne connait pas la langue. Elle raconte aussi comment elle a vécu sa scolarisation, à hauteur de petite fille, qui grandit.

La langue occupe une place très importante dans le processus identitaire. Maryam Madjidi en parle beaucoup, comme un socle: le français d'abord, qu'elle n'accepte de parler qu'au moment où elle s'y sent prête, suffisamment en confiance, et qui contribue pour elle à ce qu'on appelle l'intégration. Et puis le persan, sa langue natale, dont elle vante les poètes, défendue par son père. Il veut que sa fille parle le français à l'extérieur, il y tient, mais le persan à la maison, pour ne pas perdre le lien avec ses origines. Selon les périodes de sa vie, Maryam rejette ou s'approprie l'une ou l'autre de ces langues. 

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre. Maryam Madjidi entremêle les époques pour nous restituer le récit d'une vie, de vies, marquée(s) par l'exil, par le tiraillement entre deux cultures et la profonde affection qu'elle voue à ses deux pays. Ce récit, c'est la vraie vie, les conséquences des choix politiques sur les populations et un vibrant hommage à la liberté.

L'avis de Delphine

Ma note

 

Marx et la poupée - Maryam Madjidi
Marx et la poupée - Maryam Madjidi
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 17:29

Editions Robert Laffont - 2017- 185 pages

Albert Barraud fut médecin dans un hôpital de Bordeaux au cours de la Seconde Guerre mondiale. Grand résistant, il est arrêté par les Allemands en avril 1944, puis déporté au camp de Neuegamme. Il n'en reviendra jamais, laissant derrière lui une veuve et deux garçons, dont le père de l'auteure, le cadet, alors âgé de huit ans.

L'ombre de ce grand-père héroïque, dont une rue à Bordeaux porte le nom, a toujours plané sur la famille, mais personne n'en parle vraiment. Et Marie le ressent particulièrement auprès de son père qui ne semble pas considérer son père comme le héros que tout le monde dépeint.

Parvenue à l'âge adulte, Marie part à la recherche de l'histoire de ce grand-père, ouvrant la voie à celle de sa famille et de sa propre vie...

Quel beau livre! J'ai été très émue par cette relation entre le père et la fille, ce père que Marie adule et qui l'impressionne tant. C'est finalement elle qui va panser les plaies de ce père qui parait aussi fort qu'un roc. Cette relation est portée par l'amour, l'admiration et la bienveillance, réciproques. 

L'auteure raconte l'histoire de son grand-père au fur et à mesure de ce qu'elle apprend au cours de ses recherches. Cette histoire, tragiquement banale pour l'époque (j'espère ne pas choquer en disant cela), n'est pas tellement le propos du récit, mais davantage ce que la disparation de cet homme, ce mari, ce père, a eu comme conséquences sur les siens. La difficulté pour les enfants de vivre sans père à leurs côtés, avec le sentiment pour le père de Marie d'avoir été abandonné par son propre père, qui aura "préféré" rester auprès de ses malades plutôt que de sauver sa peau. Et la colère que cela a entrainé chez cet homme au cours de sa vie.

L'auteure met au jour le rapport que nous entretenons avec notre histoire familiale, et la nécessité de la connaitre pour se construire soi-même, quel que soit le type de passé duquel on hérite. Le livre nous parle ainsi de la difficulté de se parler au sein d'une famille, à la suite d'événements tragiques souvent, où les choix ne sont pas toujours expliqués, compris par les uns et les autres, chacun restant avec sa tristesse, sa colère...

Enfin, la dernière partie relate comment Marie, accompagnée de son frère, entreprend le voyage sur les lieux de la déportation et de la mort de leur grand-père. Elle retranscrit avec une infinie émotion les sentiments qui les ont animés, et comment ce voyage aura bouclé la boucle et réconcilié son père avec son grand-père, plus de soixante-ans après.

Ce livre est tout simplement magnifique. Il m'a saisie, émue, j'étais en larmes en refermant le livre. J'ai dû repre,dre mon souffle entre les pages. Marie Barraud livre un témoignage d'amour très touchant, un cri même, pourtant très pudique et délicat, à ses proches, à ce père qu'elle aime tant. Une sincérité bouleversante.

Merci les 68premièresfois.

 

Nous, les passeurs - Marie Barraud
Nous, les passeurs - Marie Barraud
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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:13

Editions JC Lattès - 2017 - 380 pages

Camille habite à Thionville et vient d'obtenir le bac. Elle fête cette réussite avec ses copains lors d'un concert où se produit Eva, son amoureuse. Puis, du jour au lendemain, Eva ne donne plus de nouvelles et ne se présente pas au rattrapage. Camille souffre de cette absence et surtout de ne pas savoir où se trouve celle qui l'apaise tant.

Car Camille, passionnée de dessin, étouffe dans sa propre famille, avec ses parents, en particulier sa mère à qui elle reproche une certaine inertie, et sa petite soeur qui lui suscite de l'indifférence. Camille décide de partir à la recherche d'Eva, en Pologne, pays dont elle est originaire. S'engage alors pour elle un road-trip à travers l'Europe de l'Est, qui lui fait découvrir les gens et le monde, bien loin de ce que lui avait fait imaginer sa mère lors de ses sempiternelles mises en garde.

Ce roman est une sorte de roman initiatique qui fait passer Camille de l'enfant à l'adulte. La première partie traite de l'étouffement que ressent l'adolescente au sein de cette famille de laquelle elle ne se voit aucun point commun. Sa mère qui la décourage sans cesse, notamment pour exploiter son talent de dessinatrice; sa mère encore, à qui elle reproche de ne pas prendre soin d'elle-même, de subir les choses, de se méfier de tout et tout le monde. 

Lorsque Camille entreprend son voyage, elle tombe sur des gens plutôt bienveillants et généreux, bien loin de tout ce qu'on lui avait prodigué jusqu'à présent. Pourtant, le principe de se méfier de tel ou tel type de population apparait ici universel puisque Camille, au travers de ses rencontres, entend encore des mises en garde, totalement infondées.  Alors, en terme de crédibilité, je me permets d'émettre quelques doutes car, sans dire qu'on rencontre des prédateurs à chaque coin de rue, il me semble un peu idyllique de croire qu'il n'y ait que des bons samaritains. Le parcours de Camille m'est apparu alors comme un peu trop heureux.

Dans la dernière partie, Camille revient chez elle à la suite d'un événement dramatique, ce qui la conduit à se recentrer sur sa famille. Elle découvre ainsi une mère qui lui était finalement totalement inconnue, et lui fait voir d'un autre oeil les membres de sa famille qu'elle rejetait auparavant en bloc. Cela permet de mettre en lumière le personnage de l'adolescente avec tout l'égoïsme qui la caractérise. Le manque d'empathie, la colère, la rebellion qui accompagnent la période de l'adolescence. Camille prend conscience que sa mère a eu son âge, avec les mêmes envies, les mêmes émois, les mêmes conflits intergénérationnels. Mais aussi l'angoisse, le doute, cette fébrilité du passage à l'âge adulte.

En résumé, je dirais que ce livre est un roman initiatique, d'apprentissage, qui pâtit de quelques raccourcis et ressorts connus. Je regrette aussi le traitement en surface de certains personnages comme celui du père et de la petite soeur de Camille. Toutefois, il aborde des sujets intéressants. D'abord l'adolescence, à travers les personnages de Camille, Eva, Melike, mais aussi la connaissance de soi et de ceux qui nous entourent, pour peu qu'on prenne le temps de s'attarder sur eux, avec bienveillance. Un roman inégal pour moi.

L'avis de Delphine, que je partage en plusieurs points. Un coup de coeur pour Joëlle et T livres T arts.

Ma note: 

Ne parle pas aux inconnus - Sandra Reinflet
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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 10:20

Editions JC Lattès-2017-376 pages

Victoire et Nicolas, la vingtaine, se rencontrent dans un bar, le soir de la finale de la coupe du monde de football en 1998. Petit à petit leur histoire se construit, jusqu'à leur installation dans un petit appartement parisien. Puis, chacun démarre sa vie professionnelle: Victoire parcourt le monde en tant que journaliste d'une agence de voyage, spécialisée dans les hôtels de luxe; Nicolas travaille lui dans une start-up qui édite des études sociologiques, sur tout et n'importe quoi et dont les conclusions empruntent bien des raccourcis.

Au fil du temps, après des débuts nourris d'espoirs et d'idéaux, la relation de couple s'étiole et chacun cherche ailleurs une échappatoire à son insatisfaction.

Même si lecture et subjectivité vont de pair, il y a certaines lectures dont vous savez qu'elles n'auront pas un effet neutre sur vous. Si ce livre n'avait pas fait partie de la sélection des 68 premières fois, il est clair que je ne l'aurais pas lu. Car l'effet miroir, très peu pour moi. Les deux protagonistes sont de la même génération que moi, Victoire et moi avons le même âge. Tous deux vivent et se posent des questions comme j'ai pu le faire, le fais et le ferais probablement encore. Le processus d'identification, même s'il possède aussi ses limites sur de nombreux points, s'est donc naturellement mis en marche.

Et force est de constater que Marjorie Philibert pose un regard assez juste sur cette génération de trentenaires, pleine d'idéaux et d'ambition, qui ne parviennent pas à accomplir ce qu'il souhaitent dans le temps. Leur vie se résume à une grande insatisfaction, à des frustrations, dont ils sont en partie responsables.

Ce Presque ensemble, c'est tout ce à côté de quoi on passe par manque d'engagement, de temps ou d'envie. Par l'attente que chacun a de l'autre sans en exposer clairement les choses.

Le manque de communication, les lois et les codes dictés par la société, l'envie d'en vouloir toujours plus, tout cela fait que les gens se perdent, n'arrivent pas à s'écouter, ne se comprennent plus. Et que lorsqu'on s'en aperçoit, il est bien souvent trop tard-quoique...

L'humour aussi a sa place dans le récit associé à ce portrait sans concession de ce qu'est aujourd'hui le couple, avec tout ce que chacun range derrière cette notion.

Alors ce roman n'est pas exempt de défauts, notamment certaines longueurs qui font patiner parfois le fil de l'histoire, mais il offre une analyse assez lucide de notre société contemporaine, associée à une écriture tout à fait honorable. Oserais-je avancer qu'il m'apparait comme un roman de génération?

Nota: Le bandeau du livre dessert pour moi l'histoire, d'autant que l'arrivée du fameux chat est vraiment anecdotique.

Ma note: 

Presque ensemble - Marjorie Philibert
Presque ensemble - Marjorie Philibert
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Lectures communes

Challenges

Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...