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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 10:43
L'homme de la montagne - Joyce Maynard

Editions Philippe Rey - 2013 pour l'édition originale- 2014 pour la traduction française - 319 pages

Eté 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, vit avec sa mère et sa sœur Patty, onze ans, dans une petite maison, à proximité d’une montagne où les deux sœurs aiment se retrouver, s’évader.

Cet été- là, un mystérieux tueur s’en prend à de jeunes femmes et crée la psychose dans le quartier. C’est le père de Rachel et Patty, le séduisant inspecteur Anthony Torelli qui mène l’enquête. Enquête qui s’avèrera être un échec cuisant pour lui, et dont il ne se remettra vraiment jamais. Trente ans plus tard, Rachel, devenue écrivain, se souvient…

Joyce Maynard signe ici un roman axé sur trois thèmes. Tout d’abord l’adolescence, ses doutes, ses questionnements, ce délicat passage de l’enfance à l’âge adulte. La mise en avant de son père permet à Rachel d’acquérir une petite notoriété auprès des jeunes de son âge. Elle goute ainsi à une popularité qui lui faisait défaut jusqu’alors, fréquente les filles les plus en vue du collège, le garçon qui attire tous les regards. Elle fait donc l’expérience de ce qui lui faisait tant envie, relations qui s’avèrent très vite insipides. Et comment trouver une place à sa petite sœur au milieu de tout ça ?

L’auteure pose un regard très tendre sur ces deux sœurs inséparables, indispensables l’une à l’autre. Patty, pourtant la plus jeune, fait preuve d’une bienveillance continuelle envers sa grande sœur. A la vie, à la mort, c’est bien le type de lien qui les unit.

Enfin, ce roman est un véritable cri d’amour au père. Ce père aimé, attendu, admiré. La figure paternelle contraste avec celle de la mère, inexistante. Ce père, séducteur invétéré, un peu à l’ancienne, qui porte toutefois un amour sans faille à ses filles et une tendresse touchante à leur mère.

J’ai trouvé beaucoup de similitudes avec Long week-end : narratrice adolescente, mère meurtrie par le départ du père, éveil à la sexualité. Ces thèmes sont bien exploités, intéressants, mais alors, que de longueurs ! J’ai eu souvent le sentiment que l’auteure tournait en rond alors que le dénouement, plutôt soudain, aurait mérité plus de développement selon moi. Et j’ai été gênée par le fait de me demander s’il s’agissait ou non d’une autobiographie.

Une déception donc mais je continuerais à suivre l’auteure.

Ma note: 2.5 / 5

L'homme de la montagne - Joyce Maynard
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 10:52
Constellation - Adrien Bosc

Editions Stock- 2014- 196 pages

Le Constellation, reliant Paris à New-York, c'est l'avion à bord duquel est mort Marcel Cerdan en octobre 1949. En parallèle du récit de ce drame, l'auteur s'attache à retracer la vie, ou en tous cas des morceaux de vie, le contexte de leur présence dans cet engin, des passagers de vol.

Ce que je voudrais mettre en avant c'est la qualité de l'écriture. Quelle maîtrise, c'est vraiment remarquable, et pour moi le point fort de ce roman.

Le récit, qui fait revivre le temps de quelques pages ces personnes, anonymes ou non, est intéressant. Adrien Bosc n'inonde pas de détails inutiles, il a su doser juste ce qu'il faut.

Ce qui m'a manqué, c'est un fil conducteur, un lien entre tous ces personnages, qui n'ont de commun que le fait d'avoir été passagers de ce vol et d'en être morts. J'ai ressenti une lassitude au bout d'un moment face à cette succession d'histoires, qui ont le mérite de ne pas être longues, je le répète.

J'ai néanmoins été touchée par l'importance du travail de recherche et l'implication du romancier. On sent un réel attachement à ces personnes à la destinée tragique.l'auteur réserve d'ailleurs le même traitement -où presque- à tous, en dépit de la notoriété de certains tels que Marcel Cerdan ou Ginette Neveu . À noter toutefois que, au vu du type d'avion qu'était le Constellation, le vol était réservé à des privilégiés ,des personnes d'un certain statut, a l'exception de trois ou quatre d'entre eux, les jeunes Basques notamment.

Je m'interroge cependant sur la qualification de roman par l'éditeur : tout ce qui est consigné dans ce livre n'est-il pas vrai et le fruit d'un travail de recherche ?

Ma note: 3 / 5

Constellation - Adrien Bosc
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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:38
Prière pour celles qui furent volées - Jennifer Clement

Editions Flammarion - 2014 pour l'édition originale et la traduction française - 270 pages

Quatrième de couverture:

Ladydi, quatorze ans, est née dans un monde où il ne fait pas bon être une fille. Dans les montagnes du Guerrero au Mexique, les femmes doivent apprendre à se débrouiller seules, car les hommes ont les uns après les autres quitté cette région pour une vie meilleure. Les barons de la drogue y règnent sans partage. Les mères déguisent leurs filles en garçons ou les enlaidissent pour leur éviter de tomber dans les griffes des cartels qui les « volent ». Et lorsque les 4X4 patrouillent dans les villages, Ladydi et ses amies se cachent dans des trous creusés dans les arrière-cours, pareilles à des animaux qui détalent pour se mettre en sécurité. Alors que la mère de Ladydi attend en vain le retour de son mari, la jeune fille et ses amies rêvent à un avenir plein de promesses, qui ne serait pas uniquement affaire de survie.

En ce moment, on peut dire que je suis plutôt en veine, j'enchaîne les bonnes lectures.

Ce récit livre de formidables portraits de femmes. Les mères tout d'abord, abandonnées par leurs maris partis aux Etats-Unis pour une vie meilleure. Au mieux ils envoient de l'argent à leur famille restée au Mexique, ou alors ils refont leur vie sur le sol américain, disparaissant pour de bon. C'est le cas de Ladydi et sa mère. Ces mères qui doivent vivre dans un monde sans hommes, et veiller sur leurs filles, proies des narco trafiquants, qui s'en servent d'esclaves sexuelles.

Ces jeunes filles ensuite qui apprennent très tôt à s'enlaidir pour ne pas "attirer" les hommes, pour qui tout signe de féminité est interdit. Ainsi, une belle coiffure, une pose de vernis à ongles ne peuvent se faire que dans l'intimité d'un salon de beauté, l'espace d'une heure ou deux. Institut de beauté utile aux mères seulement, trop vieilles pour intéresser les magnats de la drogue.

Ces femmes tentent de survivre dans cet univers de violence et de peur, dans une région particulièrement hostile, l'Etat du Guerrero, un des plus pauvres et des plus violents du pays. Elles habitent dans des maisons éloignées les unes des autres, dans les montagnes où le climat est très aride et peuplées de bêtes peu sympathiques (iguanes...), l'auteure met l'accent sur cette nature peu engageante et qui rajoute aux difficultés de ces femmes. Leur situation les éloigne aussi des services publics, santé ou éducation, qui n'interviennent que de façon très irrégulière dans ces régions.

Elles sont aussi victimes de l'activité de ces narcotrafiquants dont les champs de culture jouxtent les villages et les habitations.

La première partie de ce livre est absolument passionnante, donnant à découvrir, au-delà de cette région du Guerrero, un pays entier aux mains des cartels, et dont la richesse ne repose que sur la culture et le trafic de drogue. Où la violence et la peur font partie du quotidien.

J'ai été moins emballée par le seconde partie, j'ai trouvé que le récit s'essoufflait.

Il n'empêche que ce livre est d'une très grande qualité et je vous le recommande chaudement. Mon roman préféré depuis le début du prix Elle.

Ma note: 5 / 5

Prière pour celles qui furent volées - Jennifer Clement
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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:15
Le Jardin des pleurs - Mohamed Nedali

Editions de l'Aube - 2014 - 248 pages

Maroc, de nos jours. Driss, infirmier à l'hôpital de Marrakech, est marié à Souad, serveuse dans un hôtel réputé de la ville. Alors qu'elle sert à la table d'un commissaire de police un peu éméché, celui-ci fait un geste déplacé à Souad, laquelle se rebelle et reçoit en retour une gifle. Elle décide alors de porter plainte, soutenue par son mari. S'engage alors une longue bataille juridique pour obtenir justice.

A partir de ce faits divers, inspiré d'une histoire vraie, Mohamed Nedali dresse un portrait de son pays pour le moins édifiant. Un système administratif et judiciaire gangrèné par la corruption, des avocats escrocs: tout s'achète, même un diplôme d'infirmier, il suffit de connaître les personnes influentes. Driss lui-même, bien qu'engagé dans cette lutte pour la justice, profite de ce système. La notion de service public paraît totalement inexistante dans ce pays où seuls les plus riches et les plus influents tirent leur épingle du jeu. Autant dire que le jeune couple n'a aucune chance.

Que dire aussi de l'égalité hommes - femmes? Le backchich est une institution, on nage en pleine hypocrisie et les Droits de l'Homme ne sont qu'un simulacre .Cette bataille judiciaire ronge complètement la vie de ce jeune couple, certains passages étant très prenants.

Je ne pensais pas que ce pays était à ce point dans ce mode de fonctionnement. On ne peut que le déplorer même si quelques notes d'espoir ressortent de ce livre, l'acharnement même du couple montre que les mentalités peuvent changer. Mais le chemin sera long.

Ma note: 4/5

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:57
Flora - Gail Godwin

Editions Joelle Losfeld - 2012 pour l'édition originale- 2014 pour la traduction française- 275 pages

Eté 1945, aux Etats-Unis. Helen, dix ans, passe l'été avec une cousine de sa mère décédée, Flora, vingt-deux ans, alors que son père, proviseur d'un lycée, profite des vacances estivales pour se consacrer à une mission secrète en Caroline du Nord. Helen voit d'un très mauvais oeil l'arrivée de cette cousine hypersensible et qu'elle trouve plus qu'agaçante. Helen est de plus en plein deuil de sa grand-mère, Nonie, de qui elle se sentait très proche.

Une épidémie de polio dans la ville les oblige à rester en quarantaine dans la grande maison familiale qui part en ruine. Cette dernière a autrefois servi à accueillir des malades (des poumons essentiellement) en convalescence. Seuls quelques personnes viennent leur rendre visite, parmi lesquels Finn, le livreur de courses de l'épicerie, ancien soldat de l'armée, qui sort de l'hôpital après une blessure.

Ce roman m'a fait penser à l'époque victorienne, où la demeure occupe une place à part entière dans le récit, bien qu'ici cela ne soit pas aussi évident que l'auteure aurait voulu; des personnages bien élevés et bien sûr des jalousies et des rivalités. Helen, la narratrice, voue une haine, ou du moins un mépris à cette cousine, sans que cela ne soit réellement justifié. Flora peut agacer, c'est indéniable, mais pour Helen cela tourne à l'obsession. Concernant la narration justement, je suis partagée: il s'agit bien d'une enfant de dix ans qui parle mais très souvent on a l'impression de ne plus avoir affaire à une enfant mais à une adulte. De ce fait, le parti pris de l'auteure devient bancal.

D'un point de vue purement littéraire, techniquement, rien à redire: c'est bien écrit, bien construit, un modèle du genre, quoi. Mais je n'ai pas ressenti tellement d'attachement pour les personnages, j'ai gardé une certaine distance. Et finalement, je me suis demandée: "Pourquoi cette histoire?".

Ma note: 2,5 / 5 (je n'arrive plus à intégrer mes petites étoiles depuis la nouvelle version d'Overblog mais je ne m'avoue pas vaincue, je vais y arriver! Et je mettrais à jour.)

Flora - Gail Godwin
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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 21:56
Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis

Editions Gallmeister - 2012 pour l'édition originale- 2014 pour la traduction française- 311 pages

Les douze tribus d'Hattie ou le portrait d'une femme à travers la vie de ses onze enfants et de sa petite-fille, de 1925 à 1980 aux Etats-Unis. Hattie, native de Georgie, arrive à l'âge de seize ans à Philadelphie accompagnée de sa mère et de ses deux soeurs. Elle se marie rapidement avec August, jeune homme faible et volage, dont elle est enceinte.

Ce livre est avant tout un très beau portrait de femme vu sous l'angle de la vie de ses enfants. Une jeune femme propulsée dans le monde des adultes, la responsabilité d'une famille alors qu'elle n'est encore qu'une adolescente. Sa vie bascule à la mort de ses jumeaux encore nourrissons, perte dont elle ne se remettra jamais, rongée par le chagrin et la culpabilité, et qui va l'endurcir.

Hattie se révèle une femme complexe qui suscite la compassion quand elle doit se débattre pour assurer l'éducation des enfants et faire tourner la maison alors que son mari passe plus de temps dans les bars et avec d'autres femmes, qu'à s'occuper de sa famille. Ou lorsqu'elle se voit contrainte de "confier" son bébé à sa soeur stérile, en échange de la promesse d'une vie meilleure.

A d'autres moments, Hattie apparaît très dure, elle qui n'arrive pas à exprimer son amour maternel. Les gestes tendres, une caresse sur la tête d'un enfant, un baiser, elle ne sait pas faire. Et la souffrance que cela a représenté pour chacun des enfants est une constante dans tous les récits des membres de cette tribu. Ce n'est que vers la fin de sa vie, plus apaisée, qu'elle parvient à montrer combien elle tient à ses enfants devenus adultes, à quel point elle les aime.

Parallèlement à ce portrait, l'auteure aborde des sujets tels que l'homosexualité, la différence, la ségrégation.

Ce livre pourra en dérouter certains car sa structure fait penser à des nouvelles. Moi qui n'aime pas les nouvelles, je n'ai pas été gênée car il y a un fil conducteur, des personnages que l'on retrouve d'un récit à l'autre. J'ai trouvé cet angle de vue vraiment original, même si certaines histoires sont plus intéressantes que d'autres. Un bon moment de lecture.

Ma note :

Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis
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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 10:43

L-exception.jpg

Zulma éditions - 2012 pour l'édition originale, 2014 pour la traduction française- 338 pages

Maria et Floki sont mariés depuis onze ans et ont des jumeaux de deux ans et demie. Au réveillon du Nouvel An, Floki annonce à sa femme qu'il la quitte pour un homme, Floki, un autre, un ami de la famille, avec qui ils viennent de partager le dîner. Anéantie par cette nouvelle et dans l'incompréhension totale de cette décision soudaine, Maria tente de comprendre et de rebondir, aidée de sa voisine fantasque Perla, personne de petite taille, conseillère conjugale et nègre pour un auteur de roman policier. 

Pour être honnête, pas grand chose à dire sur ce livre, dont je n'ai pas su, pendant un moment, s'il fallait rire ou pleurer. Le postulat de départ est plutôt dramatique mais l'héroïne rencontre une petite galerie de personnages assez hauts en couleurs: la voisine, donc, un peu pique-assiette sur les bords, souvent maladroite dans ses propos pour réconforter Maria. Ou encore cette homme rencontré dans la forêt, près de la résidence secondaire du couple, homme en admiration devant les tranches de livres en cuir qu'il fabrique...

Parallèlement à l'épreuve que traverse la jeune femme, elle doit composer avec des révélations sur son père biologique, et la vie de sa mère. Tout étant bien entendu imbriquer pour fournir une réflexion sur la filiation, les rapports hommes/femmes, avec en toile de fond l'espoir d'un retour du mari parti, dont elle aura été celle qui a compté, il faut comprendre la seule femme, "l'Exception".

J'ai gardé une certaine distance avec cette hsitoire, elle ne m'a pas touchée, je ne suis jamais vraiment rentrée dedans. Pas mauvais, de l'indifférence juste.

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Voisins voisines 2014

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 00:15

dugain-marc-couv-lemprise

Editions Gallimard - 2014- 318 pages

De nos jours en France. Un candidat à l'élection présidentielle, un chef du renseignement intérieur, un syndicaliste d'un groupe industriel, une photographe chinoise, une agente des services secrets et son fils autiste...Tous ces personnages se trouvent au coeur d'une triangulaire pouvoir-économie-finances.

Marc Dugain a produit un roman très actuel. Même s'il s'en défend en début de livre, on peut aisément associer des noms aux personnages de cette histoire, qui l'auraient inspiré lors de l'écriture. Et ce qui est encore plus fort, c'est de constater que les événements auxquels nous assistons actuellement en France, les personnages une fois encore, se retrouvent aussi dans ce livre. Finalement, de quelque bord que ce soit, les mécanismes sont ni plus ni moins semblables.Bref, c'est très réaliste.

L'auteur s'attache donc à expliquer les rouages, les enchevêtrements, les magouilles qui s'opèrent entre l'Etat et les grandes entreprises. Et au milieu desquels le citoyen lambda parait bien impuissant.

Marc Dugain n'a plus à rien à prouver de sa qualité d'écrivain, tant dans l'écriture que dans le récit. Seulement voilà, ce livre ne m'a pas intéressé. Peut-être avais-je aussi besoin d'autre chose en ce moment, toujours est-il que je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages. J'ai donc abandonné à la moitié.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 11:01

N'oublie pas les oiseaux

Editions Julliard - 2014- 342 pages

Murielle, originaire des Landes, intègre à 17 ans l'Ecole de Variétés de Paris. Elle tombe sous le charme de Francis Morane, "l'homme slave", "le Russe", son professeur de mise en scène, de vingt-cinq ans son aîné. Jeune fille inexpérimentée mais porteuse d'une certaine douceur, d'une singulière détermination et d'un talent artistique certain. 

Quelques années plus tard, son chemin croise à nouveau la route de celui qui la trouble tant. Cet homme complexe, volage, instable, qui peu à peu trouve un point d'ancrage auprès de Murielle.

C'est cette histoire d'amour que Murielle Magellan nous raconte ici, sur près de vingt ans, avec ses hauts et ses bas, ses bonheurs et ses doutes.

J'ai été bouleversée, secouée, émue par cette lecture,qui parle d'amour dans tous ses bonheurs, toutes ses contradictions, bref toute sa richesse.

Le livre s'ouvre sur la mort de cet homme, alors que l'auteure n'a que 35 ans et est maman d'un petit garçon de 3 ans. Murielle Magellan a su trouver les mots pour décrire tout ce que l'amour a d'irrationnel, d'irraisonnable, avec une justesse incroyable. Les sentiments qui nous traversent, dans les bons et les mauvais moments, les représentations que l'on se fait et une réalité qui s'avère quelque peu différente de ce qu'on avait imaginé. Elle montre ce besoin d'avancer, de construire avec celui qu'on aime, et la douleur lorsque tout s'écroule.

Récit autobiographique, N'oublie pas les oiseaux déborde de l'amour de cette femme pour cet homme qui lui en fait voir pourtant des vertes et des pas mûres. Elle explique très bien toute la difficulté de vivre, de construire de façon stable et durable avec quelqu'un en souffrance, dont on ne sait plus très bien comment l'aider à aller mieux- le veut-il vraiment d'ailleurs?- ce sentiment d'impuissance voire la culpabilité. Murielle Magellan ne s'épargne pas des situations peu flatteuses pour elle, des moments d'humiliation ou de profond désarroi.

Il n'empêche, cet homme représente celui avec qui elle aura un enfant, symbole de cet amour.

Plus globalement, ce récit raconte la construction d'une femme, de celles forgées par l'expérience.

L'écriture est magnifique, j'imagine combien il faut donner de soi pour coucher sur le papier une telle histoire, dont on sent encore l'intensité, plus de dix ans après la mort de l'homme.

J'ai adoré ce livre, il m'a parlé comme rarement un livre m'a parlé. Je l'achèterai, c'est sûr, car je veux avoir avec moi cette histoire et ces merveilleuses phrases.

Quelques extraits:

"Je ne savais rien des mécaniques affectives en général, ni même, en particulier, de celles des séducteurs. La sanction se passe alors de reproches car reprocher, c'est avouer sa considération. Avouer à l'autre qu'il a compté, ou qu'il compte (...) Jamais l'homme slave ne me parla de cette semaine où il avait échoué à me joindre. Il s'éloigna, c'est tout." p.107


"L'amour était à mes yeux un état permanent dont j'avais bien dû entendre, ici ou là, qu'il s'entretenait, mais je ne comprenais pas ce que cela signifiat concrètement. J'étais réticente à considérer l'amour comme un corps qu'on muscle. Il m'apparaissait plutôt tel un terrain ferme et fertile; non dénué de ravins et de reliefs, certes, mais au soubassement massif et invariable. L'amour pour cet homme en tous cas était en moi si définitif que je ne me voyais pas faire comme on le recommandait dans les revues de filles: être sexy comme ci pour "garder [son] mec, ou rusée comme ça "pour le rendre jaloux". Je n'appartenais pas à cette vie-là, avec mon amour à part. Je me pensais hors catégorie. J'avais tort." p.230


Sur le désir et le besoin d'être mère: "Mais pour accompagner cette solitude, il fallait un homme que j'aime et qui m'aime, simplement. Et des enfants, parce que ça m'était nécessaire, vital, de jouer les mammifères et de transmettre. J'étais une femelle et je voulais un mâle consentant et aimant pour me rendre mère. Et nous ferions le chemin ensemble." p.139


Sur le projet d'enfant: "Mon amour pour cet homme qui disait "oui", ce jour-là, "oui" à cette immense aventure, atteignit son paroxysme.(...) C'était le plus beau cadeau qui soit . La plus belle preuve d'amour." p. 198

 

essa

 

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 13:56

Long weekend

Editions Philippe Rey- 2010- 282 pages

 

Etats-Unis, au cours du long week-end du Labor Day, juste avant la rentrée scolaire. Henry, treize ans, vit seul avec sa mère Adele depuis la séparation de ses parents. Il voit son père environ une fois par semaine, qui a refait sa vie avec Marjorie, déjà mère d'un adolescent et avec qui il vient d'avoir une petite fille. De son côté, sa mère se remet mal de cette séparation et des épreuves qu'elle a du traverser dont on apprend la nature au cours de la lecture. Elle sort peu, ne voit personne et s'enferme dans sa relation avec son fils.

Jusqu'au jour où, sortis exceptionnellement pour faire des courses, ils croisent le chemin de Franck Chambers qui leur demande de l'héberger car il est blessé. Ils apprennent très vite, par les médias, que Franck est un prisonnier évadé activement recherché. Mais l'image qu'en donnent les journalistes ne correspond pas du tout à ce que se révèle être Franck: un homme doux, attentionné et gentil, qui redonne à Adele goût à la vie...

Une très belle histoire humaine. D'abord Adele et Franck, deux êtres blessés, meurtris par les épreuves auxquelles la vie les a soumis. Adele, amoureuse de l'amour, rongée par la solitude et le chagrin, et qui ne vit plus que pour son fils. Franck, présenté comme un dangereux criminel, qui n'a pas eu de chance, lui qui ne demandait qu'à vivre comme tout le monde, avoir une vie paisible, mais qui a accumulé les désillusions: la guerre, la tromperie, le mépris.

Et au milieu de cette situation incroyable, Henry, à l'âge de tous les questionnements, de toutes les métamorphoses, qui prend conscience de sa sexualité, des filles. Il voit l'arrivée de cet homme comme une bénédiction dans cette vie où il ne se passe jamais rien. Cet homme qui fait attention à lui, qui lui apprend le base-ball ou comment confectionner une tarte aux pêches. Et surtout le bien qu'il apporte à sa mère, qui l'a ramenée à la vie, cette mère qu'il aime tant, dont il se sent la lourde tâche de protéger.

Mais ce Franck représente aussi une menace, celui qui pourrait lui voler sa mère, la peur que lui, Henry, reste sur le carreau. Toute cette ambivalence qui caractérise l'adolescence. 

J'ai beaucoup aimé ce livre qui se vit comme un huis-clos. De plus, ce week-end de Labor Day est un week-end de grosse chaleur ce qui accentue l'atmosphère dramatique. L'attachement aux personnages grandit au fur et à mesure de la lecture, il n'a pas été évident tout de suite pour moi. En particulier le personnage d'Adele, dont on cerne mal, au début,  s'il s'agit d'une mère castratrice ou d'une mère qui essaie seulement de rester debour pour son fils.

Joyce Maynard produit une écriture toute en déclicatesse qui sied parfaitement à cette histoire émouvante.

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Présentation

  • : Mon petit chapitre par Anne
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  • : Faire partager ma passion des livres et la joie que me procure la lecture. Et échanger avec vous impressions, conseils, coups de coeur...A bientôt
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Challenges

Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...