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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 06:00

Certaines n'avaient jamais vu la mer

Editions Phébus - 2012- 139 pages

 

Histoires de Japonaises qui émigrent en Amérique au début du XXème siècle, pour aller vivre avec un mari qu'elles n'ont vu que sur photo et à travers quelques lettres échangées. Issues de la campagne ou des villes, elles aspirent, ainsi que leurs parents, à une vie meilleure. La déception est grande lorsque, s'attendant à rencontrer de beaux genlemen , elles s'aperçoivent qu'ils sont bien plus vieux que sur les photos, qu'ils ont les mains cailleuses et sont, pour la plupart, des rustres. Elles deviennent ouvrières agricoles, domestiques das les banlieues ou les villes, prostituées. Certains arrivent à monter leur propre affaire: épicerie, blanchisserie, bar à nouilles...C'est leur parcours, de leur perception par les Blancs à leur difficile intégration, la naissance et l'éducation de leurs enfants et enfin leur mise au ban à l'arrivée de la Seconde Guerre Mondiale, qui est ici raconté.

 

Roman magnifique, qui pourrait être une documentaire, retraçant le parcours de ces femmes mais aussi de toute une communauté, subissant le sort réservé aux immigrés. Leur destin n'est pas sans rappeler celui des Noirs sous bien des aspects. Ce témoignage trouve son intérêt dans ce qu'il fait la lumière sur cet épisode méconnu de l'Histoire, accentué par la coutume de ce peuple à être très discret.

Roman choral qui utilise le "nous" pour parler du destin de ces femmes, représentant l'appartenance à un groupe qui efface les individualités, rend anonyme mais qui traduit  la diversité des expériences de chacune. Poignant, émouvant, l'écriture est remarquable (bravo à la traduction), 

Vous l'aurez compris, un coup de coeur pour moi et je vous recommande cette vidéo de l'auteure qui explique comment est né ce livre:

http://www.editionsphebus.fr/certaines-n-avaient-jamais-vu-la-mer-julie-otsuka-9782752906700

Lecture commune avec Valérie , Mélo, Hélène, Sandrine

 

Ma note : 5 / 5

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 14:05

Seuls les poissons

Editions Jean-Claude Lattès - 2012- 411 pages

 

Marie, la cinquantaine, libraire, vit seule à Paris. Son mari, Alex, pianiste, est parti s'isoler à Corfou pour trouver l'inspiration et composer. Marie a deux soeurs: Anne, installée en Bretagne, sculptrice, qui fait découvrir son art à des jeunes en difficultés qu'elle accueille chez elle; Lise, vit, elle, aux Antilles.

Marie et Alex ont deux filles: Sarah, mère célibataire et veuve,qui vit aussi à Paris et Elsa, jeune femme solitaire, qui vient d'emménager à New-York, son diplôme de médecin en poche.

Toute cette famille a bien du mal à se comprendre, à communiquer. Pas d'animosité entre eux mais chacun se cherche, doit trouver sa place. Et sutout, ils vivent tous avec le spectre de Gabriel, mari de Sarah, disparu en mer un an auparavant, en ramenant le bateau de Lise aux Antilles. Chacun éprouve de l'incompréhension face à ce drame, d'autant que le corps n'a jamais été retrouvé. Mais aussi de la culpabilité, des regrets...

Aussi, lorsqu'Elsa tombe nez à nez avec Gabriel aux urgences de l'hôpital de New-York, tout est remis en question.

 

Le contexte de cette lecture ne pouvait être plus favorable: je suis en vacances, ce sont les fêtes donc période plutôt joyeuse, plus de temps pour me reposer et lire. Et bien heureusement que j'étais dans un état d'esprit positif sinon je ne sais pas dans quel état j'aurais fini ce livre. Que je n'ai pas fini d'ailleurs (une fois de plus, c'est la série noire en ce moment). Tous les personnages se sentent ou seuls ou malheureux ou insatisfaits. On ne comprend pas bien pourquoi tout le monde est accablé par la disparition de Gabriel alors que, pour certains, ils ne le connaissaient pas plus que ça. D'autant qu'il est le fils de la maitresse du père des trois soeurs (vous suivez là??), donc du grand-père de Sarah et Elsa.

Les réactions d'Elsa sont aussi très surprenantes, je n'ai pas trouvé ce personnage sympathique. Elle semble porter au fond d'elle un mal-être qui la ronge et puis, pouf, d'un coup, elle s'ouvre à un collègue et tout est résolu, elle retrouve la joie de vivre, élabore des projets. Mais elle résiste à ce confident transi, alors qu'on sait très bien qu'ils vont finir ensemble (on aurait gagné du temps...).

Alex, lui, part vivre seul en Grèce pour composer: ça n'a l'air de déranger personne qu'il laisse seule sa femme et s'éloigne de ses filles. Enfin, les artistes me direz-vous...

Les dialogues sont souvent l'occasion de glisser une phrase poétique ou une réflexion philosophique sur la vie, la famille, la liberté, le besoin de s'évader.

Bref, je n'ai pas accroché avec ce livre, qui est en fait la suite du premier roman de Françoise Kerymer, Il faut laisser les cactus dans le placard. D'après ce que j'ai pu lire sur le net, on saisit mieux certains aspects si on le lit d'abord. Je l'avais noté mais je crois que je vais passer mon tour finalement.

Pas un roman pour moi, ces personnages qui se torturent sans cesse l'esprit me lassent un peu. Mais il pourra plaire à d'autres?

Ma note: 2 / 5

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:06

La liste de mes envies

 

Editions Jean-Claude Lattès- février 2012- 184 pages

 

Jocelyne Guerbette, 47 ans, vit à Arras où elle tient une mercerie. Elle est mariée à Jo (Jocelyn), ouvrier chez Haggen-Dasz, et avec qui elle a eu deux enfants, maintenant grands et indépendants. Elle vit sa petite vie, tiens un blog qui marche très fort sur ses travaux de mercerie. Jusqu'au jour où elle gagne dix-huit millions d'euros à l'Euro-millions. Que va-t-elle faire de tout cet argent?

 

Ce livre a été un gros succès cette année. Les avis ont été assez partagés. Pour ma part j'ai bien aimé, sans que cela soit un coup de coeur non plus. Ce qui m'a plu, c'est qu'il donne lieu à des réflexions intéressantes et des situations auxquelles on s'identifie. Et nous, que ferions-nous si nous touchions le gros lot? Car cela a de quoi déstabiliser et faire tourner la tête.

Et puis, on suit l'analyse que fait Jocelyne de sa vie. Celle d'une femme ni belle ni laide, un peu enrobée, avec son mari avec qui ce n'est plus comme au premier jour. Car la vie est passée par là, avec son lot de malheurs (la perte d'une troisième enfant mort-né), les hauts et les bas d'une vie de couple. Au fond, Jocelyne n'est ni heureuse ni malheureuse, elle se sent stable, avec ses repères. Alors oui, elle a renoncé à ses rêves de prince charmant, de devenir styliste, on perçoit de la résignation mais pour autant elle ne s'estime pas malheureuse. Ce n'est pas la panacée mais elle s'en contente. Et c'est cet équilibre qu'elle ne veut pas ébranler avec cet argent.

J'ai trouvé ces réflexions intéressantes car elles nous ramènent à notre propre histoire: la vie de couple, de famille, l'épanouissement professionnel, l'estime de soi. Ce que nous sommes prêts à sacrifier ou à renoncer. Aux choix de vie. L'auteur réussit à se mettre dans la peau de son héroïne et il faut lui reconnaitre une certaine justesse.

Je regrette cependant que le livre soit si court, j'aurais aimé passer plus de temps avec ces personnages.

Dans l'ensemble, une très bonne impression, une lecture à laquelle on réfléchit. J'ai vu aussi que les droits ciné avaient été achetés et qu'un film doit se faire au printemps 2013, avec Didier Le Pêcheur (Des nouvelles du bon Dieu) à la réalisation.

 

Ma note : 4/5

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 09:30

Le choix de Sara Kristina

Editions Denoël - 2009 pour l'édition originale- 2012 pour l'édition française- 335 pages

      **Attention! Ne pas lire la 4ème de couverture**. Je crois que c'est la première fois que je vois ça: tout, absolument tout y est dit. Même ce qui se passe dans les dix dernières pages!! Remarquez, cela peut vous faire gagner du temps (et de l'argent) ;-)

Uppsala, en Suède, dans les années 1880. Le Dr Stig Ekeberg, jeune médecin diplômé, décroche un poste d'assistant du médecin municipal, le Dr Petersen, ce qui lui permet de rester en ville et d'éviter le passage obligé par l'hôpital pour faire ses preuves. "Il entre dans les attributions du médecin municipal d'inspecter les femmes publiques de la ville (...)" explique le Dr Petrersen à son disciple. Afin d'éviter toute épidémie, elles sont dans l'obligation de se présenter aux consultations. Au moindre doute, elles sont placées en quarantaine. DEs PV d'inspection des prostituées sont établis et remis au chef de la police . Des commissions sanitaires se réunissent ensuite avec les notables de la ville.

En binôme avec un agent de police, le Dr Ekeberg part régulièrement à la recherche de ces filles.

Ces protituées arrivent le plus souvent de la campagne, de milieux pauvres, et souvent orphelines avec comme seul horizon celui d'intégrer la maison close de la ville tenue par Tekla, qui assure protection, repas et vêtements, du moins de meilleure façon que livrées à elles-mêmes dans la rue et à la merci des esprits malveillants. C'est le cas de Sara Kristina qui, violéeet marquée par un invité de la maison où elle travaillait comme domestique, a fui la campagne pour l'anonymat de la ville. Alors qu'elle souffre des suites d'un tentative de suicide, elle demande un soir de l'aide au Dr Ekeberg. Celui-ci la prend un peu sous son aile.

 

Alors raconté comme ça, on se dit que le sujet est intéressant mais en fait j'ai été assez déçue par ce livre. En fait, je l'ai trouvé très inégal. Pendant un bon moment, il ne se passe pas grand-chose, puis cela décolle avec l'explication plus concrète des activités du médecin municipal et de son assistant. Cela se révèle d'ailleurs très instructif: la surveillance des prostituées au nom d'une veille sanitaire qui, bien sûr, ne pourrait pas concerner les respectables clients des ces dames; la mise en quarantaine des sujets "à risques" comme du bétail; la sur-mortalité de ces femmes démunies qui meurent dans des conditions souvent déplorables. Mais aussi le début des idées de régulation des naissances, de la prise de distance avec la réligion, courants émanant des universités de médecine.

Bref autant de sujets qui auraient mérité un développement beaucoup plus important. Le livre s'avère d'ailleurs vraiment intéressant lors de ces passages mais ils sont entrecoupés par des moments où l'attention retombe. Et c'est bien dommage.

J'ai été très gênée aussi par le fait que les dialogues ne sont pas matérialisés, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de tiret signalant une prise de parole. L'auteur revient bien à la ligne mais cela rend confuse la compréhension. J'ai eu du mal aussi à me répérer dans le temps, la construction rend parfois difficile la compréhension de la chronologie des événements.

Pour résumer, ce livre avait un thème intéressant mais qui n'a pas été exploité dans tout son potentiel. Lorsque le sujet est traité, il l'est bien, mais sinon, c'est un peu poussif. Lecture inégale, donc.

Ma note : 3/5

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 14:20

L'amour sans le faire

Flammarion - 2012- 319 pages

 

Franck, la quarantaine, vit à Paris comme cameraman. Fils d'une famille d'exploitants agricoles, il a très tôt fait comprendre à ses parents qu'il fallait pas compter sur lui pour reprendre la ferme familiale. La campagne, les travaux des champs, tout ça, ce n'est vraiment pas son truc. Tout l'inverse de son frère cadet, Alexandre, qui souhaite, lui, reprendre les rênes. Très vite, Franck décide de fuir cette vie et le mal-être qu'il ressent, vis-à-vis d'un frère qu'on semble lui préférer, plus conforme aux attentes de ses parents. La mort prématurée d'Alexandre lors d'un accident, précipite le départ de Franck.

Après 10 ans de silence, il entreprend de reprendre contact avec eux. Mais c'est un petit garçon qui décroche le téléphone. Qui est-il?

En parallèle, nous suivons l'histoire de Louise, ex-compagne d'Alexandre qui ne s'est jamais remise de la mort de son mari. C'est elle la mère du petit garçon, qu'elle a eu par accident après la mort de son mari, et qu'elle a confié à ses beaux-parents. Elle s'apprête à lui rendre visite pendant quelques jours.

Me voilà bien embêtée...Car j'ai reçu ce livre dans le cadre des match de la rentrée littéraire de Price Minister, j'ai été repêchée in extremis par Oliver Moss, qui m'a proposé de choisir parmi une liste de titres qui lui restaient (il y avait encore pas mal de choix). J'avais vu beaucoup de bonnes critiques sur ce livre, aussi me suis-je lancée presque les yeux fermés.

Mais alors, non. Quelle ne fut pas ma déception. Je n'ai d'ailleurs pas pu le finir, et c'est rare que j'abandonne un livre. Enfin, je ne dis pas que je ne le finirai pas mais là, j'ai décidé d'arrêter.  Je me suis ennuyée. J'ai trouvé ça long, lent. Le propos est en plus plutôt déprimant. Bref, j'ai bien conscience de tailler un costard à ce roman mais je n'ai pas accroché. On ne peut pas dire que le style de l'auteur soit mauvais mais il ne m'a pas plu.

Je me suis sentie vraiment seule au milieu du concert de lmouanges mais j'ai trouvé au moins un avis proche du mien, celui d'Yv.

D'autres ont fait part d'une lecture bien plus enthousiasmante comme Canel ou Jostein.

 

Ma note: 10/20

 

Matchs rentrée littéraire Price minister

Mais encore merci de m'avoir fait parvenir ce livre...

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 18:21

La bonne étoile

 

Editions Albin Michel - Mai 2012 (2011 pour l'édition originale) - 430 pages

 

une fois n'est pas coutume, je vais reprendre la 4ème couverture (pas dans son intégralité pour ne pas tout dévoiler) qui résume très bien l'histoire de ce livre:

" La timide Nell, Charlie la magnifique, Dan l'ambitieux, Jemma la révoltée: tous croient en leur bonne étoile. Formés au très select Drama Arts de Londres, où ils se sont rencontrés, ils rêvent de devenir des stars. La réalité sera-t-elle à la hauteur de leurs espérances? Auditions improbables, agents injoignables, tournées miteuses, tapis rouge sans lendemain ponctuent leur parcours semé d'embûches dans un monde dominé par l'ambition, la vanité et les faux-semblants (...).

Dans cette comédie douce-amère, Esther Freud- qui fut elle-même actrice- pose un regard à la fois tendre et aigu sur ses personnages ainsi que sur les splendeurs et misères d'une profession aussi exaltante qu'impitoyable."

 

J'ai bien aimé ce livre, il se lit très bien et dépeint donc le milieu des acteurs / comédiens. Etalée sur 10 ans, cette histoire adopte tour à tour le point de vue d'un des personnages pour se pencher sur son évolution. J'ai trouvé intéressant de suivre le parcours de chacun dans ce milieu à la fois cruel et paradisiaque. Rien n'est jamais gagné: c'est l'extase lorsqu'un rôle est décroché, que le projet se déroule mais une fois terminé, tout est à recommencer (les contacts avec l'agent, les auditions, les espoirs, les désillusions...).

Et puis, il faut composer avec sa vie personnelle, soumise à l'instabilité du métier, à la difficulté de construire une relation durable avec quelqu'un du métier ou pas. On perçoit souvent un décalage entre l'ambition de ces jeunes comédiens et ce à quoi ils peuvent prétendre. Durant leurs études dans l'école d'art dramatique, on les prépare à être l'élite et à la sortie (parfois prématurée), certains tombent de haut. Car la réalité du métier passe aussi par l'attente à côté du téléphone, la concurrence, les petits boulots alimentaires. Tout le monde ne jouera pas Shakespeare...

Alors se développent de la frustration, de l'orgueil aussi, parfois de la prétention.

On a pu reprocher à ce livre d'être trop dans les clichés. Je dois dire que, vu le sujet, je m'attendais à ces thèmes, même si je reconnais que parfois l'auteure a peut-être épaissi le trait. Mais n'est-ce pas aussi une réalité? Cliché peut-être, mais faut-il parler d'autres choses qui ne correspondent pas au vécu des ces gens? Loin de moi l'idée de les plaindre mais derrière tous les acteurs et comédiens sur le devant de la scène, un bon nombre rame dans l'ombre et essaie de percer. Nous connaissons tous plus ou moins la situation des intermittents du spectacle.

 

Pour résumer, le sujet m'a intéressée et j'ai apprécié cette lecture. De plus, j'aime beaucoup la couverture.

 

Ma note : 4/5

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 09:55

Dernier été à Mayfair

 

Editions Belfond- 2011 - 472 pages

 

Saga de la famille Rotherfield, aristocrates anglais, qui vivent  au sein d'une société en pleine mutation, la fin du XIXème siècle et à l'aube et au cours de la Première Guerre Mondiale. Les Rotherfield, grands propriétaires terriens et famille respectée, est composée de Julian, l'aîné, qui embrasse une carrière politique à la Chambre des Lords, et s'attache à garder l'honneur de son rang, faisant preuve d'un grand sens du devoir. Lady Evangeline, surnommée Evie, adhère à la cause féministe et milite comme suffragette; Edward, jeune homme égoïste et insouciant, a le don pour s'attirer les ennuis, dus notamment à une grande naïveté. Enfin, la cadette Victoria rêve d'une vie de princesse que peut lui offrir le statut de sa famille.

 

Chacun des personnages va vivre les bouleversements de cette société anglaise et plus largement européenne où l'hégémonie des aristocrates est mise à mal par les aspirations de liberté et de démocratie de plus en plus marquées. La grande Histoire côtoie bien sûr la petite, rythmée par les passions amoureuses et les rivalités. Tout cela sur fond  de  Première Guerre Mondiale, qui va faire vivre à cette génération son lot d'épreuves, marquant à jamais les esprits.

 

Voilà typiquement une lecture de vacances: une grande famille, des caractères différents, des passions, des haines...Tous les ingrédients sont réunis. Ne reste plus qu'à s'installer, avec un gros pot de glace et c'est parti pour la saga de l'été sur France 2.

 

Donc pas grand chose à en dire si ce n'est que ce livre remplit son contrat pour les histoires du genre. Le style est aussi pompeux et romantique que l'époque, certaines phrases sont même parfois risibles (ou comment faire 4 lignes pour dire que le ciel est bleu...). Et que dire des scènes entre hommes et femmes...Mais qu'importe, pour moi, cela fait partie du package. J'ai lu il y a peu de temps le  premier tome de La chute des géants de Ken Follett à qui ce livre ressemble vraiment beaucoup (même localisation, mêmes types de personnages...) et j'avoue avoir été prise d'un air de déjà lu. Cela m'a enlevé l'originalité du sujet, et tout est un peu prévisible.


J'ai bien apprécié en revanche ce qu'on peut apprendre sur la Belle Epoque, l'auteure est très bien documentée. Le mouvement féministe en Grande-Bretagne, bien plus à l'avant-garde qu'en France, le destin des prêtres-soldats en France. 

L'auteure n'a pas fait dans la demi-mesure sur le traitement des sujets, tout y passe: le Titanic, , les tranchées, les gueules cassées, la bravoure et le courage des petites gens...Malgré tout, cela ne fait pas de mal de se rappeler la boucherie qu'a été la Grande Guerre, et les traumatismes de tous ordres qu'elle a provoqué.

Je recommande donc cette lecture aux amateurs (trices) du genre, mais je lui ai préféré le Ken Follett (qui, lui, a fait dans le roman-fleuve) sur les mêmes thématiques. 

 

L'avis de Clara

Ma note 2,5/5


Challenge pavé de l'été



 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 22:00

La ballade de Lila K

 

Editions Stock - 2010- 392 pages

 

En 2100. Une petite fille, Lila est recueillie au Centre après l'arrestation de sa mère. Mi-pensionnat, mi-prison, Lila doit réapprendre à vivre en société au Centre. Une société ultra sécurisée, avec une surveillance permanente par caméras (jusque dans les chambres et les appartements), où les livres sont interdits car soi-disant allergènes à cause du papier. A la place, chaque citoyen possède un grammabook, sorte de tablette tactile numérique. Le contrôle s'étend même à la procréation puisque chaque couple désireux d'enfanter doit recueillir l'aval d'une commission pour faire enlever l'implant contraceptif posé à chaque femme en âge de procréer. Le plaisir n'étant pas prohibé, c'est un vibromasseur qui est offert par le Ministère à toutes les adolescentes, qui ont l'obligation de s'en servir, caméra à l'appui! Bref, la liberté n'a que peu de place dans cette société.

 

Lila, elle, n'a qu'une obsession: retrouver sa mère et comprendre pourquoi elle en a été séparée. Elle reprend peu à peu confiance en elle, aidée par le bienveillant et provocateur M.Kaufmann, directeur du Centre, qui lui apporte une ouverture d'esprit, si rare dans cette société cadenassée. Sa quête la conduit à rencontrer d'autres personnages  qui l'amènent sur les traces de sa mère et de sa propre histoire, qui a commencé dans la Zone.

 

Voilà un beau roman. Pas gai, mais beau. J'ai été littéralement transportée par cette histoire, dure au fond, mais qui déborde de tendresse, de simplicité et d'espoir. J'ai aimé la plume de Blandine Le Callet, son analyse d'une société futuriste mais ce modèle est-il si éloigné de ce que celle nous connaissons aujourd'hui  pourrait devenir ?

Lila joue sans cesse sur l'illusion, donner l'impression que, pour parvenir à ses fins et gagner un peu d'autonomie et de liberté qui lui permettent d'avancer. Les personnages sont très attachants, on suit avec grand intérêt leur évolution.

Il y est question aussi de la mémoire d'une société, où les livres n'ont plus leur place. Les journaux sont numérisés pour  faire disparaitre de façon durable ces écrits. Ce n'est pas Farenheit 451, mais pas loin.

Et puis, il y a la Zone. Cet endroit redouté, dont on ne sait pas très bien ce qui s'y passe, qui y vit. Une chose est sûre: cette Zone est stigmatisée, une vraie frontière la sépare de la ville intra muros. On est clairement dans la peur, le rejet de l'autre, de l'inconnu.


Un vrai coup de coeur pour ce livre.


Ces derniers temps, j'ai passé de très bons moments de lecture: pourvu que ça dure!

 

Ma note :  5/5

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 16:45

 

Nos vies désaccordées

 

 

142 pages - Editions Autrement- 2012

 

François Vallier, pianiste de renom, découvre que son ex-compagne, Sophie, est hospitalisée depuis trois ans dans un asile psychiatrique, période depuis laquelle ils sont séparés. Il décide de tout plaquer pour aller retrouver son ancien amour et comprendre comment tout cela est arrivé.

L'occasion de revenir sur son amour avec Sophie, jeune femme fragile et sensible, artiste peintre, et d'apprendre la douloureuse épreuve qui a eu raison de leur couple.

 

Vont-ils pouvoir se retrouver?

 

Ce court roman s'apparente à une nouvelle. Le style de Gaëlle Josse est très agréable à lire, parfois lyrique, en lien aussi avec le domaine dans lequel évolue le personnage principal. Je retiendrais de cet univers artistique l'égoïsme, voire l'égocentrisme de certains artistes, aveuglés par leur art, et la difficulté de vivre à leurs côtés. Mais aussi souvent une grande fragilité, une soif insatiable de reconnaissance, qui prend racine dans l'enfance.

 

Je ne sais pas ce qu'il en restera dans quelques temps, mais j'ai passé un bon moment.

 

Ma note : 4/5

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 00:00

 

Loin des mosquées

 

 

 

274 pages - Editions Robert Laffont - 2012

 

Une incursion dans la communauté turque entre la Belgique et l'Allemagne, de nos jours. Il y a quatre narrateurs, donc quatre points de vue dans cette histoire. D'abord Evren, jeune homme un peu empoté, parti quelques mois suivre ses études dans une école de commerce à Cologne. Il y est hébergé par un de ses oncles; il tombe  fou amoureux de sa jolie cousine Derya. De son côté, la jeune fille aspire à la liberté, à l'amour, qualités qu'elle ne retrouve pas chez Evren qui, malgré sa gentillesse, lui apparait trop conformiste. Econduit par Derya, la famille d'Evren entend laver cette humiliation en arrangeant un mariage entre Evren et Yasemin, une autre cousine du côté maternel, venue de Turquie. Enfin, acteur malgré lui de ces hsitoires familiales, René, croque-mort, habite dans le quartier où vit le frère d'Evren.

 

Je connaissais Armel Job pour avoir lu Tu ne jugeras point que j'avais beaucoup aimé, dont je me souviens encore.  Même constat pour celui-ci: j'ai beaucoup aimé, je l'ai lu d'une traite. J'aime l'écriture d'Armel Job: belle, simple, sans fioritures, précise. Cela parait bête mais ce n'est pas donné à tout le monde. L'idée d'adopter différents narrateurs enrichit aussi considérablement l'histoire.

 

Il y est question du poids des règles dans la communauté turque, immigrée en l'occurence, où cohabitent sans cesse traditions et modernité. J'ai été frappée par ces contradictions. Par exemple, la condition des femmes: elles suivent des études, parfois poussées,  encouragées par leurs parents, mais sont toujours soumises à l'autorité masculine, du père, des frères puis du mari. Les mariages arrangés sont encore monnaie courante.

 

 

En bref, je recommande vivement ce livre qui m'a beaucoup plu, malgré un titre peu accrocheur.

Encore un bon moment avec Armel Job.

Encore une chouette lecture pour le défi Voisins, Voisines.

 

Ma note : 4,5/5

 

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Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...