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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 13:42

Des vents contraires

 

Editions Points 2010 (2008 pour la première parution aux éditions de l'Olivier)-  283 pages

 

Paul Anderen, écrivain et scénariste, vit à Paris avec ses deux enfants, Clément 9 ans et Manon 4 ans. Sa femme Sarah a disparu un an plus tôt, du jour au lendemain. Départ volontaire? Accident? Depuis ce moment-là, Paul ne semble plus être que l'ombre de lui-même, les enfants sont perturbés par le départ brutal de leur mère.

Paul décide alors de s'installer dans le ville de son enfance à Saint-Malo, où il rejoint son frère Alex qui gère avec sa femme Nadine l'auto-école familiale. Paul espère ainsi, si ce n'est redémarrer une nouvelle vie, surmonter l'absence et rendre le quotidien plus vivable.

 

Que n'ai-je attendu pour lire Olivier Adam! J'ai accroché tout de suite, à tout, à l'histoire, aux personnages, au style. Vous savez, le genre de livres où vous vous dites dès les 3-4 premières pages que vous allez vous régaler. 

Mais il est toujours difficile de rendre compte d'un livre que l'on a aimé, de trouver les mots et phrases à la hauteur de l'émotion.

J'ai aimé cette sensibilité, cette douceur en même temps que la violence dans ce que traverse ce père et ses deux enfants qui sont dans l'incertitude. Car c'est cela le plus terrible: de ne pas savoir où est leur femme / mère, vivante ou morte, si elle va revenir un jour. Cette attente qui fait basculer tour à tour de l'espoir au désespoir, qui mène à l'errance et presque à la survie. Cette attente qui rend toute projection, tout avenir impossible, et conduit aux pensées et agissements les plus fous.

A ses côtés, Paul rencontre des êtres aux vies aussi bousculées: un père qui enlève son fils pour passer un peu de temps avec lui, une adolescente fugueuse qui peine à trouver sa place au sein d'une famille recomposée...

Et que dire des descriptions de cette côte bretonne, où la nature paraît accompagner les sentiments de Paul.

Le fond est triste, mélancolique, ce qui semble être un trait commun aux livres d'Olivier Adam, mais je n'ai pas été plombée pour autant. Cela étant, j'espacerai probablement mes futures lectures de cet auteur.

Merci Valérie pour m'avoir conseillé (au tout début de ce blog) de commencer par ce titre.

essa

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 09:38

Baignade-surveillée-copie-1

Editions Le Rouergue - 2014- 125 pages

 

C'est l'été, les vacances. Comme chaque année, Arnaud et Estelle partent en camping au Cap Ferret avec leur fils Auguste de 10 ans. Mais ces vacances-là vont probablement sonner le glas d'un couple au bortd de la rupture. Arnaud sent bien qu'Estelle est en train de lui échappe, qu'elle va partir.

C'est dans ce contexte que Max, le petit frère d'Arnaud, se pointe, à l'improviste. Ce frère qui a fait de la prison et qui continue à mener une vie hors-la-loi, refusant de rentrer dans le droit chemin. Mais c'est un oncle qu'adore Auguste, toujours prêt à s'amuser. 

Cette cohabitation un peu forcée va durer quelques jours de vacances...

 

C'est la première fois que je lis Guillaume Guéraud et j'ai passé un très bon moment. Ce livre est très court, il pourrait être une longue nouvelle. L'histoire s'installe rapidement, on est tout de suite dans le vif du sujet. Le couple va mal, s'est éloigné, ne se respecte même plus, se parle à peine. Et déjà cette sensation est désagréable pour le lecteur. Car Arnaud se révèle être quelqu'un qui fuit, qui ne va pas au fond des choses, qui se voile la face quelque part. A aucun moment il n'essaie de sauver ce qui peut peut-être encore l'être, il est résigné.

Et cette difficulté à communiquer, cette maladresse se retrouvent dans ses rapports avec son frère. Car il s'agit bien aussi d'une  histoire de frères, opposés en tout point, mais qui s'aiment et qui n'arrivent pas à se le dire. Ils sont aussi maladroits tous les deux, l'un essayant de revêtir l'habit du grand frère moralisateur, l'autre dans la surenchère des provocations. Au final, ils sont très attendrissants.

Le récit alterne entre ces vacances qui marquent la fin d'une époque, et les jours précédant la venue de Max, embarqué dans une affaire qui a lancé la police à ses trousses. 

Et enfin cette histoire se déroule au Cap Ferret que je connais bien et cela m'a fait plaisir de reconnaitre quelques endroits où j'ai de bons souvenirs.

Les avis de Stéphie, Jérôme.

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 12:00

Lady hunt

 

Actes Sud - 2013- 317 pages

 

Laura Kern, 37 ans, vit à Paris où elle exerce le métier d'agent immobilier, métier pour lequel elle n'a aucune expérience. Depuis quelques temps, un rêve l'obsède: une maison, entourée de brume. Au fil des visites qu'elle propose à ses clients dans différents appartements ou maisons, elle est aux prises avec des sensations étranges, l'impression de voir et ressentir des choses d'elle seule.

Et si ces sensations n'étaient autres que les premiers symptômes de ce mal héréditaire, la Chorée de Huntington, qui a tué son père et dont elle a une chance sur deux d'être porteuse?

Après avoir lu Esprit d'hiver de Laura Kasischke, ma curiosité ne pouvait que me porter vers l'autre livre de ce duel de la rentrée littéraire 2013. Ce n'est pas forcément le genre de livre vers lequel je me serais tournée spontanément.

Ce qui me vient tout de suite à l'esprit pour en parler, c'est qu'il s'agit d'un roman d'atmosphère. Les mystères de la pierre, les rêves, les représentations contribuent à la mise en place d'une dimension fantastique. Les chapitres sont courts et le récit oscille entre rêve et réalité. Le lecteur a parfois la sensation de perdre pied, comme l'héroïne. 

Mon ressenti vis-à-vis de cette lecture est assez inégal. J'ai parfois eu l'impression de survoler cette histoire, notamment par le fait que le personnage de Laura se révèle plutôt distant et insaisissable; d'autres moments en revanche sont plus intenses, je pense entre autres à la relation entre les deux soeurs. La quatrième de couverture parle d'un roman gothique, ce terme convient assez bien je trouve (genre la fille qui est spécialiste alors que ce n'est pas du tout le cas...).

 

Une lecture orginale, d'autant qu'Hélène Frappat a une belle plume, mais inégale.

 

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 13:22

Le confident

Editions Plon - 2010- 300 pages

 

Paris, 1975. Camille, 35 ans, vient de perdre sa mère. Au milieu des courriers de condoléances, une lettre retient son attention. Elle provient d'un inconnu qui entreprend un récit qui lui parait d'abord tout à fait étranger, et dont elle réalise au fur et à mesure de la lecture, qu'il retrace sa vie, ou du moins celle de sa naissance:

 

Fin des années 30, dans un petit village, Annie, jeune fille insouciante et passionnée de peinture, fait la connaissance de Madame M., venue s'installer dans une demeure cossue avec son mari. Une amitié s'installe entre les deux jeunes femmes et le temps des confidences arrive: Madame M. ne peut avoir d'enfant et souffre énormément de ce manque. Annie lui propose alors de porter son enfant. Aussi insensée que cette proposition puisse paraître, Mamade M. finit par accepter, voyant là le dernier recours pour concrétiser cette maternité tant désirée.

 

J'ai lu ce roman d'une traite, je l'ai dévoré. Cela faisait une éternité que je l'avais dans ma PAL et il était plus que temps que son tour arrive. Le récit est poignant, on ressent une tension constante. De plus, l'histoire de cette maternité est relatée par différents protagonistes: Annie, Madame M. et Louis, le jeune amoureux d'Annie qui sera témoin indirect de ce drame. Ils livrent alors chacun leur version ce qui donne un éclairage des faits tout au long du livre. Le lecteur suit ces personnages aux sentiments complexes, tous soumis aux conséquences de la situation dans laquelle ils se sont installés.

Cette histoire donne à réfléchir sur la maternité, le désir d'enfant tellement puissant et viscéral qu'il peut amener à faire des choses plus que discutables. Mais aussi la trahison, l'humiliation qui entraînent les personnages dans une sprirale infernale. L'auteure maitrise parfaitement le récit, elle signe ici son premier roman.

Les avis de Valérie, Mrs B, Sylire  qui l'ont lu en audio et Enna.

 

Ma note: star fullstar fullstar fullstar fullstar full

 

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 13:00

Un destin d'exception

 

Editions Robert Laffont - 1965 pour l'édition originale- 2013 pour la traduction française- 322 pages

 

1944, Etats-Unis. Robert Prentice rejoint les rangs de l'armée pour aller libérer l'Europe du joug nazi. Au terme de quelques semaines de classes aux Etats-Unis, il embarque pour l'Europe, affecté comme messager. Il y voit l'occasion de se démarquer de ses camarades, par une attitude exemplaire, brave et courageuse. Sauf que la réalité sera toute autre.

Sa mère, Alice Prentice, a élevé seule son fils Robert, après son divorce. De nature optimiste, elle rêve de percer comme artiste sculptrice. Quitte à se mettre dans des situations impossibles, et vivant bien au-dessus de ses moyens.

Tous deux aspirent à un destin d'exception...

Comme dans ses romans précédents, Richard Yates ne donne pas une image très reluisante de l'humain en société. Il aborde les thèmes de la reconnaissance, sociale surtout, dans une société où les premiers seront ceux qui auront réussi à se faire leur place, qui seront invités aux soirées les plus en vue. Une société hypocrite où l'on regarde l'autre s'enfoncer avec condescendance et (fausse) empathie.

Trois parties dans ce livre: deux consacrées à la vie de soldat de Robert en 1944; entrecoupées d'une partie sur la vie d'Alice et Robert dans les années 30.

Le personnage d'Alice apparait plutôt, au départ, si ce n'est antipathique, en tous cas pas sympathique. Cette mère qui couve son enfant, l'empêchant ainsi de grandir et d'être autonome, qui prend son ex-mari pour une vache à lait, qui doit assurer le train de vie parfois irréaliste qu'a choisi son ex-femme. Puis, en allant plus en profondeur dans le portrait de cette femme, les traits se révèlent plus nuancés. Peut-on reprocher à cette femme de croire en elle, en son talent? De vouloir vivre de son art? Cette mère qui veut ce qu'il y a de mieux pour son fils, sans qui elle serait bien seule. 

Le travers de cette obsession fait qu'Alice fait preuve d'un manque de lucidité et d 'inconséquence, voire d'immaturité. Elle possède ce narcissisme qui l'empêche d'apprécier les choses et les gens tels qu'ils sont, en cherchant toujours plus, éternels insatisfaits.

Quant à Robert, il n'est finalement pas très débrouillard. On ne peut pas dire non plus qu'il soit empoté mais un jeune homme qui, même s'il veut s'en empêcher, revient toujours dans les jupons de sa mère. 

"Il était l'homme voué à arriver trop tard, le laissé-pour-compte et, surtout, le soldat cantonné à une position trop subalterne pour qu'on le remarque." p.248

Il n'a pas la carure du héros qu'il voudrait incarner. En admiration devant ceux qui ont de la prestance et du charisme, il est souvent raillé et connaît un destin des plus banals, sans gloire. Il finit toujours par se retrouver en dehors de l'action (un peu narcoleptique Robert) ce qui génère en lui une grande frustration. Arrivera-t-il à gagner cette liberté à laquelle il aspire et à s'affranchir de cette mère envahissante?

La relation qu'ils entretiennent tous deux est très intéressante à suivre et surtout bien plus complexe qu'elle n'y parait. Chez Richard Yates, rien n'est jamais binaire, il parvient avec un grand talent à sonder la société américaine des années 1920 à 1940.

Les livres de Richard Yates mettent mal à l'aise, sont dérangeants. D'abord dans la narration, par le recul qu'il prend avec ses personnages qu'il regarde évoluer, tomber et essayer de se relever. Mais aussi par les ressemblances que l'on peut y avoir avec nos propres vies. Ne sommes-nous pas tous un peu, sous certains aspects, des Alice, Robert et consors? Ne rêvons-nous pas, nous aussi, à un destin d'exception? Ca fait réfléchir...

Je crois qu'une large part du roman est autobiographique.

 

Ma note: star fullstar fullstar fullstar fullstar half full

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 11:16

Esprit d'hiver

Editions Christian Bourgois - 2013- 276 pages

 

Le jour de Noël. Holly se réveille plus tard qu'à l'accoutumée alors qu'elle doit s'atteler aux préparatifs du repas de Noël réunissant ses beaux-parents, deux couples d'amis et les frères et de son mari Eric. Ce dernier est déjà parti chercher ses parents à l'aéroport. Holly se trouve donc seule avec sa fille adoptive de quinze ans, Tatiana. Au fil de la journée, rien ne semble aller comme prévu: une tempête de neige se lève contraignant les invités à renoncer à se déplacer. Holly et Tatiana se retrouvent seules...

Lorsque j'ai ouvert ce livre, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Il a véritablement déchainé les passions avec les conquis d'un côté et les détracteurs de l'autre. Et puis au milieu il y a les neutres, dont je fais partie. Il est surtout reproché à ce livre d'être ennuyeux, répétitif jusqu'aux 3/4 (voire les 4/5!) avant un dénouement qui rattrape le coup pour certains, ou cependant insuffisant pour apprécier l'ensemble, pour d'autres.

Je comprends ces réserves même si je ne les ai pas ressenties. J'ai lu cette histoire assez vite et le grand mérite de l'auteure repose sur sa capacité à faire monter la tension dans ce huis-clos. L'atmosphère devient de plus en plus pesante entre la mère et la fille et j'ai vraiment senti l'angoisse monter, le roman prenant ainsi des airs de thrillers. Le côté répétitif, les flash-backs à l'orphelinat notamment, contribue à la compréhension de l'histoire, de l'état d'esprit d'Holly -et de Tatiana- de cette adoption par laquelle tout commence. Je ne me suis pas ennuyée car on sent que quelque chose est en train de se passer, dont le lecteur ignore encore la nature.

Le dénouement représente évidemment un élément crucial de l'histoire et il semble que Laura Kasischke soit une spécialiste en la matière.

Là où je suis moins convaincue c'est sur l'écriture. Rien de transcendant pour moi, ça se lit bien, point. Comme d'ailleurs mon impression générale de lecture: je l'ai lu vite, j'ai été curieuse de savoir ce qui allait se passer et comment cela allait se terminer, j'ai bien ressenti la tension qui va crescendo. Voilà, pas plus.

C'était la première fois que je lisais cette auteure que je voulais découvrir depuis longtemps. Je ne suis ni déçue ni baba, je la relirai très certainement.

Ma note:star fullstar fullstar fullstar half fullstar empty soit 14/20. Merci à Oliver Moss et Les match de la rentrée littéraire de Price Minister pour l'envoi de ce livre.

 

D'autres avis chez Galea (je compte bien lire Lady Hunt aussi, vu que je suis mi-figue mi-raisin pour le K, j'ai toutes mes chances ;-)), Hélène, Véronique, Jostein, Liliba et bien d'autres...

 

479x324 logo2 rentree-literaire2013 Challenge 13 auteurs

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 12:42

Kinderzimmer
Editions Actes Sud - 2013- 218 pages

  De nos jours. Lors d'une intervention qu'elle fait dans un lycée, Suzanne Langlois raconte son expérience de femme déportée pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle se rappelle alors, elle, Mila, jeune résistance parisienne, est arrêtée et déportée au camp de Ravensbrück en 1944. Enceinte, elle tente de survivre dans cet univers dont nul ne sait, à l'époque, s'il en sortira un jour.

 J'ai réfléchi un moment avant d'ouvrir ce livre, je craignais le sujet, qu'il soit trop dur pour moi, en tant que mère. Et puis j'ai franchi le pas et ne le regrette pas. Il est ici question de la vie des ces femmes déportées au camp de Ravensbrück, leur survie, la faim, le froid, la maladie, la mort au quotidien. Les épisodes de l'Appell, en pleine nuit, dans le froid et la neige; la terrible monnaie d'échange que représente un bébé mort pour les autres encore vivants (mais pour combien de temps?) Et aussi la maternité, pré et post-natale: être enceinte au camp, celasignifie le Revier c'est-à-dire la mort. Et puis quel devenir pour ce bébé?

Les faits, les situations sont ici relatés sans jamais tomber le sordide et la surenchère, en tous cas pas plus que le seul sujet de la déportation et ses conditions ne le suggère.  J'ai ressenti comme de la retenue dans la façon d'aborder cette histoire, la réalité se suffit à elle-même: c'est dur, inimaginable, inhumain, révoltant, désolant.

L'auteur insuffle pourtant de l'espoir à ces personnages, toutes ces petites choses qui donnent une raison de vivre à ces prisonnières, l'entraide notamment. On se raccroche à tout pour y croire
encore, des petits signes (un chien qui ne mord pas...) qui donne la force de continuer à lutter. Et ces bébés qui naissent (et meurent) dans la Kinderzimmer sont paradoxalement des bouts de vie qui donnent la force de penser qu'un jour viendra où elles pourront sortir du camp. Ces bébés victimes de carences telles qu'ils en font des bébés affamés et amorphes, des vieillards avant l'heure.

Les rumeurs du débarquement allié se font aussi de plus en plus fréquentes mais cette fois-ci sera-t-elle la bonne? La défaite de l'Allemagne nazie apparait de plus en plus concrète au camp en
cette fin 1944. Le four fonctionne à plein régime, certains fonctionnaires du camp désertent. 

Au début j'ai eu beaucoup de mal avec le style d'écriture de Valentine Goby, ce style très particulier, un peu haché, brut. Je reconnais une qualité d'écriture mais j'ai été parfois gênée par cette manière d'écrire. Puis je m'y suis fait.

Un livre qui représente un témoignage fort, poignant, même si c'est un roman, et une expression indispensable du devoir de mémoire. Un livre qui prend aux tripes.

Ma note: star fullstar fullstar fullstar fullstar full

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 06:00

Le soleil à mes pieds

Editions JC Lattès - 2013 - 182 pages

 

La grande et la petite, voilà comment sont identifiées les deux soeurs, opposées en tout point. La grande tyrannise la petite, qui, elle, est complètement renfermée sur elle-même. Autour d'elles, un mystère plane, celui de la mort de leur mère dix-huit ans auparavant.

Voilà le genre de roman qui me laisse perplexe. Des chapitres et des paragraphes courts, une succession de petites scènes, sans rapport entre elles (la petite va faire ses courses, la grande raconte une anecdote sur son métier à la petite...). Pardon mais moi, ce type de constructtion du récit, ça me fait fuir. Je ne comprends pas le but, cela donne un tout très froid et impersonnel.

On passe à autre chose.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 10:08

Au revoir là-haut

Editions Albin Michel -2013- 567 pages

Novembre 1918, dernière offensive avant l'Armistice. Albert Maillard et Edouard Péricourt réchappent de cette ultime boucherie mais pas sans séquelles: Edouard, en sauvant Albert laissé pour mort dans un trou d'obus, reçoit un éclat d'obus et devient ce qu'on appelle une Gueule cassée. Impossible pour lui de retourner à la vie civile, et surtout chez lui, chez son père, avec ce visage qui n'en est plus un.  Avec l'aide d'Albert, il se fait passer pour mort et endosse l'identité d'un soldat disparu.  

De son côté, le capitaine Henri Aulnay-Pradelle, en charge du régiment auquel appartient Edouard et Albert, et donc pleinement responsable du carnage, entend bien profiter des opportunités que lui offre l'après-guerre, en particulier la mise en oeuvre du regroupement des sépultues dans les cimetières militaires et nécropoles. Et ce au mépris des sacrifices consentis, de la morale et du respect. Son beau mariage avec Madeleine Péricourt, frère d'Edouard et fille de Marcel Péricourt, mais dont les intentions seront rapidement percées à jour.

Au milieu de la déferlante de la rentrée littéraire, je l'ai repéré tout de suite et c'était LE livre que je voulais lire. Je me le suis donc offert et n'ai pas trainé pour me plonger dedans. Tout m'intéressait: le sujet bien sûr, la Première Guerre Mondiale, raitée ici sous un angle moins connu, l'après-guerre et le traitement réservé à ces soldats revenus abîmés, tant physiquement que moralement. Edouard, qui n'ose même plus revenir "dans cet état" chez son père. Albert, revenu indemne, qui doit sa vie à Edouard dont il s'engage à s'occuper. 

Pierre Lemaitre montre à quel point ces revenants ont été, si ce n'est maltraités, en tous cas négligés, livrés à eux-mêmes, parfois même méprisés. Ceux qui n'ont pas retrouvé leur travail d'avant-guerre, qui doivent trouver de quoi vivre. Ceux dont la fiancée n'a pas attendu, qu'on n'a pas reconnu. Ces jeunes hommes qui ont vécu les pires horreurs, la boucherie, la peur au ventre d'y rester, eux aussi.  Ce reproche, teinté de soupçon, qui fait dire ou penser à cette société d'après-guerre: eux sont "Morts pour la France" et vous, comment se fait-il que vous en ayez réchappé? 

Au fond, pour beaucoup d'entre eux, ils sont revenus vivants mais en réalité sont morts:

"En le tenant contre lui, Albert se dit que pendant la guerre, comme tout le monde, Edouard n'a pensé qu'à survivre, et à présent que la guerre est terminée et qu'il est vivant, voilà qu'il ne pense plus qu'à disparaitre. Si même les survivants n'ont plus d'autre ambition que de mourir, quel gâchis..." p.90

Et que dire de tout le business, même si le terme est anachronique, qui s'est mis en place avec les sépultures de guerre, l'implantation des cimetières militaires et l'érection des monuments aux morts. Toute cette hypocrisie est ici parfaitement retranscrite et incarnée par le capitaine Aulnay-Pradelle dont le cynisme fait froid dans le dos.

Les personnages sont extrêment bien campés, analysés. Le récit est passionnant, j'ai été parfois très émue, accrochée à l'histoire.

C'est passionnant et instructif. Un coup de coeur bien sûr.

essa

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 13:51

L'homme qui rit

Editions Folio - 848 pages - publié en 1869

 

Angleterre, XVIIème siècle. Affublé d'une cicatrice en forme de sourire sur le visage, le jeune Gwynplaine, orphelin, a été défiguré par des comprachicos, bandes peu recommandables, s'occupant entre autres d'acheter des enfants qu'ils mutilent pour ensuite les proposer aux riches en mal de divertissement. Un soir, Gwynplaine est abandonné sur la rive par les comprachicos. Désorienté, il se dirige vers la terre et recueille en chemin Dea, encore nourrisson, dont la mère vient de mourir de froid sous la tempête de neige qui sévit ce soir-là. 

Ils trouvent refuge auprès d'Ursus, saltimbanque bourru et misanthrope, qui vit seul avec son loup Homo dans sa roulotte. La troupe est formée. Gwynplaine devient à son tour saltimbanque. Le sourire gravé sur son visage est communicatif et agit comme un remède à l'ennui et au chagrin. Objet de curiosité et d'horreur, Gwynplaine attire les foules.

Je me suis lancée dans cette lecture au début de l'été et je me suis rapidement rendue compte que, de mon point de vue, ce n'était pas forcément la meilleure période pour apprécier ce type d'ouvrage. Je précise aussi que j'ai vu l'adaptation qui en a été faite au cinéma avec Gérard Depardieu, Marc-André Grondin et Christa Théret, avant de le lire (chose que j'evite de faire mais bon, là, ça s'est trouvé comme ça). Je n'avais pas du tout aimé le film, j'avais trouvé que tout était rtop (le jeu des acteurs, les dialogues...). Et à la découverte du livre, je comprends mieux les critiques qui disent que se lancer dans l'adaptation de cette oeuvre relève de l'exercice périlleux.

Il est très difficile de chroniquer un livre tel que celui-ci. D'abord parce qu'il fait partie des classiques de la littérature française et qu'à ce titre, il appartient au patrimoine, un monument historique, une oeuvre qui doit imposer le respect. Et puis parce que c'est Victor Hugo, dont c'est toutefois le premier livre que je lis. Et cet auteur possède une plume extraordinaire, il manie les mots, les tournures de phrases à la limite de l'intemporel. J'ai été subjuguée par ce style absolument incomparable et très caractéristique des auteurs du XIXème siècle surtout. Jamais je n'ai lu un auteur contemporain capable de produire une telle prose.

Les pasages qui décrivent l'amour qui anime Gwynplaine et Dea sont tout simplement sublimes. Quelques exemples:

 

"Gwynplaine voyait descendre vers lui en pleine lumière, dans un arrangement de destinée qui ressemblait à la mise en perspective d'un songe, une blanche nuée de beauté ayant la forme d'une femme, une vision radieuse dans laquelle il y avait un coeur, et cette apparition, presque nuage et pourtant femme, l'étreignait, et cette vision l'embrassait, et ce coeur voulait bien de lui; Gwynplaine n'était plus difforme, étant aimé; une rose demandait la chenille en mariage, sentant dans cette chenille le papillon divin; Gwynplaine, le rejeté, était choisi."


 

"Que serais−je sans elle?

Dea avait une pensée:

_Que serais−je sans lui?

Ces deux exils aboutissaient à une patrie; ces deux fatalités incurables, le stigmate de Gwynplaine, la cécité de Dea, opéraient leur jonction dans le contentement. Ils se suffisaient, ils n'imaginaient rien au-delà d'eux−mêmes; se parler était un délice, s'approcher était une béatitude; à force d'intuition réciproque, ils en étaient venus à l'unité de rêverie; ils pensaient à deux la même pensée. Quand Gwynplaine marchait, Dea croyait entendre un pas d'apothéose, Ils se serraient l'un contre l'autre dans une sorte de clair−obscur sidéral plein de parfums, de lueurs, de musiques, d'architectures lumineuses, de songes; ils s'appartenaient; ils se savaient ensemble à jamais dans la même joie et dans la même extase; et rien n'était étrange comme cette construction d'un éden par deux damnés.

Ils étaient inexprimablement heureux.

Avec leur enfer ils avaient fait du ciel; telle est votre puissance, amour!

Dea entendait rire Gwynplaine. Et Gwynplaine voyait Dea sourire.

Ainsi la félicité idéale était trouvée, la joie parfaite de la vie était réalisée, le mystérieux problème du bonheur"

 

Ceci dit, en plus de 800 pages, l'auteur n'évite pas les longueurs et les digressions. Et il y en a beaucoup. L'histoire ne démarre vraiment qu'au quart du livre et j'ai survolé pas mal de passages. Le style peut par moments perdre le lecteur.

Enfin, je dois faire un aveu de taille: je n'ai pas fini le livre, j'en suis à la moitié. Mais je compte bien le terminer, c'est juste que j'ai manqué de temps et que, comme évoqué plus haut, j'ai eu envie de lire autre chose pendant la période estivale. J'ai donc lu deux livres en même temps, ce qui m'arrive très très rarement. En fait, je viens picorer de temps en temps avec cette lecture dont on pourrait dire qu'elle memmène hors du temps. Mais je ne voulais pas faire faux bond à Aifelle qui a organisé cette lecture commune, et ce depuis fort longtemps.

Je ne mettrais pas de note non plus à ce livre car il est pour moi hors catégorie. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de classique, cela ne m'avait pas trop manqué non plus, même si j'ai de bons souvenirs de ceux que j'ai découverts lorsque j'étais au collège et au lycée. Je me demande souvent d'ailleurs ce que j'en penserais aujourd'hui; aussi, je préfère rester sur l'impression qu'ils m'ont laissé à l'époque.

Lecture commune avec Aifelle, Claudia Lucia

Et je le propose pour le challenge des pavés de l'été (mais je ne donnerais le lien à Brize que quand je l'aurai terminé).

EDIT du 18 octobre: je crois que je vais en rester là...Et challenge encore raté cette année mais je ne désespère pas de le relever l'année prochaine (on y croit, on y croit).

Challenge pavé de l'été 2013

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Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...