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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 15:00

Editions Babel noir - 2013 pour la version poche- 2012 pour la traduction française (Actes Sud-Actes noirs)

13 mars 1964, à New-York, dans le Queens. Katarina travaille dans un bar comme serveuse. Ce soir-là, elle quitte son service à quatre heures du matin. Alors qu'elle s'apprête à ouvrir la porte de son appartement au rez de chaussée, elle est agressée par un homme. Ses cris alertent les voisins, qui retournent rapidement à leurs occupations, chaucun pensant que d'autres auront déjà appelé la police. Et pendant ce temps-là, le drame se poursuit...

Le récit s'étend sur deux heures, de quatre à six heures du matin. Tout commence par la sortie du travail de Kat et son arrivée à son domicile où elle est agressée à coups de couteaux. Chaque chapitre s'attache ensuite aux voisins de la jeune femme, ces "bons" voisins, interpellés par les cris de la victime, mais qui sont persuadés qu'un autre aura fait le nécessaire auprès de la police et des secours. En tout état de cause, ils ne cherchent pas plus loin et reprennent leurs activités nocturnes.

On croise ainsi deux couples échangistes, un homosexuel refoulé suicidaire, un couple au bord de la rupture, un fils prêt à quitter sa mère malade pour s'engager dans l'armée, un flic ripoux et sanguin, un prof victime d'un accident de la route, une femme que son mari veut protéger. Et pendant ce temps, en toile de fond, Kat est en proie à son agresseur, dans l'indifférence générale, ce qui en rajoute dans la tension qui ressort.

J'ai bien aimé ce roman, le premier que je lis de cet auteur qui se contente de raconter les faits tels qu'ils se déroulent, sans jugement, avec une galerie de personnages particulièrement réaliste. L'auteur s'est inspiré d'un fait divers qui a effectivement eu lieu en mars 1964, l'assassinat d'une jeune femme, victime aussi de mla passivité de tous. La plupart d'entre eux sont des gens ordinaires, pas foncièrement méchants, mais leur individualisme, leur indifférence auront raison du sort de leur voisine. Finalement, au plus il y a de témoins, au moins la probabilité que l'un deux intervienne ou appelle les secours sera faible, paradoxalement. Cette théorie prend tout son sens lors du final est réussi, on perçoit à la lecture la luminosité du jour qui se lève, mais il est surtout glaçant.

Ma note:

 

De bons voisins - Ryan David Jahn
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 15:06

Editions Albin Michel - 2014 pour l'édition originale- 2015 pour la traduction française - 474 pages

Avril 2009, dans la nuit, alors que des dizaines de personnes attendent l'ouverture au matin suivant d'un forum pour l'emploi, une Mercedes grise fonce dans la foule, faisant huit morts et de nombreux blessés.

Bill Hodges, Officier de police récemment retraité, n'a jamais pu démasquer et arrêter le tueur. Jusqu'au jour où il reçoit un courrier dudit criminel, comme une provocation. Il y relate le récit de son crime, ainsi que les agissements qui s'en sont suivis, notamment avec Olivia Trelawney, la malheureuse victime du vol de la Mercedes, qu'il a ensuite harcelée et qui a fini par se suicider. 

Ce tueur, Brady Hartsfield, jeune homme d'une trentaine d'années, vit avec sa mère alcoolique et dépressive, avec qui il entretient une relation incestueuse. Il cumule deux boulots: le premier en tant que réparateur informatique, l'autre comme marchand de glaces ambulant. A ce titre, il est souvent présent avec son camion dans le quartier où réside Hodges, tout près même puisqu'il peut l'observer dans sa maison.

Et même si dans la lettre Brady assure n'avoir aucune envie de recommencer, la réalité est toute autre...

Je me rappelle avoir lu Stephen King il y a très très longtemps, c'était La peau sur les os. Je n'en ai pas gardé un souvenir impérissable, ni bon ni mauvais d'ailleurs, mais ce dont je me souviens c'est que, lorsue j'étais ado, c'était l'auteur à la mode, qui avait apporté et apportait encore un souffle nouveau dans la littérature d'épouvante, à suspens. Shining, Misery...étaient des classiques. Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu lire ce titre, peut-être la promesse d'un thriller, plus ma tasse de thé  que le registre habituel de l'auteur?

La scène d'ouverture engageait bien les choses. La description de cette foule de chômeurs, en particulier un homme, puis une femme venue avec son bébé, qui n'hésite pas à passer la nuit dehors poyr s'assurer une chance d'obtenir un emploi en ces temps de crise. Puis l'intervention soudaine de cette Mercedes lancée à toute allure, qui fonce dans la foule comme une boule de bowling au milieu d'un jeu de quilles, tout ça fait froid dans le dos mais est très réussi littérairement parlant. 

La dernière partie rejoint presque en intensité la première, je n'en dis pas plus...Il y a du suspens, une gestion du temps comme un compte à rebours bien sentie.

Sauf qu'entre les deux, je me suis quand même passablement ennuyée. J'ai trouvé que les situations s'enchainaient mal, avec pas mal d'invraisemblances. Bref, Stephen King ferait-il partie de ces auteurs qui enchainent les livres- dont on supprimerait une bonne centaine de pages pour celui-ci- au détriment de la qualité?

Ce titre est le premier d'une trilogie; le second est Carnets noirs et enfin Fin de ronde, qui devrait sortir prochainement.

Ma note:

 

Mr Mercedes - Stephen King
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 13:47

Éditions Viviane Hamy - 2016-  367 pages

Deux jours avant Noël, un groupe d'une dizaine de SDF occupe la cathédrale Notre-Dame de Paris. Emmenés par le jeune Mouss, ils réclament le droit à un logement et se présentent comme porte-parole de tous les mal logés. Le père Kern, prêtre de la cathédrale, et Gérard, le sacristain, sont pris en otage.

A l'extérieur, les soutiens et les détracteurs se regroupent sur le parvis, ainsi que les forces de police.

Mû par son sacerdoce et sa charité chrétienne, le père François Kern sert d'intermédiaire entre l'extérieur et les révoltés, sans prendre clairement position pour eux. L'intervention de la Police après deux jours d'occupation libére Notre-Dame de ses occupants. Lors de l'assaut, Mouss est blessé et transporté à l'hôpital.

Un an plus tard, Mouss est retrouvé mort dans la Seine. Il a été tué. Claire Kauffmann, juge d'instruction, va à la rencontre du père Kern qui officie désormais dans un centre qui consigne les biens des démunis, pétri de culpabilité depuis l'intervention policière.

Si l'action ne s'était pas déroulée d nos jours, on aurait pu aisément imaginer qu'elle se droulâr au Moyen-Age. En effet, comment ne pas penser d'emblée au roman de Victor Hugo à la lecture de ce livre?

Une bande de miséreux, une vraie cour des miracles, dont on suit la condition et le mode de vie. Ce groupe d'invisibles, individus avec chacun leur parcours, leur histoire, que l'auteur nous livre mais sans trop en dire non plus. Car ce milieu est celui de la déchéance, de ce qu'on fut et qu'on ne sera plus. Alors, envahir Notre-Dame, à Noël c'est un ultime coup d'éclat que Mouss et ses compagnons d'infortune s'autorisent.

A leurs côtés, physiquement parlant, le père Kern-et son sacristain dans un personnage plus secondaire, quoique...- voit lors de cet événement l'occasion de réfléchir sur sa foi, les raisons de son engagement dans la prêtrise. L'évolution de ce personnage, sa complexité, constituent un point très fort de cette histoire. 

Et au-dessus de lui, la hiérarchie cléricale gravite, scandalisée par cette invasion de sous-hommes qui ébranle une tranquilité de façade que ces hommes d'église entendent maintenir pour conserver la mainmise. Le clergé médiéval et de l'Ancien Régime n'est pas si loin...

Et enfin, la cathédrale elle-même, d'où part toute l'intrigue. Majuestueuse, imposante, l'auteur lui donne une véritable place et un vrai rôle dans toute cette histoire.

Alexis Ragougneau a réussi à transposer une intrigue traditionnelle à l'époque moderne. Il met en scène des personnages très travaillés, déroule un récit parfaitement maîtrisé. L'écriture est absolument remarquable, avec une mention spéciale pour les dialogues. La confrontation entre un abbé, personnage issu d'un autre temps, et la juge d'instruction lors d'un interrogatoire vaut le détour par sa justesse et son intensité. 

Ce livre met en lumière tous ces jeux de pouvoirs, en particulier au sein du "clergé", mais aussi la place qu'occupent les marginaux dans notre société.

Il plaira aux amateurs de roman noir, à ceux qui lisent aussi des polars même ce n'en est pas vraiment un. 

Un grand merci à Valérie qui m'a donné envie de lire ce livre. 

Un coup de coeur.

 

Evangile pour un gueux - Alexis Ragougneau
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 12:56

Editions Actes Sud/Actes Noirs - 2016 pour l'édition originale et la traduction française- 368 pages

 

Carolina Estrada, vingt ans, jeune étudiante issue d'un milieu modeste, est retrouvée morte dans un bois. Elle était stagiaire dans un cabinet d'avocats, spécialisé dans le recouvrement auprès de débiteurs, principalement des familles n'étant plus à même de payer leur électricité...Dans le même temps, des chiens sont tués et empalés par un sadique, à proximité de jardins d'enfants.

L'inspecteur Milo Malart et sa co-équipière Rebeca  sont chargés de l'enquête. Ils rendent visite à la famille de la victime, mais aussi ceux avec qui Carolina a pu être en contact dans le cadre de son travail. Ils découvrent une population meurtrie, voire exsangue, que la crise a complètement laissé tomber. 

Tout comme l'avait été Le bourreau de Gaudi, son précédent roman que j'avais beaucoup aimé, Les muselés pourrait être qualifié de pamphlet social. Alors que l'auteur mettait l'accent sur l'expulsion des populations à l'occasion des JO de Barcelone, ou pour une question d'image positive dela ville, là c'est de la crise économique qu'il s'agit. Milo Malart part à la rencontre de ces hommes, ces femmes, ces familles qui ont été touchées de plein fouet par la crise et qui ont été complètement laissées sur le carreau si elles n'ont pas trouvé les moyens d'y faire face. Chômage, précarité, dépression, l'auteur dresse un tableau très pessimiste.

Il dénonce également, et sans concession aucune, le pouvoir politique, pour lui méprisant et corrompu, qui tente d'étouffer cette situation, ou pour le moins ne s'en occupe. Il en appelle ni plus ni moins à la révolte de cet ordre établi. Les victimes de la crise, qui ne s'en sortent plus, les muselés, qu'on ne voit plus, qu'on n'écoute plus, qui n'existent plusqui se muent en criminels voire en meurtriers (pas tous heureusement!) parce qu'il n'y a plus d'issue, ni plus rien à perdre quand on a déjà tout perdu. 

A travers le personnage de Malart, tiraillé entre son devoir d'arrêter les hors-la-loi et la compassion que lui inspire ces gens, l'auteur montre à quel point la société espagnole contemporaine, ou du moins barcelonaise, est en proie à bien des questionnements. La propre histoire de Milo, qui doit gérer son frère Hugo, atteint de schizophrénie comme son père, continue de le torturer, de même que sa propension à détruire ce qu'il tente de construire autour de lui.

Un roman une fois encore de grande qualité, bien plus qu'un roman policier, qui nous interroge sur la société dans laquelle nous vivons. 

Ma note: 

Les muselés - Aro Sainz de la Maza
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 14:03

Editions JC Lattès / Le Masque - 2016 pour l'édition originale et la traduction française - 288 pages

2010, en Ukraine. Valentina vit dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. Elle attend le retour de sa fille Katerina dont elle n'a plus de nouvelles depuis des mois, lorsqu'elle est partie avec une amie, étudiante comme elle, suivre un stage en Allemagne. Dans l'attente, Valentina s'attelle à relater l'histoire de vie dans un cahier.

Matthias Lessmann vit seul dans sa ferme depuis la mort de sa femme. Un jour, une jeune fille, poursuivie par deux hommes, vient trouver refuge chez lui. Au début réticent, il finit par lui apporter son aide. Elle lui explique qu'elle a fui un réseau de prostitution dans lequel elle a été enrôlée. Elle tient à retrouver son amie Marina, qui, elle, n'a pas réussi à s'échapper, et rentrer toutes deux dans leur village en Ukraine.

Enfin, en Ukraine, Leonid, membre de la police, est mis sur la piste de disparitions inexpliquées de jeunes étudiantes, parties pour des stages en Allemagne, et dont les familles n'ont plus de nouvelles.

On suit donc trois récits qui, on s'en doute, vont finir par se recouper. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la patte de Mechtild Borrmann que j'avais découverte avec Le violoniste pour lequel j'avais eu un coup de coeur. Là encore, l'instrigue s'inscrit dans un contexte historique précis, celui de la catastrophe de Tchernobyl. Cette partie s'est révélée vraiment intéressante à mes yeux car j'y ai appris beaucoup de choses. Certes, je savais qu'une catastrophe nucléaire avait eu lieu en 1986 dans cette ville d'Ukraine, mais pas plus. L'auteure montre bien la soudaineté de l'événement, les gens qu'il a fallu évacuer, qui ont tout laissé sur place, sans avoir le temps ni l'autorisation d'emporter quelques affaires avec eux. Comme s'ils avaient laissé leur vie. Puis, les villages contaminés ont été purement et simplement rasés, comme s'ils n'avaient jamais existé. A travers le personnage du père de Valentina, l'auteure aborde cette douleur qu'ont ressentie ces gens, non seulement liée à la catastrophe en elle-même mais surtout par le déracinement brutal qui s'en est suivi, et dont certains ne se sont jamais remis.

Elle met en lumière le manque d'information des autorités face à cette population qui n'a pas mesuré les conséquences de l'irradiation sur leurs corps, leurs vêtements, leurs objets...Et enfin, les répercussions sur la santé, les malformations chez les nouveaux-nés, les maladies développées, surtout chez les enfants.

J'ai eu grand plaisir à lire ce livre, le charme continue d'opérer pour moi avec Mechtild Borrmann.

Ma note

 

L'envers de l'espoir - Mechtild Borrmann
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 17:37

Editions Sonatine - 2016- 320 pages

Lydia Lee, seize ans, a disparu. Le corps de l'adolescente est retrouvé quelques jours plus tard, au fond d'un lac. S'agit-il d'un accident? D'un meurtre? D'un suicide? Le recit va dès lors s'attacher à l'histoire de cette famille, dans laquelle pourraient se cacher des explications.

Ce livre propose ici une radioscopie de cette famille, en apparence banale et sans histoires. L'enquête policière autour de la mort de l'adolescente n'est finalement que secondaire, presque accessoire. Ce qui intéresse l'auteure, ce sont les rouages qui composent cette famille, d'origine chinoise, depuis l'enfance des parents, leur rencontre et la fondation de la famille.

La structure du récit comporte plusieurs retours vers le passé, pour revenir ensuite au présent, de façon très fluide et habile.

Chacun des membres de la famille est analysé, sur ce qu'il est, ce qu'il vit, la place qu'il occupe dans la famille, ce à quoi il aspire. Pour s'apercevoir que cette famille, en apparence "normale" vit en fait en équilibre instable, dans un  climat de frustration et de peur. Bref, il y a un malaise.

Tout d'abord, le couple parental: James Lee, immigré d'origine chinoise, qui a toujours souffert de la différence et des moqueries. Pour lui, se fondre dans la masse, gommer les différences, voilà la garantie d'une intégration dans la société. 

A ses côtés, Marylin, élevée seule par sa mère, vouée à endosser le rôle de la parfaite épouse, bonne cuisinière et irréprochable mère au foyer. Alors que Marylin aurait rêvé d'être médecin, avait entrepris les études pour le devenir. Etudes qu'elle a dû interrompre à sa première grossesse, réduisant à néant ses ambitions. 

L'un et l'autre mettent tous leurs espoirs sur leur fille aînée, Lydia, son père lui préconisant d'être populaire, dans la norme et là où on l'attend; sa mère, elle, l'enjoint à se distinguer, sortir du lot, à se surpasser pour devenir la femme médecin qu'elle n'a pu être.

Cette préférence envers cette enfant qui accepte tout pour être aimée de ses parents a forcément des conséquences sur le reste de la fratrie. Nathan, constamment challengé par son père, qui peine à exister et cherche sans relâche l'attention et l'amour de ses parents. Et Hannah, la petite dernière, complètement transparente aux yeux de tous.

Cette histoire est celle des non-dits, des regrets, des frustrations, d'êtres qui vivent ensemble mais ne se voient pas, ne s'écoutent pas...ne se connaissent pas au fond. Et qui s'aiment mal.

Je vous conseille ce livre qui touche là où ça fait mal, au plus profond de nous-mêmes, sur ce que l'on projette de faire de sa vie, sur la vie que l'on mène finalement. Et j'ajoute que c'est un premier roman. Bravo!

Ma note:

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit - Celeste Ng
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 13:34
Hiver rouge - Dan Smith

Editions Le Cherche-Midi- 2015 pour la traduction française - 464 pages

Quatrième de couverture: 1920, Russie centrale. La terreur s’est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserté l’Armée rouge pour aller l’enterrer dans son village. Mais lorsqu’il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c’est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu. Nikolaï se met alors sur la piste des siens. C’est le début d’une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au cœur d’un pays ravagé par la guerre civile

Voilà plusieurs mois que j'ai ce livre dans ma PAL. Je l'ai commencé puis mis de côté. Pourquoi?

Eh bien parce que j'avais lu dans le cadre du prix Elle le premier titre traduit de cet auteur, Le village. Que j'avais aimé globalement, il s'agissait d'un thriller haletant que j'avais lu avec plaisir, même si je lui reconnaissais quelques défauts.

Seulement, à la lecture d'Hiver rouge, j'ai eu l'impression de lire exactement le même livre: même décor, même époque, même quête d'un homme, ancien soldat, qui part à la recherche de sa famille disparue. Bref, c'était troublant. De ce fait, je n'ai pas eu l'impression de lire quelque chose de nouveau.

Moralité, je vous conseille l'un ou l'autre, Le village ou Hiver rouge, mais pas les deux!

Un grand merci à Solène des éditions du Cherche-Midi qui a eu la gentillesse de m'envoyer ce livre. Je continue à suivre les publications de cette maison d'éditions que j'aime beaucoup.

Ma note:

Hiver rouge - Dan Smith
Hiver rouge - Dan Smith
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 12:07
Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage - L.C. Tyler

Editions Sonatine- 2007 pour l'édition originale - 2012 pour la traduction française- 229 pages

Ethelred Tressider, la cinquantaine, est un écrivain qui écrit sous trois pseudos, des romans sentimentaux, historiques ou policiers. Mais là, c'est dans la vraie vie que cela se passe. Une voiture louée par son ex-femme Geraldine est retrouvée, vide, avec à l'intérieur une lettre d'adieu. Quelques jours plus tard, le corps de Geraldine est découvert : elle a été étranglée...

L'agent littéraire d'Ethelred, la fantasque Elsie, voit ici un scénario inespéré pour un futur livre et ne peut s'empêcher de vouloir mener l'enquête, en embarquant Ethelred.

Rien qu'à la lecture du titre, le ton est donné. On est dans l'humour british sur fond d'intrigue policière. Les personnages sont tous assez pittoresques, en particulier les deux protagonistes. Ethelred se laisse un peu vivre et mener par le bout du nez par son agent littéraire, personnage atypique s'il en est: méprisante envers la littérature dont elle ne voit qu'une source de revenus, accro au chocolat...

Le style d'écriture et le ton du récit se veulent clairement originaux, humoristiques et parfois, ça fait mouche. Faire rire sans être trop cliché et mener une intrigue, il faut bien reconnaître que l'exercice n'est pas simple.

Oui mais non. Malgré tout ces efforts, je n'ai pas réussi à rentrer dans cet univers, j'ai trouvé des longueurs et puis somme toute une histoire un peu faiblarde.

Je savais que le côté marketing du titre à rallonge ne me disait rien qui vaille. Et puis la quatrième de couverture compare le livre à Dix petits negres...faut pas pousser quand même! Après, je m'attendais à pire mais pas sûre que je réitèrerais l'expérience.

Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage - L.C. Tyler
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 13:31
Les visages écrasés - Marin Ledun

Editions Points - 2011 pour l'édition originale- 395 pages

Carole Matthieu, médecin du travail dans une centrale d'appels, doit faire face au désarroi des employés qui font l'objet d'une véritable souffrance au travail. Elle-même à bout, elle commet un soir l'irréparable: elle tire sur un des employés, pour le délivrer de sa douleur.

Cette centrale d'appels renvoie bien sûr à France Télécom qui a connu une vague de suicides sans précédent parmi ses employés. Le témoignage s'avère d'autant plus fort que Marin Ledun a travaillé à France Telecom et sait donc de quoi il parle

Ce livre a suscité en moi des sensations étranges au cours de ma lecture. Une distance d'abord, par le style, très brut, violent, par ce qu'il décrit. Le sujet traité ensuite: on entre dans un monde noir, froid, déshumanisé, où tout le monde survit, y compris le médecin du travail qui carbure elle aussi aux anxiolitiques.

Et une envie de continuer, d'aller plus loin dans le récit, pour se demander jusqu'où on va aller, comment cela va finir. Pas bien, on le sent. Marin Ledun s'attache à nous montrer à quel point la souffrance au travail peut être dévastatrice et avoir plusieurs causes: un changement de poste qui rétrograde, la pression constante, le harcèlent moral ou sexuel...

L'écriture est très nerveuse. Les personnages sont constamment sur le fil, au bord de la rupture. Et finalement, aucun d'entre eux n'apparaît particulièrement sympathique ou attachant. En fait, on a envie que ça s'arrête.

Roman noir? Roman policier? Documentaire? On ne sait pas très bien finalement et probablement les trois à la fois.

Les visages écrasés - Marin Ledun
Les visages écrasés - Marin Ledun
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 17:18
Le tailleur de pierre - Camilla Läckberg

Editions Actes Noirs - 2005 pour l'édition originale- 2009 pour la traduction française

Une petite fille est retrouvée morte, apparemment noyée, dans la petite ville de Fjällbacka. Il s'agit de la fille de Charlotte, une amie d'Erica, la femme de Patrick Hedstrom, policier chargé de l'enquête. Rapidement il apparait que la mort n'est pas accidentelle. L'enquête s'oriente vers la famille, et le voisinage, avec qui les relations semblent plus que tendues.

Troisième opus de la série créée par Camilla Läckberg, où l'on retrouve les personnages récurrents de Patrick Hedstrom, inspecteur de police, et sa femme Erica, tous jeunes parents d'une petite Maja. La petite ville côtière de Fjällbacka est à nouveau frappée par le crime, dont la victime est cette fois une petite fille que le couple connaît bien puisque sa mère est amie avec Erica. Le couple s'est installé depuis peu dans la maison de la mère de Charlotte, Lilian, personnage pour le moins complexe. Elle entretient une véritable guerre avec son voisin, chacun restant campé sur ses positions.

Le mari de Charlotte, Niklas, médecin, adulé par sa belle-mère alors que Charlotte ne récolte qu'humiliation auprès de sa mère, ne paraît pas très clair non plus. D'autant plus qu'ils cherchent à donner un nouveau souffle à leur couple, surtout depuis l'arrivée du petit Albin quelques mois auparavant.

La construction du roman fait s'entrecouper les chapitres où l'on suit le déroulement de l'enquête, par d'autres plus courts qui remontent aux années 1930, avec des personnages, Anders, tailleur de pierre, et Agnes, jeune fille de bonne famille, manipulatrice et cynique, qui voient leurs destins s'unir, au grand dam d'Agnes. On se doute qu'un lien existe entre cette histoire passée et les événements qui secouent aujourd'hui la ville. Mais lequel?

J'ai passé un très bon moment de lecture, même si mon impression reste la même qu'après avoir lu La princesse de glaces et Le prédicateur : on n'est pas au niveau d'un Mankell ou autre Indridason, mais le tout reste tout à fait honorable et plaisant à lire. L'histoire se tient, il y a du suspens, les personnages sont intéressants à suivre, malgré leur côté souvent binaire. Bref, je lirai les autres de la série, c'est sûr.

Le tailleur de pierre - Camilla Läckberg
Le tailleur de pierre - Camilla Läckberg
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Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...