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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 17:29

Editions Robert Laffont - 2017- 185 pages

Albert Barraud fut médecin dans un hôpital de Bordeaux au cours de la Seconde Guerre mondiale. Grand résistant, il est arrêté par les Allemands en avril 1944, puis déporté au camp de Neuegamme. Il n'en reviendra jamais, laissant derrière lui une veuve et deux garçons, dont le père de l'auteure, le cadet, alors âgé de huit ans.

L'ombre de ce grand-père héroïque, dont une rue à Bordeaux porte le nom, a toujours plané sur la famille, mais personne n'en parle vraiment. Et Marie le ressent particulièrement auprès de son père qui ne semble pas considérer son père comme le héros que tout le monde dépeint.

Parvenue à l'âge adulte, Marie part à la recherche de l'histoire de ce grand-père, ouvrant la voie à celle de sa famille et de sa propre vie...

Quel beau livre! J'ai été très émue par cette relation entre le père et la fille, ce père que Marie adule et qui l'impressionne tant. C'est finalement elle qui va panser les plaies de ce père qui parait aussi fort qu'un roc. Cette relation est portée par l'amour, l'admiration et la bienveillance, réciproques. 

L'auteure raconte l'histoire de son grand-père au fur et à mesure de ce qu'elle apprend au cours de ses recherches. Cette histoire, tragiquement banale pour l'époque (j'espère ne pas choquer en disant cela), n'est pas tellement le propos du récit, mais davantage ce que la disparation de cet homme, ce mari, ce père, a eu comme conséquences sur les siens. La difficulté pour les enfants de vivre sans père à leurs côtés, avec le sentiment pour le père de Marie d'avoir été abandonné par son propre père, qui aura "préféré" rester auprès de ses malades plutôt que de sauver sa peau. Et la colère que cela a entrainé chez cet homme au cours de sa vie.

L'auteure met au jour le rapport que nous entretenons avec notre histoire familiale, et la nécessité de la connaitre pour se construire soi-même, quel que soit le type de passé duquel on hérite. Le livre nous parle ainsi de la difficulté de se parler au sein d'une famille, à la suite d'événements tragiques souvent, où les choix ne sont pas toujours expliqués, compris par les uns et les autres, chacun restant avec sa tristesse, sa colère...

Enfin, la dernière partie relate comment Marie, accompagnée de son frère, entreprend le voyage sur les lieux de la déportation et de la mort de leur grand-père. Elle retranscrit avec une infinie émotion les sentiments qui les ont animés, et comment ce voyage aura bouclé la boucle et réconcilié son père avec son grand-père, plus de soixante-ans après.

Ce livre est tout simplement magnifique. Il m'a saisie, émue, j'étais en larmes en refermant le livre. J'ai dû repre,dre mon souffle entre les pages. Marie Barraud livre un témoignage d'amour très touchant, un cri même, pourtant très pudique et délicat, à ses proches, à ce père qu'elle aime tant. Une sincérité bouleversante.

Merci les 68premièresfois.

 

Nous, les passeurs - Marie Barraud
Nous, les passeurs - Marie Barraud
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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:13

Editions JC Lattès - 2017 - 380 pages

Camille habite à Thionville et vient d'obtenir le bac. Elle fête cette réussite avec ses copains lors d'un concert où se produit Eva, son amoureuse. Puis, du jour au lendemain, Eva ne donne plus de nouvelles et ne se présente pas au rattrapage. Camille souffre de cette absence et surtout de ne pas savoir où se trouve celle qui l'apaise tant.

Car Camille, passionnée de dessin, étouffe dans sa propre famille, avec ses parents, en particulier sa mère à qui elle reproche une certaine inertie, et sa petite soeur qui lui suscite de l'indifférence. Camille décide de partir à la recherche d'Eva, en Pologne, pays dont elle est originaire. S'engage alors pour elle un road-trip à travers l'Europe de l'Est, qui lui fait découvrir les gens et le monde, bien loin de ce que lui avait fait imaginer sa mère lors de ses sempiternelles mises en garde.

Ce roman est une sorte de roman initiatique qui fait passer Camille de l'enfant à l'adulte. La première partie traite de l'étouffement que ressent l'adolescente au sein de cette famille de laquelle elle ne se voit aucun point commun. Sa mère qui la décourage sans cesse, notamment pour exploiter son talent de dessinatrice; sa mère encore, à qui elle reproche de ne pas prendre soin d'elle-même, de subir les choses, de se méfier de tout et tout le monde. 

Lorsque Camille entreprend son voyage, elle tombe sur des gens plutôt bienveillants et généreux, bien loin de tout ce qu'on lui avait prodigué jusqu'à présent. Pourtant, le principe de se méfier de tel ou tel type de population apparait ici universel puisque Camille, au travers de ses rencontres, entend encore des mises en garde, totalement infondées.  Alors, en terme de crédibilité, je me permets d'émettre quelques doutes car, sans dire qu'on rencontre des prédateurs à chaque coin de rue, il me semble un peu idyllique de croire qu'il n'y ait que des bons samaritains. Le parcours de Camille m'est apparu alors comme un peu trop heureux.

Dans la dernière partie, Camille revient chez elle à la suite d'un événement dramatique, ce qui la conduit à se recentrer sur sa famille. Elle découvre ainsi une mère qui lui était finalement totalement inconnue, et lui fait voir d'un autre oeil les membres de sa famille qu'elle rejetait auparavant en bloc. Cela permet de mettre en lumière le personnage de l'adolescente avec tout l'égoïsme qui la caractérise. Le manque d'empathie, la colère, la rebellion qui accompagnent la période de l'adolescence. Camille prend conscience que sa mère a eu son âge, avec les mêmes envies, les mêmes émois, les mêmes conflits intergénérationnels. Mais aussi l'angoisse, le doute, cette fébrilité du passage à l'âge adulte.

En résumé, je dirais que ce livre est un roman initiatique, d'apprentissage, qui pâtit de quelques raccourcis et ressorts connus. Je regrette aussi le traitement en surface de certains personnages comme celui du père et de la petite soeur de Camille. Toutefois, il aborde des sujets intéressants. D'abord l'adolescence, à travers les personnages de Camille, Eva, Melike, mais aussi la connaissance de soi et de ceux qui nous entourent, pour peu qu'on prenne le temps de s'attarder sur eux, avec bienveillance. Un roman inégal pour moi.

L'avis de Delphine, que je partage en plusieurs points. Un coup de coeur pour Joëlle et T livres T arts.

Ma note: 

Ne parle pas aux inconnus - Sandra Reinflet
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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 10:20

Editions JC Lattès-2017-376 pages

Victoire et Nicolas, la vingtaine, se rencontrent dans un bar, le soir de la finale de la coupe du monde de football en 1998. Petit à petit leur histoire se construit, jusqu'à leur installation dans un petit appartement parisien. Puis, chacun démarre sa vie professionnelle: Victoire parcourt le monde en tant que journaliste d'une agence de voyage, spécialisée dans les hôtels de luxe; Nicolas travaille lui dans une start-up qui édite des études sociologiques, sur tout et n'importe quoi et dont les conclusions empruntent bien des raccourcis.

Au fil du temps, après des débuts nourris d'espoirs et d'idéaux, la relation de couple s'étiole et chacun cherche ailleurs une échappatoire à son insatisfaction.

Même si lecture et subjectivité vont de pair, il y a certaines lectures dont vous savez qu'elles n'auront pas un effet neutre sur vous. Si ce livre n'avait pas fait partie de la sélection des 68 premières fois, il est clair que je ne l'aurais pas lu. Car l'effet miroir, très peu pour moi. Les deux protagonistes sont de la même génération que moi, Victoire et moi avons le même âge. Tous deux vivent et se posent des questions comme j'ai pu le faire, le fais et le ferais probablement encore. Le processus d'identification, même s'il possède aussi ses limites sur de nombreux points, s'est donc naturellement mis en marche.

Et force est de constater que Marjorie Philibert pose un regard assez juste sur cette génération de trentenaires, pleine d'idéaux et d'ambition, qui ne parviennent pas à accomplir ce qu'il souhaitent dans le temps. Leur vie se résume à une grande insatisfaction, à des frustrations, dont ils sont en partie responsables.

Ce Presque ensemble, c'est tout ce à côté de quoi on passe par manque d'engagement, de temps ou d'envie. Par l'attente que chacun a de l'autre sans en exposer clairement les choses.

Le manque de communication, les lois et les codes dictés par la société, l'envie d'en vouloir toujours plus, tout cela fait que les gens se perdent, n'arrivent pas à s'écouter, ne se comprennent plus. Et que lorsqu'on s'en aperçoit, il est bien souvent trop tard-quoique...

L'humour aussi a sa place dans le récit associé à ce portrait sans concession de ce qu'est aujourd'hui le couple, avec tout ce que chacun range derrière cette notion.

Alors ce roman n'est pas exempt de défauts, notamment certaines longueurs qui font patiner parfois le fil de l'histoire, mais il offre une analyse assez lucide de notre société contemporaine, associée à une écriture tout à fait honorable. Oserais-je avancer qu'il m'apparait comme un roman de génération?

Nota: Le bandeau du livre dessert pour moi l'histoire, d'autant que l'arrivée du fameux chat est vraiment anecdotique.

Ma note: 

Presque ensemble - Marjorie Philibert
Presque ensemble - Marjorie Philibert
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:49

Editions Grasset - 2016- 224 pages

Début des années 90. Gabriel a une dizaine d'années et vit au Burundi avec ses parents et sa petite soeur. Son père, chef d'entreprise, est Français, sa mère est Rwandaise. Ils vivent à Bujumbura , dans un quartier plutôt priviligié, et mène une vie heureuse, entouré de ses copains: les jumeaux, Gino, Armand...avec qui il fait les quatre cent coups.

Peu à peu, l'instabilité politique du pays et les débuts de la guerre au Rwanda voisin viennent perturber cette vie somme toute paisible. Si Gabriel souhaite se tenir le plus éloigné possible de ces bouleversements, il est rattrapé par la violence de cette guerre.

On a beaucoup entendu parler de ce livre, ce premier roman, qui a été récompensé par le Prix Goncourt des lycéens, le Prix du roman Fnac et le Prix du Roman des étudiants France Culture-Télérama. Je craignais de ce fait d'être quelque peu déçue par une attente trop grande. Il n'en fut rien, j'ai beaucoup aimé. 

A travers le narrateur et les personnages du livre, le lecteur perçoit toute la complexité de ce pays, le Burundi, symbole de beaucoup de pays africains. Les parents de Gabriel d'abord, lui est Français, elle est Rwandaise, exilée au Burundi, qui ne s'entendent plus et se séparent. Puis, les voisins ou amis qui composent l'entourage de Gabriel, dans ce quartier d'expatriés où chacun est plutôt privilégié. Et le père de Gabriel et de sa soeur Ana tient à les éloigner autant que possible des questions politiques qui secouent le pays. On voit l'arrivée de la guerre civile, tant au Burundi qu'au Rwanda où le jeune garçon va régulièrement rendre visite à la famille de sa mère. La violence qui s'insinue jusqu'au génocide et ses horreurs.

Gabriel cherche à rester à distance de cette situation, refuse de prendre le parti de la violence. Car il ne se considère que comme un enfant, et qu'un enfant n'a pas à être mêlé à ces histoires. Hutus, Tutsis, la question ne s'était jamais posée auparavant, jusqu'à ce qu'elle lui soit imposée: on est l'un ou l'autre, on ne choisit pas, et l'un est moins bien que l'autre.

Jusqu'au jour où Gabriel ne peut plus rester neutre et  doit, si ce n'est prendre position, en tout cas, constater, subir, vivre avec cette guerre et ses conséquences. Le personnage de sa mère en est le symbole. 

Je comprends très bien que ce livre ait rencontré du succès auprès des lycéens, c'est un très bon premier roman, tout en sensibilité et en tendresse aussi.

Ma note:

Petit pays - Gaël Faye
Petit pays - Gaël Faye
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 13:14

Alma Editions - 2016 - 292 pages

Magdalena, Libuse et Eva, trois générations de femmes, toutes trois nées de père inconnu. De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 80, à travers le récit de ces trois femmes, c'est aussi l'histoire de ce pays, la République tchèque, que l'on suit. C'est d'abord l'avènement du communisme, avec les biens mis en commun, l'obligation d'adhérer au Parti. Puis l'arrivée des Russes lors du Printemps de Prague.

Pour chacune d'elles, leur statut de bâtardes les contraint à redoubler d'efforts pour exister et prendre leur destin en mains. Car de courage, ces femmes n'en manquent pas. Victimes de l'Histoire mais aussi de la lâcheté des hommes, de l'orgueil de ceratines femmes, elles font preuve entre elles d'une grande solidarité et d'une force incroyable. Et pourtant, le destin finit par les rattraper , elles se retrouvent piégées, par amour, par désir ou par la violence. Non par lâcheté mais par aveu d'impuissance, à un moment où l'énergie pour se battre se révèle vaine, elles se résignent. Mais le lien qui les unit reste quant à lui indéfectible. 

J'ai aimé tous ces personnages féminins, que la vie n'a pas épargné, mais aussi certaines figures masculines également touchantes. 

Lenka Hornakova-Civade signe ici un superbe premier roman, de très beaux portraits de femmes. Elle explique, dans la post-face, l'origine de ce livre, puisée dans ses propres racines tchèques, et cette sincérité se ressent tout au long de cette histoire.

Le livre a obtenu le Prix Renaudot des lycéens.

Ma note:

Giboulées de soleil - Lenka Hornakova - Civade
Giboulées de soleil - Lenka Hornakova - Civade
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 16:29

Editions Zoe - 2016- 140 pages

Une jeune femme, d'origine franco-coréenne, travaille dans une pension dans la station balnéaire de Sokcho, dans le nord de la Corée du sud. Un homme, pensionnaire, Français, auteur de bandes dessinées, vient y séjourner pour trouver l'inspiration. Ces deux êtres s'observent, se cherchent, se frôlent, le temps d'un hiver à Sokcho.

Ce court roman s'inscrit dans la catégorie des livres poétiques, lyriques, qui restituent une atmosphère où les cinq sens sont en éveil. Le lieu est important, c'est l'hiver, il fait froid. La nourriture, les odeurs occupent une place à part entière dans le récit.

Cette petite ville semble comme paralysée en cette saison, accentué par le fait que c'est à Séoul que les choses se passent, si on veut réussir. Quitte à en passer par la chirurgie esthétique, comme on irait chez le coiffeur, pour améliorer son apparence.

Au milieu de cette inertie, ces deux êtres se cherchent, s'attirent, comme en dehors du monde.

Je ne peux pas dire que ce livre soit dépourvu de qualités, on ressent de la délicatesse, de la poésie mais je reste souvent uniquement spectatrice de ce type de récit. 

Ma note:

 

Hiver à Sokcho - Elisa Shua Dusapin
Hiver à Sokcho - Elisa Shua Dusapin
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 13:39

Editions Le Rouergue - 2016- 176 pages

Chevalier vit seul dans sa ferme. Il a bien quelques voisins, le père Meune avec qui il passe un peu de temps, et un couple avec deux enfants à qui il n'a jamais vraiment parlé. Il travaille à l'usine et aime pêcher avec ses amis, Ségur et Flavio.

Ce samedi-soir, il se retrouve sur le chemin d'une voiture accidentée. Il se porte au secours de ses occupants, un homme et deux femmes, qu'il n'a jamais vu, et qu'il parvient à sortir vivant de la carcasse. Cet événement va chambouler la vie tranquille et sans relief de Chevalier.

Ce livre est un peu hybride, il est à la fois réaliste et intemporel. Ancré dans la réalité car on comprend que l'intrigue se situe en milieu rural, que le personnage est un jeune homme (la petite quarantaine??), qu'il vit seul, qu'il travaille dans une usine, qu'il a une mère avec laquelle il entretient peu de relations, des soeurs qui ont toutes quitté le village. 

A côté de cela gravitent des personnages, si n'est mystérieux, en tout cas intrigants: les voisins, qui ne sont pas nommés autrement que par leur condition de voisins, dont on sait peu de choses; une jeune femme rescapée de l'accident de la route, dont on apprend finalement très peu d'éléments, qui fait presque figure d'OVNI...Le village lui-même n'a pas de nom propre.

C'est cette dualité qui est intéressante dans le livre car elle traduit ce qui pour moi constitue le fond du propos: les relations sociales, avec des gens que l'on voit ou côtoie tous les jours mais qu'on ne connait pas. Chacun vit dans son individualité, pas au sens péjoratif du terme, mais plutôt enfermé dans sa routine. Il y a du repli sur soi chez ces gens, assez caractéristique de notre monde rural contemporain (même si le milieu urbain n'y échappe pas, mais il se manifeste sous une autre forme). Les rares amis que Chevalier possède, ceux qu'il pense connaitre par coeur, sont amenés à le surprendre, à le bousculer même, et à lui faire prendre conscience que se voir ne signifie pas nécessairement échange et connaissance de l'autre. 

De même, le personnage de la tenancière du bar du village, veuve, que sait-il vraiment d'elle, hormis ce qu'on en dit dans les rumeurs? Et Claudie, l'infirmière, l'amour de jeunesse de Chevalier, lui a-t-il jamais fait part de ses sentiments? Car dans ces milieux, on ne se livre pas, on ne se parle pas, pas pour rien dire en tout cas, et exprimer ses sentiments, eh bien, c'est une perte de temps. 

Voilà un beau premier roman, tout en finesse, qui met l'accent cependant sur les codes d'un monde parfois bien rude, où les hommes ne savent plus communiquer entre eux.

Ma note: 

Le monde entier - François Bugeon
Le monde entier - François Bugeon
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 10:14

Editions Lemieux - 2016- 160 pages

Gabrielle Clair est ministre du Travail. Quadra ambitieuse, elle entend s'imposer chaque jour dans ce monde politique peuplé de machos et ponctué de remarques sexistes. Et cette carrière lui permet aussi de tenir sa revanche sur une vie qui a basculé pour elle un après-midi, à douze ans, lorsqu'elle a été violée par un garçon de son collège.

Autant le dire d'emblée, je n'ai pas du tout apprécié ce livre. Tout au long de ma lecture, je me suis demandée pourquoi avoir choisi la vulgarité et la description dans les moindres détails de scènes atroces pour exprimer la violence, alors que l'ellipse est souvent bien plus percutante pour faire passer ce type de message. 

Le choix des sujets abordés (les conséquences d'une agression, le sexisme, le fait d'être femme en politique...) n'est pas tant le problème car ils sont intéressants, mais ils pâtissent vraiment de la façon dont les a abordés l'auteure. Le langage cru, les descriptions à la limite de l'insoutenable, l'écriture contribuent au manque cruel d'analyse, de profondeur, de finesse et de subtilité dans le traitement de sujets qui l'auraient pourtant bien mérité. Et cela dessert complètement le propos.

Car cela rend la lecture laborieuse, et finalement qu'en reste-t-il? Pas grand chose, l'impression de bâclé, et de l'indifférence et je me demande même si ce n'est pas pire.

Bref, ce livre me laisse une impression très désagréable mais aussi d'incompréhension.

Ma note:

 

Garde-corps - Virginie Martin
Garde-corps - Virginie Martin
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 13:20

Editions Gallimard - 2016 - 227 pages

Après avoir été mère au foyer pour s'occuper de ses deux enfants, Mila et Adam, Myriam souhaite reprendre son métier d'avocat. Paul, son mari, d'abord réticent, l'encourage finalement dans cette idée. Ils décident d'engager une nounou à domicile et leur choix se porte sur Louise, une femme discrète et qui se révèle être une nourrice parfaite. Toujours disponible et dévouée, le couple fait de plus en plus appel à elle, si bien que Louise prend place dans la famille. Jusqu'au drame...

...qui est annoncé dès les premières pages. Le bébé est mort. Le récit s'attache à retracer le parcours somme toute banal de ce jeune couple, ayant trouvé la perle en la personne de Louise, et qui n'a pas vu, ou pas voulu voir, la tournure malsaine que pouvait prendre une telle situation. La liberté qui leur était offerte par la présence presque sans faille de la nounou avait un prix.

Ce personnage de Louise, dont on ne presque sait rien, auquel Paul et Myriam ne s'intéresse pas ou peu, comme pour mettre un voile sur une situation d'isolement et de misère qu'ils ne veulent pas voir. Ce n'est pas leur problème, eux sont employeurs, pas besoin d'aller chercher plus loin. Elle fournit un travail, eux la rétribuent, point barre.

Le lecteur lui en apprend un peu plus sur cette nounou, soumise depuis toujours, par son mari violent et autoritaire, mais aussi cruelle avec sa fille Stéphanie, qu'elle a toujours traitée différemment des enfants dont elle avait la responsabilité. Et surtout seule, perdue, qui vit dans un taudis qu'elle tente de maintenir propre, que lui loue un marchand de sommeil. Et le lecteur, lui encore, connaît le dénouement de l'histoire.

Le style de Leïla Slimani est très sec, tranchant et meme clinique parfois. Je n'ai pu m'empêcher de ressentir un sentiment de malaise au cours de la lecture, dont je n'arrive pas à dire s'il est nécessaire ou non. L'auteure parvient à faire de cette histoire qui pourrait etre celle de beaucoup de foyers d'aujourd'hui (du moins dans sa situation de départ) un livre d'une grande maîtrise.

Ma note: 

Chanson douce - Leïla Slimani
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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 12:02

Editions Stock -2012 pour l'édition originale- 2013 pour la traduction française- 449 pages

1918, Australie. De retour des tranchées, Tom, jeune homme sans famille, rencontre Isabel, une jeune fille bourgeoise qui l'attire par sa simplicité et sa joie de vivre. Après leur mariage, ils partent tous deux s'installer sur une île reculée et sauvage , où Tom vient d'accepter un poste de gardien de phare. 

Le jeune couple coule des jours heureux mais ce bonheur s'assombrit peu à peu à la suite des fausses couches d'Isabel. Le mal d'enfant devient pesant. Alors qu'Isabel tente de se remettre d'une nouvelle fausse couche survenue quelques jours plus tôt, une embarcation vient s'échouer , avec à son bord un homme mort, et un bébé de quelques mois à peine, qui parait en bonne santé. Et si cet enfant était celui que le couple n'attendait plus? Tom et Isabel décident de recueillir cette petite fille et de la présenter comme la leur.

 

Le thème de la maternité occupe une place centrale dans ce livre, sur ce qu'est être mère: d'avoir donné la vie à un enfant suffit-il à être une mère plus légitime que celle qui élève un enfant, sans lien biologique (pareil pour un père)? La question n'est pas aisée à trancher...

Un des thèmes sous-jacent réside aussi dans la douleur et le désespoir que peuvent provoquer le mal d'enfant, l'impossibilité de procréer. Cet état est d'autant plus accentué par la situation d'isolement dans laquelle se trouve le couple, sur cette île à la fois magnifique mais terriblement difficile.

Bien sûr, le récit va subir des rebondissements, répondant ainsi aux codes les plus classiques du roman, voire du mélo, mais la dernière partie le sauve de cet écueil. Un bon moment de lecture.

 

 

 

 

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Challenges

Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...