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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 14:16
De nos frères blessés - Joseph Andras

Éditions Actes Sud - 2016 - 140 pages

Alger, 1956. Fernand Iveton, ouvrier, soutient le peuple algérien dans son combat pour la liberté à disposer de lui-même. Il s'engage auprès d'un petit groupe clandestin et pose une bombe dans l'usine où il travaille, à l'écart des ateliers. Car l'objectif n'est pas de faire des victimes mais de marquer les esprits. La bombe est decouverte avant qu'elle n'explose et Fernand est arrêté. Emprisonné, assisté d'un avocat, l'un comme l'autre sont plutôt confiants sur la suite donnée à cette affaire, dans la mesure où il n'y a pas eu de victimes. Mais c'est sans compter sur les tensions politiques et de l'opinion publique autour du conflit algérien...

Ce petit livre (140 pages) entend faire œuvre de mémoire autour de la figure de Fernand Iveton, jeune Français de trente ans, vivant en Algérie, où il était arrivé avec ses parents alors qu'il était encore enfant. L'Algerie, c'est sa terre, et il apporte son soutien à ceux dont il considère légitime qu'ils aspirent aux mêmes droits et à la même liberté que les Français de métropole. Fernand n'est pas un politique, il croit en ses idéaux, a foi en la liberté, l'égalité et la justice. Et le but de l'action de poser une bombe est bien de marquer les esprits, éveiller les consciences et surtout ne pas faire de victimes. Il appartient à un petit groupe d'idéalistes comme lui, quatre ou cinq personnes tout au plus.

D'abord serein, il réalise au fur et à mesure de sa détention que les choses risquent de ne pas tourner en sa faveur. Il est dépeint comme un terroriste pour l'opinion publique, et les "événements d'Algérie " tendent chaque jour de plus en plus la classe politique française. Il faut donc envoyer un message fort pour dissuader cette rébellion. Fernand Iveton le paiera de sa vie. Incontestablement, il aura fait figure d'exemple - l'épilogue du livre va en ce sens. Cette justice, à laquelle il croyait tant, ne lui aura pas rendu la pareille. Le livre raconte les méthodes policières, la torture.

D'un autre côté, cet état de fait suscite la réflexion. Que Fernand Iveton ait servi d'exemple, dans un contexte bien particulier, c'est indiscutable. Seulement, où place-t-on la limite dans le jugement d'une personne qui pose une bombe, pour la considérer ou non comme terroriste? La réponse n'est pas simple. Ce livre traite d'un fait historique, sur lequel nous avons aujourd'hui un peu de recul, mais la question se pose tous les jours. En tous cas, cela mérite réflexion, et c'est tout l’intérêt pour moi de ce genre de livres. Je serais curieuse de savoir pourquoi l'auteur a choisi ce thème et cette figure pour son premier roman

De plus, l'écriture est très belle, je ne saurais donc que trop vous conseiller la lecture de ce livre.

Il a obtenu le Prix Goncourt du premier roman -ce qui a fait scandale car il ne figurait pas dans la liste finale- mais son auteur l'a refusé.

Ma note:

De nos frères blessés - Joseph Andras
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 13:13
Brillante - Stéphanie Dupays

Editions Mercure de France - 2016- 180 pages

Claire est une femme heureuse et épanouie. Tout lui sourit: elle occupe une place importante au service marketing d'un grand groupe agro-alimentaire où elle relève brillamment les défis qui lui sont proposés. Elle vit avec Antonin, son pendant masculin, qui travaille dans la finance. La réussite professionnelle et sociale, voilà ce qui définit et motive Claire.

Seulement, le jour où sa chef, avec qui elle était jusqu'alors très complice, la tient à distance afin d'éviter de lui faire de l'ombre, Claire vit très mal cette mise en quarantaine, remettant en cause tous ses repères.

S'il n'avait été proposé par l'opération Les 68 premières fois, je n'aurais jamais lu ce livre. Déjà la couverture puis l'histoire, voilà qui signifiait pour moi chick-lit teintée de mom-porn. Finalement, on n'est pas tout à fait dans ce registre-là. Le livre traite du monde impitoyable du travail, dans un univers bien particulier, celui d'un grand groupe où chacun doit tirer son épingle du jeu pour exister. On est constamment dans un jeu de séduction, tant physique que mental. On monte très vite, la chute s'en trouve d'autant plus difficle lorsqu'elle survient.

L'auteure décrit tous les codes d'appartenance à ce monde, parisien, où l'on existe par sa réussite, son argent, son pouvoir, méprisant ceux qui ont plus foi en les relations humaines. Jusqu'à ce que la disgrâce recentralise un peu les vraies valeurs.

Alors bien sûr, cette peinture sonne plutôt juste, même si les personnages et les situations frisent parfois la caricature. J'ai pu m'identifier, reconnaitre des situations auxquelles je suis parfois confrontées. Très bien. Seulement, je n'ai rien appris et le tout reste tout de même très classique assez prévisible. Bref, sans plus.

Ma note:

Brillante - Stéphanie Dupays
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 17:05
Branques - Alexandra Fritz

Éditions Grasset- Collection Le Courage- 2016-150 pages

Quatre patients d'un hôpital psychiatrique :Jeanne, trente ans, dont on lit des extraits de son journal intime; Tête d'ail, Mélanie alias Isis, jeune maman et Frisco. Ils prennent tour à tour la parole pour mettre des mots sur leurs sentiments, dans cet univers si particulier.

Je ne sais que dire de ce livre et mon résumé s'en ressent je pense. Je ne suis pas rentrée dans cette histoire, je n'ai pas été touchée, ni par les personnages, ni par l'écriture. J'ai essayé mais j'ai abandonné à la moitié, ce livre n'était pas fait pour moi.

Ma note:

Branques - Alexandra Fritz
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 06:00
Comme neige - Colombe Boncenne

Éditions Buchet Chastel, collection Qui vive- 2016- 114 pages

Constantin Caillaud, la cinquantaine, comptable dans une imprimerie parisienne, découvre par hasard dans le coin des soldes de la maison de la presse de Crux-la-Ville, un livre intitulé Neige noire d'Emilien Petit, un de ses auteurs favoris. Emballé par cette decouverte, il déchante vite quand il s'aperçoit que nul n'a entendu parler de ce livre, remettant ainsi en doute son existence même, d'autant plus qu'il n'arrive pas à remettre la main sur son exemplaire. Mais ce livre, il l'a pourtant bien eu entre les mains?

Comme annoncé dans la quatrième de couverture, ce court roman entend emmener le lecteur sur le terrain de la frontière ténue entre la réalité et la fiction. Et c'est effectivement le cas et ce sujet, pas de chance, j'en ai eu ma dose. Donc au niveau de l'histoire, je l'ai suivie mais sans plus.

En revanche, j'ai beaucoup plus accroché avec le style de cette jeune auteure que j'ai touvé vraiment très bon. Ce livre est bourré d'humour, fin. Comme je l'ai dit, l'histoire ne m'a pas emballée plus que ça et pourtant j'ai lu avec énormément de plaisir. Le tour que prend le récit se révèle particulièrement original, et inattendu, notamment quand Constantin se met à écrire à des écrivains, amis d'Emilien Petit, qui sont de vraies personnes : ainsi sont mis en scène Jean-Philippe Toussaint, Olivier Rolin...j'ai trouvé cette idée très drôle.

Une belle decouverte et un début très prometteur.

Ma note :

Comme neige - Colombe Boncenne
Comme neige - Colombe Boncenne
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 09:55
Encore - Hakan Günday

Editions Galaade - 2015 pour l'édition originale et la traduction française- 371 pages

Gaza n'a que neuf ans lorsqu'il est initié au métier de passeur de clandestins qu'exerce déjà son père. Très vite, il est confronté à la déshumanisation , de ces clandestins qu'on appelle marchandises, et puis aussi à la sienne.

La première partie du livre traite de l'activité de passeur, à travers les yeux d'un enfant d'une dizaine d'années puis adolescent, plongé très tôt dans ce monde de violence, sans pitié qu'est le trafic d'êtres humains. Au début réticent à suivre les traces d'un père (il est orphelin de mère), un personnage cynique et insensible, dont il ne sait s'il faut l'aimer ou non, il perd rapidement toute forme d'humanité face à cette marchandise qu'il faut emmener d'un point A vers un point B, sans encombre, c'est-à-dire sans en perdre. C'est pourtant ce qui arrive un jour à Gaza qui, faute d'avoir ouvert une porte pour laisser le minimum d'oxygène nécessaire, laisse mourir un clandestin afghan. Et cette mort va le hanter toute sa vie. S'ensuivent des viols, des tortures psychologiques.

Puis, à la suite d'un événement dont je ne dévoile rien ici, Gaza va s'engager sur le chemin de la rédemption. Mais celui-ci est long et semé d'embûches. Parce que Gaza est un être très abîmé, pas si facile à réinsérer pourrait-on dire. Son instinct de dominateur, voire de predateur qui lui a ete inculqué tout petit le rattrape souvent.

J'ai beaucoup aimé la première partie du livre. Le récit est glaçant mais très empreint de réalisme. L'auteur montre bien que son personnage a appris très tôt ce qu'était l'instinct de survie, la loi du plus fort aussi , l'idée de sauver sa peau, à l'instar de ce que lui relate son père au tout début du livre (il a survécu au naufrage d'un bateau en volant la bouée de sauvetage d'un vieil homme malade). Toute l'activité de passeurs ne se limite pas qu'à quelques personnes mais qui continue de fonctionner avec la complicité de policiers, des notables corrompus à qui l'on verse des pots-de-vin.

Pour ce qui est de la seconde partie, je ne sais pas si cela est trop abstrait pour moi, mais j'ai décroché. Le rythme devient plus lent, j'ai trouvé que le récit manquait de souffle à moment-là. Pourtant, la réflexion sur la possibilité d'une rédemption chez des gens qui ont baigné dans la violence sous toutes ces formes mérite d'être soulevé, j'en conviens parfaitement, mais je me suis un peu perdue..

Une lecture en demi-teintes, mais toute la partie sur le trafic d'êtres humains est particulièrement saisissante.

Ma note:

Encore - Hakan Günday
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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 12:56
Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre

Editions Albin Michel - 2016- 279 pages

1999, Beauval, un village (petite ville) de région parisienne. Antoine, douze ans, est un enfant plutôt solitaire qui passe ses journées à construire des cabanes dans la forêt de St-Eustache. Il est souvent rejoint par Rémi, le fils des voisins âgé de six ans. Ce jour-là, mû par le chagrin de la mort du chien desdits voisins auquel il était attaché, dans un accès de colère et de violence incontrôlés, il tue le petit Rémi et dissimule son corps dans les bois.

Au bout de quelques heures, la disparition du petit garçon met en ébullition le village. Tout le monde part à sa recherche et Antoine s'attend à ce que le corps soit découvert et qu'il soit arrêté. Mais quelques jours plus tard, une terrible tempête s'abat sur Beauval, causant de nombreux dégâts. Les priorités changent...

Déjà, Pierre Lemaitre, je suis d'emblée séduite. Et cette lecture ne fait que confirmer. J'ai dévoré ce livre, bien qu'elle provoque un sentiment de malaise constant, que la lecture se révèle éprouvante. Notamment dûe au fait que nos sentiments envers Antoine sont divergents: d'un côté, on comprend que cette mort est un accident, le coupable n'a que douze ans. De l'autre, force est de constater que les faits sont là, un petit garçon a perdu la vie, une famille a perdu un fils ou un frère, et des suspects sont arrêtés. Antoine, tout jeune qu'il est, doit payer pour son crime. On est constamment tiraillé entre les deux sentiments.

Et puis, au milieu de tout ça, survient une tempête, qui redistribue les cartes, les priorités dans ce village. L'auteur nous livre une description plutôt âpre de ces villages figés, immuables, où les enfants prendront la place des parents, dénues d'ambition. Et cette image qu'a Antoine de ces gens, mais au fond, vaut-il mieux? Si oui, en quoi? Car en grandissant, le personnage d'Antoine devient de plus en plus antipathique. Et lorsqu'il reviendra à Beauval quelques années plus tard, il sera à nouveau confronté au passé.

J'ai lu quelques avis très mitigés sur la blogosphère mais en ce qui me concerne, j'ai été conquise.

Les avis deSandrine qui a aimé,Jérôme et Delphine qui l'on moins aimé...mais j'ai envie de vous donner envie!

Ma note:

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 13:34
Le dernier gardien d'Ellis Island - Gaëlle Josse

Editions Noir sur Blanc - 2014 - 176 pages

Quatrième de couverture:

New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’événements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.

À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

John Mitchell nous livre donc ici ses souvenirs de toutes ces années passées sur cette île, sur laquelle il vit, il a ses repères. Il explique être très peu revenu sur le continent, quelques heures tout au plus. Cette île qui abrite le centre d'immigration, le point d'arrivée de tous ces immigrants venus chercher en Amérique un nouveau départ, parce qu'ils fuient un pays en guerre, une situation familiale difficile...Une fois arrivés à Ellis Island, à la suite d'une traversée éprouvante le plus souvent, dans des conditions particulièrement chaotiques, ils subissent une batterie de tests, dont les résultats vont dépendre de leur avenir. Va-ton les juger aptes à fouler le sol américain? Vont-ils être considérés comme intégrables à la société américaine? Vont-ils obtenir le fameux sésame qui leur ouvrira les portes d'une nouvelle vie? Quant à ceux qui sont refoulés, leur voyage s'arrête là.

Ce gardien d'Ellis Island relate ces épisodes, auxquels il a pris part lui aussi, dans le bon ou le mauvais sens, le pouvoir, l'ascendant que ce personnel de l'île possédait sur ces gens dont l'avenir dépendait d'eux. Il raconte les différents profils, toutes ces nationalités rassemblées qui nécessitait la présence de plusieurs interprètes. L'auteure nous fournit également des éléments sur la construction de la ville de New-York, étroitement liée à l'afflux de ces immigrés.

Tout cela sous la plume délicate de la talentueuse Gaëlle Josse.

Le dernier gardien d'Ellis Island - Gaëlle Josse
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:48
D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan

Editions JC Lattès - 2015- 479 pages

Delphine De Vigan situe le début du roman quelques temps après la sortie de précédent livre, qui a rencontré le succès que l'on sait. Elle participe encore à des rencontres et manifestations autour de ce livre, mais sent une ceratine lassitude, une fatigue la gagner. Il faut que cela se calme, qu'elle retrouve une vie plus paisible, plus anonyme.

A l'occasion d'une fête où elle se rend avec une amie, elle fait la connaissance d'une autre jeune femme, L. Petit à petit une relation d'amitié s'installe, même si Delphine sait finalement epu de choises sur cette nouvelle amie, si ce n'est qu'elle est nègre pour des gens célèbres, et qu'elle est veuve. Une sorte de dépendance commence à naître, difficilement explicable. Dans le même temps, Delphine doit s'atteler à l'écriture de son prochain livre mais peine à trouver l'inspiration.

D'après une histoire vraie...le titre colle tout à fait au sujet du livre. On ne sait jamais vraiment ce qui relève de la réalité et de la fiction. L'auteure en fait d'ailleurs un point de réflexion, ce besoin des lecteurs de savoir que tel ou tel récit est vrai, ou fictif. Eh bien je fais partie de ces lecteurs parce que cette ambivalence m'a gênée. Lorsque je lis un livre, je m'attends à lire une histoire, un vécu, une expérience, vécue ou non. Seulement là, je trouve que l'ambiguïté est poussée trop loin. Tout est présenté comme un récit autobiographique, alors que finalement rien n'est sûr. J'ai eu le sentiment d'être baladée, d'être menée en bateau et cela m'a déplu. Comme le dit un des lecteurs que Delphine de Vigan rencontre, les choses ne sont pas claires, ce qui met en doute la sincérité. En fait, je crois que je n'ai pas envie de me poser toutes ces questions lorsque je lis un livre.

Il y a du suspens, on ne sait vraiment pas comment cette amitié, aux accents malsains, va évoluer. L'auteure propose une réflexion intéressante sur l'amitié, sur qui sont ceux que l'on considère comme nos amis, sur nos habitudes. Et puis ce pourquoi on va être attiré par telle ou telle personne, sur ceux qui composent notre entourage, la place qu'on leur accorde, celle que l'on pense occuper, nos attentes. J'ai aimé ces pistes de réflexion.

Ensuite, même si j'ai moins accroché sur cette thématique, l'auteure parle de ce qui anime un écrivain, cette sorte d'obsession liée à l'écriture. Je me sentie assez loin de ces préoccupations, qui ne collent pas à mon quotidien.

Et puis, il y a le dénouement, qui m'a agréablement surprise...Et une écriture vraiment agréable à lire.

Ma note:

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 13:21
Check-point - Jean-Christophe Rufin

Editions Gallimard - 2015 -

1995. Maud, Lionel, Marc, Alex et Vauthier partent en missions humanitaire en Bosnie pour porter des vivres, vêtements et médicaments aux civils victimes de la guerre. Maud est une jeune femme en quête d'un sens à sa vie, Lionel, fumeur de joints, cherche à s'affirmer en prenant la responsabilité de cette mission, Alex et Marc sont deux anxiens militaires, Vauthier, lui, personne ne sait trop d'où il vient et pourquoi il est là.

Le convoi est composé de deux camions. Au fur et à mesure du voyage, chacun découvre les motivations, plus ou moins avouées des uns et des autres. D'autres s'interrogent sur les véritables raisons de leur propre engagement.

Le convoi arrivera-t-il à son but?

Check-point c'est un peu Le salaire de la peur. On apprend assez vite la véritable nature d'une partie du chargement, pas seulement composé d'objets à des fins humanitaires. L'incertitude, le doute s'installent, ainsi que la peur à chaque check-point, ces points de contrôle qui séparent deux territoires.

Cette histoire se déroule comme un huis-clos, avec la tension qu'il présuppose, la méfiance à l'égard des uns et des autres. Deux clans se distinguent petit à petit: Alex, Marc et Maud d'un côté, Lionel et Vauthier de l'autre. Mon intérêt a été plutôt inégal au cours de ma lecture. Et ce qui m'a empêchée de rentrer vraiment dans l'histoire tient probablement au fait que je n'ai trouvé aucun personnage sympathique - à part peut-être Alex. Je ne me suis attachée à aucun d'eux, Maud m'a d'ailleurs particulièrement agacée. Je reconnais pourtant le travail de l'auteur sur ses protagonistes.

Ce que j'ai trouvé intéressant en revanche, c'est la réflexion que Jean-Christophe Rufin propose sur l'humanitaire aujourd'hui. Il s'attarde sur cette question dans la postface. Pour lui, depuis les événements terroristes qui frappent l'Occident depuis le début du XXIème siècle, l'action humanitaire ne peut plus se contenter d'être ce qu'il est, c'est-à-dire une aide (vêtements, médicaments...) aux populations. L'engagement devient inévitable, avec des actions associées qui pèseront sur l'issue d'un conflit. Il explique d'ailleurs avoir pris comme toile de fond la guerre serbo-croate dans les années 90, conflit assez peu connu, dont il n'est pas forcément nécessaire de connaitre les détails. L'important, c'est le contexte de guerre.

Un livre qui propose donc une réflexion intéressante mais un récit qui manque parfois de souffle.

Check-point - Jean-Christophe Rufin
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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 13:47
Les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin avec Alex Beaupain

Editions JC Lattès - 2015- 370 pages

Isabelle Monnin a un jour fait l'acquisition d'un lot de photos sur Internet, pour dix euros, d'une famille qu'elle ne connait pas. Attirée par ces clichés, elle décide d'inventer l'histoire des personnes qui y figurent (le roman). Puis, animée, poussée par le besoin d'en sevoir plus, elle décide de partir à la recherche de ces vraies gens (l'enquête).

J'ai aimé l'originalité de la démarche que l'auteure explique de façon très sincère. Cet attrait inexplicable pour ces photos, le besoin d'écrire dessus. Des photos somme toute très banales, très ordinaires.

La partie roman qui a été engagée en premier et qu'elle s'est refusé à toucher après, dans une démarche honnête. Puis ce besoin d'en savoir plus, de partir à la recherche de ces anonymes, de cette famille qui lui semble pourtant si familière.

Une réflexion sur l'objet photo, de par la façon dont elle en a fait l'acquisition: ces photos ont une histoire, laquelle histoire appartient à des gens, des inconnus, qui s'en sont ensuite débarrassé. Isabelle Monnin en est aujourd'hui propriétaire, des photos, mais qu'en est-il de l'histoire qui s'y rattache?

Et ensuite l'enquête, la partie que j'ai préférée, la journaliste reprend le dessus, qui la mène dans sa région natale, à quelques kilomètres seulement des lieux de son enfance. Les découvertes, les noms, les vrais cette fois, mis sur des visages, des parcours, dévoilés par ceux du village qui ont connu ces gens. Et des coïncidences qui font penser que l'inconscient est parfois sacrément fort.

J'ai aimé l'originalité, la sincérité de l'entreprise, la volonté d'aller au bout des choses, en toute transparence et en toute honnêteté. Ce qui a permis de passer au second plan un style d'écriture avec lequel je n'ai pas toujours été accrochée.

Cette démarche, qui m'a touchée, nous interroge sur notre propre histoire, sur le rapport que nous avons nous-mêmes avec nos parents, nos grands-parents, notre famille au sens plus large. Que sait-on vraiment d'eux, de leur vie avant nous et quand nous étions là? Qu'en reste-t-il aujourd'hui que certains de nos proches ne sont plus là? Je me souvenue, lorsque ma grand-mère était encore vivante (et qui me manque toujours trois ans après son décès) m'être dit qu'il faudrait consigner ses mémoires, par l'utilisation d'un dictaphone, comme l'a fait Isabelle Monnin. Et puis, on est pris par le quotidien, on ne le fait pas, et puis on a des regrets.

Restait à savoir comment introduire le CD de chansons dans cette lecture. J'ai commencé à l'écouter alors que le chapitre sur l'enquête était déjà bien entamé, c'est-à-dire que toutes les personnes des photos(ou presque) avaient été identifiées. Puis je l'ai finalement écouté en entier à la fin de ma lecture, où on découvre la voix de certains protagonistes.

Pour toutes ces raisons, cette lecture est un coup de coeur.

Les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin avec Alex Beaupain
Les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin avec Alex Beaupain
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Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...