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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 14:53

Editions Les Avrils - 2021- 233 pages

Léni habite sur une île, il travaille dans un chantier naval, sous la responsabilité de Marcel, qui lui a tout appris et auprès de qui il trouve une figure paternelle. Après le travail, Léni retrouve ses amis et collègues au café tenu par Christine, où s'enchaînent les parties de coinche. Discret, se laissant un peu porter, il attend avec impatience un week end sur deux de passer du temps avec sa fille Agathe.

Mais le gros sujet du moment, c'est le projet de pont qui reliera l'île au continent. Il y a ceux qui sont pour, qui y voient une formidable occasion de s'ouvrir au monde, et ceux qui sont contre, qui le perçoivent comme une menace à leur identité insulaire. A cette occasion, Chloé, une jeune photographe, vient réaliser un reportage sur l'île et ses habitants.

Avant ma lecture, j'ai eu un peu peur: des descpritions techniques, des mots savants connus des plus avertis, et puis très vite j'ai été rassurée, rien de tout ça dans cette histoire, ou alors très bien intégrés dans le récit. Il s'agit ici de ce que cela représente d'habiter une île, comme une protection, cette île accessible seulement par la mer, qui se mérite, de ces terres marquées par une identité forte. Alors quand il est question d'un pont, pour certains, c'est tout un univers qui semble menacé: le patrimoine, l'isolement volontaire, les repères.

Ce que propose Martin Dumont, c'est d'établir le parallèle entre les îles et les hommes. Léni est comme cette île, inacessible, difficile à atteindre. Le pont pour lui serait-il la rencontre avec Chloé? J'ai beaucoup aimé ce roman aux personnages attachants, et qui raconte la vie de gens simples, avec une grande délicatesse. L'auteur retranscrit très bien son attachement à ce milieu, à sa passion de la mer et des bateaux, aux gens qui le compose, le tout servi par une écriture simple et pudique. Une très belle découverte.

Ma note:

Tant qu'il reste des îles - Martin Dumont
Tant qu'il reste des îles - Martin Dumont
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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 09:41

Editions Flammarion - 2021- 175 pages

Constance raconte l'histoire de son père, Jacques, professeur d'italien, mort du sida au début des années 90. Elle explique comment il a mis un terme à son mariage avec sa mère, pour qui il vouait une profonde tendresse, et comment il a assumé son rôle de son père dans un schéma familial peu ordinaire pour l'époque, en vivant avec son copain.

Bien sûr, on ne peut qu'être touché par ce récit, qui transpire d'amour, d'une fille pour son père qui a choisi de bousculer les codes et de vivre enfin vraiment sa vie, sans plus se mentir à lui-même et aux autres. Dans les années 80, on est aux balbutiements de la "reconnaissance" des homosexuels, en même temps qu'on découvre leur existence et tous les jugements qui vont avec.

Pour autant, je m'interroge sur la qualification de roman de ce livre. Pour moi, il s'agit d'un récit, d'un témoignage et j'ai du mal à saisir pourquoi il n'est pas exposé comme tel. Je ne comprends pas ce que cela apporte de le ranger dans les romans, au contraire. Et cela, ça me gêne, parce que j'ai le sentiment qu'il y a tromperie sur la marchandise. Mon attente en tant que lectrice n'est pas la même selon que je m'apprête à lire un récit ou un roman. 

Alors je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce livre, pas du tout, parce que le propos est foncièrement sincère et touchant, mais je crois que j'ai un problème avec l'auto-fiction (et pourtant, j'en ai aimé...bah je vais arrêter de chercher à comprendre...).

Ma note: 

Over the rainbow - Constance Joly
Over the rainbow - Constance Joly
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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 09:19

Editions Sabine Wespieser - 2021 (!) pour l'édition originale - 2020 pour la traduction française- 117 pages

Irlande, 1985. William Furlong, marié et père de trois filles, possède une entreprise de bois et charbon. Lors d'une de ses livraisons au couvent, il découvre des jeunes filles cachées et maltraitées. Des filles-mères à qui on a retié leur bébé. Cela le ramène à sa propre histoire: né de père inconnu, sa mère, domestique chez Mme Wilson, aurait pu connaitre le même sort, si Mme Wilson ne les avait pas pris tous deux sous son aile. 

A l'approche de Noël, William ressent le besoin d'aider ces jeunes filles, de faire "ce genre de petites choses" qui peuvent, si ce n'est changer une vie, au moins apporter du soutien, et se dire, qu'à son tour, il tend la main.

Ce court roman est plus une nouvelle pour moi. Il prend comme toile de fond un pan terrible de l'histoire de l'Irlande, celle de ces jeunes filles cachées dans les couvents, qui avait été mis en avant dans le film The Magdalen sisters (2002), qu'il convient de voir si on veut en savoir plus sur le sujet, qui me parait du coup survolé ici, c'est dommage.

Très bien écrit, le style m'a paru toutefois désuet par rapport à l'époque où le récit est censé se dérouler. Rien n'est en trop, les mots sont bien choisis.

Ma note:

Ce genre de petites choses - Claire Keegan
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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 09:54

Editions Gallimard - 2020- 226 pages

Quatrième de couverture: J'avais du mal à écrire, je tournais en rond. Mes personnages me procuraient un vertige d'ennui. J'ai pensé que n'importe quel récit réel aurait plus d'interêt. Je pouvais descendre dans la rue, arrêter la première personne venue, lui demander de m'offrir quelques éléments biographiques, et j'étais à peu près certain que cela me motiverait davantage qu'une nouvelle invention. C'est ainsiq ue les choses ont commencé, je me suis vraiment dit: tu descends dans la rue, tu abordes la première personne que tu vois et elle sera le sujet de ton livre.

Ce quelqu'un, c'est Madeleine Tricot, une femme  âgée que l'auteur accoste alors qu'elle traverse la rue, revenant des courses. Après lui avoir exposé son projet, d'écrire un livre sur elle, le voilà embarqué aussi avec Valérie Martin, la fille de Madeleine, enseignante, Patrick, son mari, qui travaille dans les assurances, et leurs deux adolescents. A la manière d'un biographe, l'auteur va rentrer dans la vie de la famille Martin et dérouler ainsi le fil d'une histoire où les personnages sont réels. Et cela ne sera pas sans conséquences sur la vie des protagonistes...

L'auteur découvre ainsi que Madeleine, sous ses airs de retraitée paisible, porte en elle une histoire romanesque, celle de son amour de jeunesse qui l'a subitement quittée. La vie de Valérie et Patrick va connaitre un nouveau souffle grâce à l'auteur, qui lui-même va se trouver confronté à sa propre vie et à ses choix, chose qu'il n'avait absolument pas prévu.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la démarche est originale et qu'il n'est pas tellement surprenant qu'un auteur comme David Foenkinos ait choisi ce procédé. Il y joue son propre rôle, et il relate des rencontres, des personnes, des situations qui se sont a priori réellement déroulées. Je dis a priori parce que un des sujets du livre est bien le rapport au réel, ce qui relève de la fiction ou non, et ce que le lecteur s'attend à lire par rapport à cela. La volonté de travailler et de diriger des personnages est-elle forcément plus légitime que d'aborder des personnages réels et retranscrire ce qu'ils sont, ce qu'ils vivent sans aucune prise. Voilà bien le type de questionnement qui m'irrite au plus haut point. Est-ce la réalité? Est-ce de la fiction? En brouillant ainsi les pistes, j'ai toujours la désagréable impression d'être manipulée et qu'on cherche à me piéger.

Et le challenge, c'est de rendre intéressante la banalité apparente de la vie des personnages choisis au hasard. Et c'est là que le bât blesse. Aussi originale que soit la démarche, j'ai eu du mal à m'intéresser à cette histoire qui m'a parue être en roue libre. Malgré le style et l'humour de l'auteur, j'ai mis un temps fou à lire ce livre.

Dans la mise en scène de personnages ordinaires, j'avais préféré Le mystère Henri Pick, que j'avais trouvé davantage maitrisé. 

En résumé, le procédé est original mais ça ne suffit à donner de la consistance.

Ma note:

La famille Martin - David Foenkinos
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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 14:47

Editions La Manufacture des Livres - 2020- 188 pages

A Nancy, en Lorraine, un père élève seul ses deux fils adolescents, suite au décès de la mère de maladie. Le père travaille à la SNCF; l'aîné, Fus, ne parvient pas à briller dans les études, alors que le plus jeune, Gilles, réussit mieux. Malgré la difficulté de la situation, les trois hommes partagent des moments de bonheur, au stade, en regardant ensemble les JO à la télé...bref une vie simple. Jusqu'au jour où le père découvre que Fus fréquente les milieux d'extrême-droite. C'est l'incompréhension, la honte, lui qui a toujours milité à gauche.

S'ouvre alors une guerre silencieuse entre le père et le fils, une distance s'instaure entre eux, le silence s'installe. Comment gérer le choix de ce fils, qui met à mal leur relation?

Voici le genre de livres dont il est difficile de parler, il m'a tellement plu que je crains de ne pas lui rendre justice. Ce livre m'a bouleversée. Il parle de la relation d'un père avec ses fils, de ce qu'il y a d'incontrôlable, d'insondable, de ce qu'on ne maitrise dans la vie de nos enfants, malgré tout ce qu'on a souhaité ardemment leur transmettre, comme valeurs, comme sens à la vie. 

Ce récit, simple mais pas simpliste, montre à quel point rien n'est écrit à l'avance. On est ici dans un milieu modeste mais pas misérable. Les deux fils ont vécu la maladie de leur mère, les attentes à l'hôpital, l'issue fatale. Et pourtant, chacun ressent les choses différemment. Et il en va de même pour toutes les étapes de la vie. Lorsque le père apprend l'engagement de son aîné auprès d'un groupe d'extrême-doite, c'est la stupeur, la honte, l'incompréhension. Le lecteur assiste alors à l'éloignement des deux hommes, même si le conflit ne se traduit pas par des affronts, des disputes. Non, la violence est sourde, silencieuse. Ils ne se parlent plus, que pour l'essentiel, s'éloignent l'un de l'autre. A côté, le petit frère est au milieu, déchiré entre son amour pour son père et pour son grand frère.

Et autour d'eux gravitent quelques personnages très bien campés: le copain de Fus, qui vient prêter main forte à Gilles pour ses études, ce fils que le père aurait sans doute voulu avoir; Jacky, le copain et voisin, qui a un profond attachement pour cette famille...

Mais au fond, ce que j'ai ressenti dans ce texte, malgré cette colère, cette tristesse, cette honte, cette impuissance, c'est un grand grand cri d'amour. Une tendresse sans borne, maladroite sans doute, mais omniprésente. Et en cela, rien qu'en cela, ce livre est beau. Un énorme coup de coeur.

Ma note:

Ce qu'il faut de nuit - Laurent Petitmangin
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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 09:39

Editions Eyrolles - 2020 - 322 pages

Rose est en EHPAD et son état se dégrade, son esprit divague de plus en plus. Le Dr Brodier, médecin dans ledit EHPAD, convoque Barbara, la fille unique de la vieille dame. Or, Barbara ne semble avoir que faire de ce qui pourrait arriver à sa mère. Elevée sans tendresse ni marque d'affection, elle a tiré un trait sur ce passé douloureux. Pourtant, à l'occasion de ce rendez-vous avec le Dr Brodier, elle appre,d que Rose souffre de bipolarité depuis de nombreuses années, ce que Barbara ignorait.

Le Dr Brodier, lui, s'ennuie dans ce nouvel emploi. Habitué à gérer de plus grosses structures en milieu hospitalier, il peine à trouver de la motivation au travail, lui qui a été accaparé toute sa vie par son boulot. Quitte à négliger son mariage...

Enfin, Lise, aide-soignante à l'EHPAD, fait ce qu'elle peut, avec force et bienveillance, pour apporter un peu de réconfort et d'humanité aux résidents, en dépit du manque de moyens qui se fait de plus en plus criant.

Ce livre, ce sont tous ces parcours de vie, sur lesquels les personnages se retournent et tentent d'analyser. Une enfance meurtrie, une mère qu'on pense cruelle mais en réalité malade, les incompréhensions, lmes occasiions qu'on laisse passer, par peur, par lâcheté parfois. Et comment on vit avec ces casseroles, cahin-caha. 

Pour le Dr Brodier, il est encore temps de réparer ce qui peut encore l'être; pour Barbara, voici venu le temps des questionnements, des remises en questions, mais obtiendra-t-elle les réponses à ses interrogations?

L'auteure donne à voir les conditions de vie et de travail dans les EHPAD, à travers les peresonnages de Rose et de quelques résidents, mais aussi ceux de Lise et du personnel, pour qui exercer correctement leur métier s'apparente à une lutte permanente face à un système qui ne leur en offre pas les moyens.

Le propos est intéressant, même si le récit apparait souvent très didactique. Et pourtant, j'ai bien aimé, notamment les réflexions sur le rapport à la maladie, et il parlera sans doute à beaucoup de lecteurs confrontés directement ou indirectement à ces situations très actuelles.

Ma note:

Les coeurs imparfaits - Gaëlle Pingault
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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 16:01

Editions Albin Michel - 2020- 392 pages

Le Gour Noir, c'est une vallée isolée, perdue dans les montagnes, où vit la famille Volny. Le père, Martin, revenu éprouvé de la Deuxième Guerre mondiale; la mère, Martha, qui s'est complètement réfugiée dans la religion; le grand-père maternel, Elie, qui s'est retrouvé handicapé des suites d'un accident; et enfin les quatre enfants, Matthieu, Marc, Mabel (l'unique fille, officiellement prénommée Jean) et Luc, alors adolescents ou jeunes adultes.

Tous sont liés à la centrale électrique qui surplombe la vallée. Ils y travaillent, de père en fils. La ville et la centrale appartiennent à un certain Joyce qui règne en maitre autoritaire sur son territoire. Pourtant, un vent de liberté se met à souffler, le désir d'émancipation, à commencer par Mabel, la fille de la famille Volny. Et si ce vent nouveau signait la fin d'un ordre établi?

Cette centrale électrique se trouve au coeur du paysage, véritable araignée qui a tissé sa toile, telle qu'elle est décrite dans le livre. L'atmosphère est dure et froide dans ces montagnes où on perçoit une immuabilité, une absence de perspectives. On travaille à la centrale, ou au barrage qui l'alimente ou encore à la carrière attenante, les hommes se retrouvent à l'Amiral, le bar de la ville, qui propose aussi des femmes à l'étage. Le tout tenu d'une main de fer par le propriétaire tout puissant, qui habite un immeuble entier à lui tout seul. Il s'est octroyé une garde rapprochée, une milice chargée de surveiller les habitants.

Je découvre Franck Bouysse avec ce livre, dont je trouve déjà le titre magnifique. Buveurs de vent symbolise ce désir de liberté, d'émancipation porté par certains protagonistes, mais aussi cette ode à la nature: les montagnes, les forêts, la rivière occupent une place prépondérante dans le récit. Et la famille Volny s'intègre parfaitement dans ce décor: ce sont des taiseux, on ne se dit pas les choses, laissant les non-dits et les rancoeurs s'installer. Seuls les quatre enfants entretiennent des liens très forts entre eux, animés d'un amour fraternel profond.

Cette micro société coupée du monde semble parfois irréelle, aux accents dystopiques parfois. Entre les prénoms bibliques donnés aux enfants Volny, les prénoms des parents quasi identiques, et enfin ceux du cercle de Joyce (Snake, Lynch...), l'auteur brouille les pistes en mélangeant les influences.

L'ambiance y est très noire mais l'espoir trouve sa place. L'écriture est très belle, lyrique (un  peu trop, parfois?), les chapitres sont courts, j'aurais aimé toutefois que les personnages soient plus fouillés, ce qui m'aurait probablement permis de rentrer encore plus dans l'histoire.

Mais cela reste un très bon livre, qui recueille de très bonnes critiques.

L'avis de Krol

Ma note:

 

Buveurs de vent - Franck Bouysse
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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 09:45

Editions Philippe Rey - 2020- 168 pages

Stains, en banlieue parisienne. Un viol en réunion a été commis dans cité sur une jeune fille de quinze ans. Des jeunes du collège sont soupçonnés d'être les auteurs. C'est la stupeur. Pour Emma, professeur dans cet établissement, cela ravive de douloureux souvenirs.

Ce deuxième roman de Gabrielle Tuloup s'attache à montrer comment un événement aussi grave qu'un viol peut faire voler des vies déjà fragiles. D'abord, celle de la victime, celle de sa famille, pour qui parler relève du courage. Parler, porter plainte, c'est risquer des représailles, la stigmatisation, c'est envisager de quitter le quartier.

Pour les auteurs présumés, aux profils et aux âges différents, c'est basculer alors qu'on perçoit chez eux qu'ils sont constamment sur un fil, en équilibriste, à la merci de la moindre défaillance. 

Et les mains qui se tendent pour les maintenir à l'équilibre, ce sont les professeurs, les parents, certains, qui font ce qu'ils peuvent, quand d'autres sont démissionnaires. Alors lorsque ce viol survient, c'est l'abattement, l'échec qui envahissent ces adultes qui ne peuvent s'empêcher de dire qu'ils ont raté quelque chose.

L'auteure expose les réactions des différents acteurs de cette tragédie, parmi lesquels les autres élèves du collège, qui connaissent bien les protagonistes. Et les réactions sont parfois édifiantes, qui en disent longs sur l'image de la femme dans ces quartiers, et sans doute dans la société plus globalement. Que savent les jeunes d'aujourd'hui sur la question sexuelle? Le consentement? N'assiste-t-on pas à une régression? J'ai mon idée sur la question; on a encore du chemin à parcourir.

Enfin, pour Emma, cet événement va faire resurgir en elle un épisode douloureux de son histoire, qui a aussi à voir avec le consentement dans la sphère conjugale. C'est une très bonne idée d'avoir abordé le sujet aussi sous cet angle, mais la transition m'est apparue abrupte, et moins bien traitée.

En résumé, ce roman pose des questions très intéressantes, on ne peut plus d'actualité, mais quel dommage qu'il soit si court!!! J'ai été clairement frustrée que ces questions, le point de vue de chacun, n'aient pas été plus approfondi. 

Ma note: 

 

 

Sauf que c'étaient des enfants - Gabrielle Tuloup
Sauf que c'étaient des enfants - Gabrielle Tuloup
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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 15:55

Editions Gallimard - 2019 pour l'édition originale- 2020 pour la traduction française - 357 pages

Présentation de l'éditeur:

Hannah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 1990 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l'art, l'activisme, l'amour et leur avenir, qu'elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire. Leur vie est électrique et pleine de promesses, leur amitié franche et généreuse. Les années passent, et à trente-cinq ans, entre des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites et chacune convoite ce que les deux autres semblent posséder. Qu'est-il arrivé aux femmes qu'elles étaient supposées devenir ?

 

Comme dans son précédent roman Le chagrin des vivants que j'avais adoré, Anna Hope propose dans ce récit trois portraits de femmes, amies entre 1987 et 2010. En 2010, elles ont trente-cinq ans et vivent à Londres ou à proximité. Hannah est mariée depuis plusieurs années, est heureuse avec son mari mais ils n'arrivent pas à avoir d'enfant, ce qui commence à atteindre le couple. Lissa tente de percer enfin en tant qu'actrice, et court de castings en auditions, sans parvenir à se stabiliser. Enfin Cate vient d'être maman et de déménager à Canterbury, mais ne se sent pas heureuse dans cette vie qu'elle n'a pas souhaité.

Le roman s'attache à décrypter les rêves, les désirs de ces jeunes femmes lorsqu'elles étaient adolescentes et jeunes adultes, et ce à quoi leur vie ressemble finalement, entre désillusions, envies, jalousies. L'herbe est toujours plus verte ailleurs croit-on. Il s'agit d'un roman contemporain, sur notre époque, sur le quotidien et le banal. Anna Hope, une fois encore, réussit à faire vivre ses personnages, avec beaucoup de justesse. Aucune n'est vraiment sympathique, en tout cas pas tout le temps, elles sont toutes parfois agaçantes mais aussi attachantes. Le personnage de la mère de Lissa complète bien la galerie en donnant le point de vue de la génération précédente, sur ce qu'elle a vécu, à une autre époque, et le regard qu'elle pose sur la vie de ses enfants dans une société qui ne fait pas de cadeau.

Un roman qui se lit bien, même si j'ai quand même préféré Le chagrin des vivants.

Ma note:

Nos espérances - Anna Hope
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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 09:49

Editions Jacqueline Chambon - 2009 pour l'édition originale - 2010 pour la traduction française - 517 pages

Présentation de l'éditeur:

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.

La jeune bourgeoise blanche et les deux bonnes noires, poussées par une sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

L'avantage du confinement aura été sans nul doute de sortir de ma PAL des livres qui attendaient depuis longtemps sur mes étagères. Celui-ci en fait partie, cela faisait dix ans qu'il était là, et bien m'en a pris. Ce que j'ai trouvé formidable, c'est ce que ce livre est tout en nuances dans le sujet qu'il traite. Ce que décrit l'auteure du rapport entre les Noirs et les Blancs se révèle très intéressant: les bonnes s'occupent de la cuisine, du ménage des familles blanches, mais aussi de l'éducation des enfants, jusqu'à l'adolescence à peu près, et ça n'est pas rien. On leur confère parfois une grande confiance, on compte sur elles, et certaines n'hésitent pas à faire preuve de caractère, à l'instar de Minnie, quand bien même le rapport de forces reste biaisé au départ. On n'est plus au temps de l'escalavage, je n'ai pas pas perçu de misérabilisme, c'est encore autre chose, une autre étape. L'auteure montre bien que nous sommes encore loin de l'égalité, alors même que la communauté noire s'empare de la revendication des droits civiques, non sans représailles parfois très dures.

Et on en est d'autant plus loin que du côté des Blancs, à part certains qui restent intimement convaincus de leur supériorité, pour la plupart, la différence Blanc / Noir est un fait établi, c'est dans l'usage: c'est comme ça, et on ne se pose même pas la question de savoir si cela est légitime ou non, juste ou non. Beaucoup de Blanches développent une grande affectation, réciproque souvent,  pour celle qui les a élevées, que ces femes doivent presque refouler lorsqu'elles deviennent elles-mêmes maitresses de maison.

Ce que j'ai aimé aussi, c'est qu'il s'agit d'un  roman de femmes. Les hommes sont très peu présents, souvent absents, et délèguent la gestion du ménage à leurs épouses.

Il me semble qu'il s'agit de l'unique roman de cette auteure, qui a mis cinq ans à l'écrire, d'inspiration largement autobiographique. Comme vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre, que j'ai trouvé passionnant. Un coup de coeur.

Ma note:

 

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett
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le 31 juillet 2019

Challenges

Challenges auxquels je participe:

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Voisins Voisines 2013 chez Anne

1. La compagnie des menteurs de Karen Maitland (Angleterre)

2. La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...de Rachel Joyce (Angleterre)

3. Les trois lumières de Claire Keegan (Irlande)

4. La vie aux aguets de William Boyd (Angleterre)

5. Froid mortel de Johan Theorin (Suède)

6. Contrecoup de Rachel Cusk (Angleterre)

7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer (Autriche)

8. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (Danemark)

9. La maison des chagrins de Victor Del Arbol (Espagne)

 

Voisins voisines 2014

 

Voisins Voisines 2014 chez A propos des livres

1. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard (Angleterre)

2. L'heure trouble de Johan Theorin (Suède)

3. L'Exception de Audur Ava Olafsdottir (Islande)

4. L'oubli d'Emma Healey (Angleterre)

5. La faute de Paula Daly (Angleterre)

6. Le violoniste de Mechtild Borrmann (Allemagne)

1. Le village de Dan Smith (Angleterre)

2. La ferme de Tom Rob Smith (Angleterre)

3. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza (Espagne)

      Challenge 13 auteurs

13 auteurs chez La vie telle qu'elle me passionne

1. Karine Giebel : Les morsures de l'ombre

2. William Boyd: La vie aux aguets

3. Thomas H.Cook

4. Anne Percin: Le premier été

5. Karen Maitland: La compagnie des menteurs

6. Ron Rash: Le monde à l'endroit

7. Marie-Hélène Lafon

8. Fabienne Juhel

9. Jo Nesbo

10. Laura Kasischke: Esprit d'hiver

11. R-J Ellory

12. Jussi Adler-Olsen: Miséricorde

13. Olivier Adam

 

J'ai l'impression que ce challenge n'est pas reconduit cette année mais j'ai bien envie de le poursuivre à titre individuel. Voici la liste établie pour 2014:

 

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Olivier Adam: Des vents contraires

6. Pascal Garnier

7. Linwood Barclay: Fenêtre sur crime

8. Joyce Maynard: Long week-end

9. Hélène Grémillon: Le confident

10. Lionel Salaun

11. Ryan David Jahn

12. Saphia Azzedine

13. Delphine De Vigan

10 auteurs que j'ai envie de découvrir en 2015:

1. Thomas H.Cook

2. Fabienne Juhel

3. Jo Nesbo

4. R-J Ellory

5. Pascal Garnier

6. Lionel Salaun

7. Ryan David Jahn

8. Silvia Avallone

9. Marie-Sabine Roger

10. Claire Favan

 

 

 

Challenge Polars et Thrillers 2013-2014

Challenge Thrillers et Polars 2013-2014 chez Liliba

1. Black coffee de Sophie Loubière

2. Elvis et la vertu de Frantz Delplanque

3. Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

4. Le dernier Lapon de Olivier Truc

5. La maison des chagrins de Victor Del Arbol

6. Le secret d'Edwin Strafford de Robert Goddard

7. L'appel du coucou de Robert Galbraith

8. Vilaines filles de Megan Abbott

9. Purgatoire des innocents de Karine Giébel

10. La Peur elle-même de Laura Sadowski

11. L'homme qui a vu l'homme de Marin Ledun

12. L'heure trouble de Johan Theorin

Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 chez Liliba

1. L'oubli d'Emma Healey

2. Fenêtre sur crime de Linwood Barclay

3. La faute de Paula Daly

4. Le violoniste de Mechtild Borrmann

5. Le village de Dan Smith

6. Atomka de Franck Thilliez

7. Angor de Franck Thilliez

8. La cible d'Howard Gordon

9. Sans faille de Valentin Musso

 

Challenge Thrillers et polars 2015-2016 chez Sharon

1. Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indridason

2. Arrêtez-moi de Lisa Gardner

3. L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa Konaté

4. La ferme de Tom Rob Smith

5. Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza

6. Derrière la haine de Barbara Abel

7. L'enfer de Church Street de Jake Hinkson

8. Am stram gram de M.J.Arlidge

9. Un vent de cendres de Sandrine Collette

10. Deux gouttes d'eau de Jacques Expert

11. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

12. Les visages écrasés de Marin Ledun

 

 

 

Où Je Chine...