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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 11:37

 

Editions Albin Michel - 2014- 215 pages

Le pari était osé: réussir à me convaincre en 21 pages que le meilleur endroit où vivre se trouve être la Russie. Autant dire que j’étais plus que sceptique. Et pour être honnête, je le suis toujours.

Astrid, journaliste, nourrit une passion très jeune pour ce pays. Ou plus exactement pour une star du rock russe dont elle tombe très amoureuse et avec qui elle vit une histoire d’amour de quelques mois avant de revenir en France à l’expiration de son visa. Elle a une vingtaine d’années. Ce premier voyage a lieu au milieu des années 1990, quelques années seulement après la fin du régime communiste. La description des villes post URSS est assez édifiante. On a l’impression de villes exsangues, froides, laissées aux mains de malfrats et où la corruption règne en maitre. Les villes paraissent aussi laides que peu sûres.

La vodka fait partie du quotidien des gens. Bref, tout ça ne donne pas très envie.

L’auteure raconte toutefois la gentillesse des gens, leur dureté aussi, ou plus exactement l’endurcissement que suppose leurs conditions de vie ; la difficile transition entre un régime communautaire et le libéralisme, et l’espèce d’abandon où les villes, les gens, les mentalités ont été laissés. Le pays semble depuis gangréné par la corruption, l’alcool. Le retour en Russie d’Astrid quinze ans après son premier voyage révèle peu de changements de ce point de vue.

S'agissant des communautés qu'elle rencontre, vivant en semi-autarcie et ayant décidé de rejeter la société de consommation, je ne leur ai rien trouvé de vraiment original. C'est-à-dire que ce type de philosophie de vie n'est, selon moi, pas propre à la région de l'Oural, on peut retrouver un peu partout dans le monde ces micro-sociétés qui ont décidé de vivre autrement. 

Donc, loin de l’effet escompté, ce livre ne m’a pas du tout donné envie d’aller m’installer en Russie pour y trouver un bien-être que l’auteure semblait chercher. Mais ce récit s’avère pourtant intéressant, plutôt conforme avec l'idée que je me fais de ce pays et de ses habitants. Il est très facile et agréable à lire.

Ma note: 

 

L'Oural en plein coeur - Astrid Wendlandt
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 11:44
L'oubli - Emma Healey

Editions Sonatine - 2014 pour l'édition originale et la version française- 354 pages

Maud a 82 ans et souffre d'importants problèmes de mémoire. La mémoire immédiate exactement. Il lui est très difficile de savoir où elle se trouve - à part quelques endroits bien précis- de se souvenir de la question qu'on vient de lui poser, et même de reconnaître les membres de sa famille. Pour l'aider à se rappeler les choses, elle inscrit des mots, des phrases sur de petits bouts de papier qu'elle dissémine un peu partout chez elle ou dans ses poches. parmi eux, un revient souvent: "Elizabeth a disparu." Mais personne ,e la prend au sérieux. Pourtant, elle est persuadée que quelque chose cloche au sujet de son amie.

Et surtout cela la ramène à la disparition inexpliquée de sa grande soeur Sukey, survenue soixante-dix ans plus tôt, et pour laquelle Maud produit des souvenirs très précis...

Ce livre m'a beaucoup rappelé Avant d'aller dormir de S.J Watson. On y retrouve le côté répétitif inhérent aux personnes souffrant de troubles de la mémoire. Le personnage de Maud est d'emblée très attachant, petite grande-mère douce mais avec son caractère. Le lecteur la suit dans son quotidien, toutes les difficultés auxquelles elle est confrontée mais dont elle ne se rend pas forcément compte. Cet aspect de la maladie d'Alzeihmer est particulièrement bien rendu: la tendance à amasser des denrées, les pertes de repères spatio -temporels et aussi le rôle des proches. La patience que cela requiert de s'occuper de quelqu'un atteint de cette maladie, le sentiment d'impuissance parfois face à l'ampleur et l'irréversibilité de la situation.

Et puis, car il s'agit tout de même d'un polar, le parallèle entre les deux intrigues - "Elizabeth a disparu" et la disparition de Sukey- est plutôt réussi. Le récit passe alternativement de l'un à l'autre, ce qui a pour conséquence de rendre encore plus confus l'esprit de Maud.

Avec ce premier roman assez prometteur, Emma Healey démontre une certaine justesse dans son propos. Un bémol cependant pour l'écriture que j'ai trouvé assez quelconque.

Ma note :

L'oubli - Emma Healey
L'oubli - Emma Healey
L'oubli - Emma Healey
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 21:56
Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis

Editions Gallmeister - 2012 pour l'édition originale- 2014 pour la traduction française- 311 pages

Les douze tribus d'Hattie ou le portrait d'une femme à travers la vie de ses onze enfants et de sa petite-fille, de 1925 à 1980 aux Etats-Unis. Hattie, native de Georgie, arrive à l'âge de seize ans à Philadelphie accompagnée de sa mère et de ses deux soeurs. Elle se marie rapidement avec August, jeune homme faible et volage, dont elle est enceinte.

Ce livre est avant tout un très beau portrait de femme vu sous l'angle de la vie de ses enfants. Une jeune femme propulsée dans le monde des adultes, la responsabilité d'une famille alors qu'elle n'est encore qu'une adolescente. Sa vie bascule à la mort de ses jumeaux encore nourrissons, perte dont elle ne se remettra jamais, rongée par le chagrin et la culpabilité, et qui va l'endurcir.

Hattie se révèle une femme complexe qui suscite la compassion quand elle doit se débattre pour assurer l'éducation des enfants et faire tourner la maison alors que son mari passe plus de temps dans les bars et avec d'autres femmes, qu'à s'occuper de sa famille. Ou lorsqu'elle se voit contrainte de "confier" son bébé à sa soeur stérile, en échange de la promesse d'une vie meilleure.

A d'autres moments, Hattie apparaît très dure, elle qui n'arrive pas à exprimer son amour maternel. Les gestes tendres, une caresse sur la tête d'un enfant, un baiser, elle ne sait pas faire. Et la souffrance que cela a représenté pour chacun des enfants est une constante dans tous les récits des membres de cette tribu. Ce n'est que vers la fin de sa vie, plus apaisée, qu'elle parvient à montrer combien elle tient à ses enfants devenus adultes, à quel point elle les aime.

Parallèlement à ce portrait, l'auteure aborde des sujets tels que l'homosexualité, la différence, la ségrégation.

Ce livre pourra en dérouter certains car sa structure fait penser à des nouvelles. Moi qui n'aime pas les nouvelles, je n'ai pas été gênée car il y a un fil conducteur, des personnages que l'on retrouve d'un récit à l'autre. J'ai trouvé cet angle de vue vraiment original, même si certaines histoires sont plus intéressantes que d'autres. Un bon moment de lecture.

Ma note :

Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 12:54

L'institutrice d'Izieu

 

Seuil Editions - 2014- 230 pages

 

Izieu appartient à la mémoire collective de la Seconde Guerre Mondiale, tout comme Oradour sur Glane. L’auteure propose ici une enquête de mémoire et d’histoire, les deux notions étant parfois assez difficiles à dissocier.

Dominique Missika s’attache à traiter de cet événement tragique à travers le personnage de la jeune institutrice de la colonie, absente ce jour fatal, pour cause de départ anticipé en congés de Pâques. La description de la rafle n’est souvent que suggérée, en tous cas sans force détails, ce qui rend encore plus forte l’émotion.

Ce constat fait naitre d’emblée un fort sentiment de culpabilité chez cette jeune femme que rien ne préparait à une telle tragédie. Cette culpabilité la suit tout au long de sa vie et que l’on retrouve chez les personnes qui sont revenues de déportation en particulier : pourquoi moi et pas les autres ? Pourquoi les autres et pas moi ?

 Le sujet en lui-même de ce document ne peut que rencontrer l’adhésion du lecteur, lequel en apprend d’ailleurs beaucoup sur les circonstances du drame et surtout l’après, menant au procès de Klaus Barbie. L’auteure rend ainsi un vibrant hommage aux recherches et aux travaux entrepris par le couple Klarsfeld pour identifier et faire juger les criminels nazis.

 Ceci dit, j’ai eu parfois le sentiment que l’auteure s’était laissé submerger par son sujet pour lequel elle semble très impliquée.  J’ai trouvé la description de cette institutrice un peu trop mièvre et bucolique, surtout au début, avec l’impression de lire un roman, sans grand intérêt parfois. Il a peut-être manqué à l’auteure un peu de distance. Le fait qu’elle n’ait pu rencontrer la protagoniste de son vivant a sans doute joué ; probablement que ce livre aurait été différent.

 Mais ce document a le mérite de se consacrer à un événement qui ne doit pas être oublié et qui donne envie d’aller plus loin.

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grand-prix-des-lectrices

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 13:26

Fenêtre sur crime

Editions Belfond Noir - 2012 pour la version originale - 2014 pour la traduction française - 459 pages

 

Un jeune homme schizophrène et agoraphobe, dont le père vient de mourir, découvre sur Internet, un crime commis dans une rue de New-York. Il en informe son frère et tous deux se retrouvent au cœur d’une machine infernale.

 Les personnages sont plutôt bien campés et leurs interactions se précisent au fur et à mesure que l’histoire avance. L’auteur s’attache à faire évoluer chacun de ses personnages, même s’il n’évite pas toujours certains clichés. Le lecteur quant à lui est accroché au livre, le suspense est savamment dosé. Le style est clair, les dialogues percutants et rythmés.

 Le gros bémol se situe pourtant sur le dénouement : quelle déception ! Les situations et les réactions des personnages se révèlent tout bonnement invraisemblables et tirées par les cheveux. Autant j’ai eu le sentiment que l’auteur prenait son temps avec son intrigue tout au long du livre, autant j’ai l’impression que la fin a été bâclée.

 En conclusion, rien de révolutionnaire, quelques bémols, mais Fenêtre sur crimese révèle un thriller efficace, qui tient ses promesses, sauf la fin, mais mon impression générale reste tout de même d’avoir passé un bon moment. Un auteur que je relirai.

 

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Challenge Polars et Thrillers 2013-2014 grand-prix-des-lectrices

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 10:43

L-exception.jpg

Zulma éditions - 2012 pour l'édition originale, 2014 pour la traduction française- 338 pages

Maria et Floki sont mariés depuis onze ans et ont des jumeaux de deux ans et demie. Au réveillon du Nouvel An, Floki annonce à sa femme qu'il la quitte pour un homme, Floki, un autre, un ami de la famille, avec qui ils viennent de partager le dîner. Anéantie par cette nouvelle et dans l'incompréhension totale de cette décision soudaine, Maria tente de comprendre et de rebondir, aidée de sa voisine fantasque Perla, personne de petite taille, conseillère conjugale et nègre pour un auteur de roman policier. 

Pour être honnête, pas grand chose à dire sur ce livre, dont je n'ai pas su, pendant un moment, s'il fallait rire ou pleurer. Le postulat de départ est plutôt dramatique mais l'héroïne rencontre une petite galerie de personnages assez hauts en couleurs: la voisine, donc, un peu pique-assiette sur les bords, souvent maladroite dans ses propos pour réconforter Maria. Ou encore cette homme rencontré dans la forêt, près de la résidence secondaire du couple, homme en admiration devant les tranches de livres en cuir qu'il fabrique...

Parallèlement à l'épreuve que traverse la jeune femme, elle doit composer avec des révélations sur son père biologique, et la vie de sa mère. Tout étant bien entendu imbriquer pour fournir une réflexion sur la filiation, les rapports hommes/femmes, avec en toile de fond l'espoir d'un retour du mari parti, dont elle aura été celle qui a compté, il faut comprendre la seule femme, "l'Exception".

J'ai gardé une certaine distance avec cette hsitoire, elle ne m'a pas touchée, je ne suis jamais vraiment rentrée dedans. Pas mauvais, de l'indifférence juste.

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Voisins voisines 2014

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 13:26

grand-prix-des-lectrices.jpeg

 

Eh oui, j'ai reçu ma petite lettre cette semaine, alors que je n'y croyais plus du tout. Je fais donc partie du jury d'avril.    

J'y ai participé il y a 10 ans, pour la première fois, et j'avoue que je n'étais pas plus motivée que cela à renouveler l'expérience. Certes, il y avait eu de bons moments de lecture (c'était Philippe Grimbert avec Un secret qui avait remporté le prix catégorie Roman), mais le rythme avait été vraiment dur à suivre et la lecture imposée m'avait pesé sur la fin. Mais à l'époque, Facebook n'existait pas et il semblerait qu'aujourd'hui cela change pas mal de choses pour cette aventure. Alors avec le blog et Facebook, l'expérience devrait prendre une toute autre tournure, du moins je l'espère.

Et puis, il faut bien dire que la sélection des deux dernières éditions, surtout les polars, ne me disaient rien qui vaille. Mais mon apppétit de lectures et de découvertes a pris le dessus, et j'ai présenté ma candidature, avec mon billet sur L'homme qui a l'homme de Marin Ledun.

Vous aurez perçu donc mon côté schizophrène par rapport à ce prix mais j'ai très envie de croire qu'il m'apportera plus de satisfaction que de désillusions. 

Si vous faites vous aussi partie du jury cette année, n'hésitez pas à vous manifester pour que nous puissions échanger. 

 

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 00:15

dugain-marc-couv-lemprise

Editions Gallimard - 2014- 318 pages

De nos jours en France. Un candidat à l'élection présidentielle, un chef du renseignement intérieur, un syndicaliste d'un groupe industriel, une photographe chinoise, une agente des services secrets et son fils autiste...Tous ces personnages se trouvent au coeur d'une triangulaire pouvoir-économie-finances.

Marc Dugain a produit un roman très actuel. Même s'il s'en défend en début de livre, on peut aisément associer des noms aux personnages de cette histoire, qui l'auraient inspiré lors de l'écriture. Et ce qui est encore plus fort, c'est de constater que les événements auxquels nous assistons actuellement en France, les personnages une fois encore, se retrouvent aussi dans ce livre. Finalement, de quelque bord que ce soit, les mécanismes sont ni plus ni moins semblables.Bref, c'est très réaliste.

L'auteur s'attache donc à expliquer les rouages, les enchevêtrements, les magouilles qui s'opèrent entre l'Etat et les grandes entreprises. Et au milieu desquels le citoyen lambda parait bien impuissant.

Marc Dugain n'a plus à rien à prouver de sa qualité d'écrivain, tant dans l'écriture que dans le récit. Seulement voilà, ce livre ne m'a pas intéressé. Peut-être avais-je aussi besoin d'autre chose en ce moment, toujours est-il que je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages. J'ai donc abandonné à la moitié.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 09:26

L'heure trouble

Le Livre de Poche - 2011 (2007 pour l'édition originale et 2009 pour la traduction française)- 531 pages

Un petit garçon de 5 ans, Jens, disparait dans la brume, dans la lande, sur l'île d'Öland. Vingt ans plus tard, sa mère, Julia vit à Goteborg et ne s'est jamais vraiment remise de cette disparition. Dépressive, limite alcoolique, elle ne cesse de se remémorer ce temps où la vie s'est arrêtée pour elle, et espère toujours revoir son fils dont on pense qu'il s'est noyé mais dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Jusqu'au jour où Gerlof, le grand-père de Jens, reçoit dans sa maison de retraite un colis avec à l'intérieur, la sandale que portait le petit le jour de sa disparition. Que lui est-il exactement arrivé? Et tout converge vers la piste d'un criminel censé être mort et enterré sur l'île...

J'avais laissé Johan Theorin avec un sentiment mitigé lors de ma lecture de Froid mortel, dont l'action ne se déroulait pas sur l'île d'Öland. Ce titre est son premier roman et force est de constater qu'il parvient vraiment à rendre son atmosphère à cette île: à la fois chaleureuse et inquiétante, en lien avec la Suède mais isolée. Un côté mystique plâne sur cette île et ses habitants dont ils semblent venir d'un autre temps: un tailleur de pierre, un gérant de camping dans une ville quasi désertique, une vieille dame...

L'évocation de l'heure trouble accentue cette ambiance: l'heure trouble c'est entre chien et loup, la fin de la journée, l'heure où les hommes rentraient du travail et où la tradition voulait que l'on raconte des histoires horribles aux enfants, pleines de sorcières et autres créatures. Un moment suspendu en somme.

L'enquête en elle-même se déroule plutôt lentement et la construction du récit va de l'action de Julia et Gerlof dans leur enquête, et le récit de vie de Nils Kant, le criminel contraint à l'exil. Cette histoire se lit bien, ni plus, ni moins, le principal intérêt étant réellement le lieu où se déroule cette intrigue. Alors M.Theorin, s'il-vous-plaît, revenez sur l'île!

C'était une lecture commune avec Valérie.

Pour être tout à fait franche, je n'ai pas encore fini (mais suffisamment pour me faire une idée tout de même) mais je ne voulais pas retarder la lecture commune programmée, dont j'avais déjà repoussé la date. Si après le dénouement mon ressenti devait évoluer, je ferai un edit sur ce billet.

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Challenge Polars et Thrillers 2013-2014 Voisins voisines 2014

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 11:01

N'oublie pas les oiseaux

Editions Julliard - 2014- 342 pages

Murielle, originaire des Landes, intègre à 17 ans l'Ecole de Variétés de Paris. Elle tombe sous le charme de Francis Morane, "l'homme slave", "le Russe", son professeur de mise en scène, de vingt-cinq ans son aîné. Jeune fille inexpérimentée mais porteuse d'une certaine douceur, d'une singulière détermination et d'un talent artistique certain. 

Quelques années plus tard, son chemin croise à nouveau la route de celui qui la trouble tant. Cet homme complexe, volage, instable, qui peu à peu trouve un point d'ancrage auprès de Murielle.

C'est cette histoire d'amour que Murielle Magellan nous raconte ici, sur près de vingt ans, avec ses hauts et ses bas, ses bonheurs et ses doutes.

J'ai été bouleversée, secouée, émue par cette lecture,qui parle d'amour dans tous ses bonheurs, toutes ses contradictions, bref toute sa richesse.

Le livre s'ouvre sur la mort de cet homme, alors que l'auteure n'a que 35 ans et est maman d'un petit garçon de 3 ans. Murielle Magellan a su trouver les mots pour décrire tout ce que l'amour a d'irrationnel, d'irraisonnable, avec une justesse incroyable. Les sentiments qui nous traversent, dans les bons et les mauvais moments, les représentations que l'on se fait et une réalité qui s'avère quelque peu différente de ce qu'on avait imaginé. Elle montre ce besoin d'avancer, de construire avec celui qu'on aime, et la douleur lorsque tout s'écroule.

Récit autobiographique, N'oublie pas les oiseaux déborde de l'amour de cette femme pour cet homme qui lui en fait voir pourtant des vertes et des pas mûres. Elle explique très bien toute la difficulté de vivre, de construire de façon stable et durable avec quelqu'un en souffrance, dont on ne sait plus très bien comment l'aider à aller mieux- le veut-il vraiment d'ailleurs?- ce sentiment d'impuissance voire la culpabilité. Murielle Magellan ne s'épargne pas des situations peu flatteuses pour elle, des moments d'humiliation ou de profond désarroi.

Il n'empêche, cet homme représente celui avec qui elle aura un enfant, symbole de cet amour.

Plus globalement, ce récit raconte la construction d'une femme, de celles forgées par l'expérience.

L'écriture est magnifique, j'imagine combien il faut donner de soi pour coucher sur le papier une telle histoire, dont on sent encore l'intensité, plus de dix ans après la mort de l'homme.

J'ai adoré ce livre, il m'a parlé comme rarement un livre m'a parlé. Je l'achèterai, c'est sûr, car je veux avoir avec moi cette histoire et ces merveilleuses phrases.

Quelques extraits:

"Je ne savais rien des mécaniques affectives en général, ni même, en particulier, de celles des séducteurs. La sanction se passe alors de reproches car reprocher, c'est avouer sa considération. Avouer à l'autre qu'il a compté, ou qu'il compte (...) Jamais l'homme slave ne me parla de cette semaine où il avait échoué à me joindre. Il s'éloigna, c'est tout." p.107


"L'amour était à mes yeux un état permanent dont j'avais bien dû entendre, ici ou là, qu'il s'entretenait, mais je ne comprenais pas ce que cela signifiat concrètement. J'étais réticente à considérer l'amour comme un corps qu'on muscle. Il m'apparaissait plutôt tel un terrain ferme et fertile; non dénué de ravins et de reliefs, certes, mais au soubassement massif et invariable. L'amour pour cet homme en tous cas était en moi si définitif que je ne me voyais pas faire comme on le recommandait dans les revues de filles: être sexy comme ci pour "garder [son] mec, ou rusée comme ça "pour le rendre jaloux". Je n'appartenais pas à cette vie-là, avec mon amour à part. Je me pensais hors catégorie. J'avais tort." p.230


Sur le désir et le besoin d'être mère: "Mais pour accompagner cette solitude, il fallait un homme que j'aime et qui m'aime, simplement. Et des enfants, parce que ça m'était nécessaire, vital, de jouer les mammifères et de transmettre. J'étais une femelle et je voulais un mâle consentant et aimant pour me rendre mère. Et nous ferions le chemin ensemble." p.139


Sur le projet d'enfant: "Mon amour pour cet homme qui disait "oui", ce jour-là, "oui" à cette immense aventure, atteignit son paroxysme.(...) C'était le plus beau cadeau qui soit . La plus belle preuve d'amour." p. 198

 

essa

 

 

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Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...